Spiritualité Chrétienne

Spiritualité Chrétienne

Saint Dimitri

 Saint Dimitri

+ au 4e siècle

Fête le 26 octobre


Son culte fut extrêmement populaire en Orient. Le diocèse de Gap en France voulut même se l'annexer en en faisant son premier évêque. D´autres en font un martyr du premier siècle. En fait, il y eût au quatrième siècle un saint Démétrios, martyr à Thessalonique, qui bénéficia de l' enjolivement de la piété populaire. On en fit un soldat chrétien et fier de l´être, on en fit même le proconsul de Grèce et de Macédoine. Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné à lutter
dans l´arêne contre un gladiateur plus robuste que lui, l´on vit arrivé, avec lui, un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d´un geste mis à mort ce géant. Dépité, l´empereur présent, fit mettre à mort l´enfant et Dimitri. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.


Les actes de Saint Dimtri

L'empereur Maximien, appelé aussi Hercule, après avoir soumis à la domination romaine les Goths et les Sarmates, était retourné à Thessalonique, et cet ennemi de Dieu, plongé toujours plus avant dans les erreurs des païens, faisait alors son séjour dans cette ville. A cette époque, le culte insensé des idoles jouissait d'une grande puissance, et se trouvait partout entouré des plus grands honneurs. Les ministres des faux dieux poursuivaient ceux qui confessaient que le Christ est Fils de Dieu, et livraient impunément aux plus affreux supplices les adorateurs de la véritable Sagesse. Parmi leurs victimes se trouve le bienheureux Dimitri, qui, méprisant toute crainte servile, manifestait très haut les sentiments de son coeur. Depuis sa jeunesse, il avait mené une vie pure et irréprochable; de sa bouche sortaient toujours des paroles de salut, qu'il adressait avec une grande ferveur et une sainte liberté à tous ceux qu'il rencontrait, suivant ce que dit l'Apôtre Paul au bienheureux Timothée : "Presse-les à temps et à contretemps."


Le très saint Dimitri était issu d'une famille sénatoriale. Il avait d'abord exercé la charge d'excepteur ou intendant des troupes, et fut ensuite élevé à la dignité de proconsul de la Grèce. L'empereur Maximien l'avait même honoré des insignes consulaires. Pour lui, méprisant toutes ces pompes mondaines, il n'avait jamais à la bouche que de saints discours; il expliquait à ceux qui voulaient l'écouter comment, par la venue du Verbe de Dieu dans la chair, l'homme, perdu jadis et enseveli dans la mort du péché, avait été délivré de l'erreur, et lavé de toutes ses iniquités. Il montrait que c'est ce Verbe divin Qui fait resplendir partout la Lumière de la Vérité et rend libres les âmes de ceux qui croient en Lui. "La justice, la mansuétude, la paix, la charité L'accompagnent, disait Dimitri; Il permet d'espérer en une vie future, Il ordonne de mépriser les biens terrestres, parce qu'Il peut accorder ceux qui sont éternels et incorruptibles; Il promet aux siens la résurrection d'entre les morts et l'entrée au Paradis."


Le bienheureux Dimitri enseignait publiquement ces grands mystères, et confirmait par toutes ses actions cette sublime doctrine. Aussi une multitude de gentils se rassemblait autour de lui sous les voûtes souterraines des bains publics et auprès du portique d'Énée, situé du côté occidental du grand forum de Thessalonique. Le bruit de ses prédications se répandit bientôt dans la ville entière, et même dans le pays circonvoisin. Alors les soldats de l'empereur et les licteurs publics auxquels il avait été ordonné de rechercher les Chrétiens, se saisirent de Dimitri qui, loin de fuir ou de se cacher, célébrait à ce moment avec ses frères, selon la coutume, les rites sacrés de la religion. Ils l'emmenèrent devant Maximien, l'ennemi de Dieu, comme une grande prise, voulant lui prouver par là quelle diligence ils avaient mise dans leurs recherches, puisque le plus illustre des Chrétiens n'avait pu leur échapper.


Or, l'empereur, désireux à ce moment d'assister aux jeux publics, se dirigeait vers le théâtre de la ville, qui est appelé stade. Il s'y trouvait, pour son usage, une sorte de loge faite de grandes pièces de bois et comme suspendue, qui lui permettait, ainsi qu'à ceux qui l'accompagnaient, de voir sans danger ces luttes où l'on répandait le sang humain; et ce spectacle était un de ses plaisirs favoris. Maximien aimait surtout à voir combattre un gladiateur nommé Lyaeus, Vandale de nation, et d'une force si prodigieuse que non-seulement à Rome, mais aussi à Sirmium et à Thessalonique, il terrassait et mettait à mort tout adversaire qu'on lui opposait, avec une puissance et une dextérité qui ne pouvait lui venir que d'un long et fréquent exercice.


Comme personne n'osait se mesurer à ce redoutable lutteur, l'empereur l'avait en grande affection et lui parlait toujours d'un visage riant. Il le louait, il admirait la vigueur de ses membres, et se glorifiait de la force musculaire de ce barbare comme de quelque grand avantage. Maximien venait d'arriver au stade et descendait de son char, lorsque les satellites qui conduisaient le bienheureux Dimitri s'avancèrent pour le lui présenter. Il avait, en effet, demandé à ses gardes si l'accusé persistait à adorer le Christ, et ayant appris qu'il osait même exhorter les autres à embrasser le même culte, il avait ordonné qu'on le lui amenât.


Voyant alors paraître cet homme illustre qui se reconnaissait hautement Chrétien, et qui semblait disposé à tout souffrir pour le Nom de notre Seigneur Jésus Christ, il ne put s'empêcher d'admirer sa constance et le calme de sa physionomie, qui était d'une grande beauté; mais ne voulant pas se distraire du spectacle qui allait commencer, il fit enfermer le vénérable martyr dans une des salles souterraines qui avoisinaient les bains publics. En y entrant, le serviteur du Christ aperçut un énorme scorpion qui se dressa de terre sous ses pieds, voulant le piquer avec sa queue. Le bienheureux fit un Signe de Croix sur la hideuse bête qui périt aussitôt. L'Ange de Dieu parut alors, et, plaçant une couronne sur la tête du martyr, lui dit : "Athlète du Christ, sois fort et robuste dans le combat qui t'attend."


L'empereur entra cependant au théâtre et s'assit sur son estrade. Ayant fait introduire par les appariteurs le gladiateur Lyaeus, il demanda aux assistants si quelqu'un voulait se mesurer en combat singulier avec cet homme, promettant, pour l'encouragement, outre le prix accoutumé, une forte somme d'argent. Un jeune adolescent d'une rare beauté et qui ne portait sur son visage qu'une barbe naissante se présenta aussitôt. Il s'appelait Nestor, et connaissait le glorieux martyr Dimitri, parce qu'il l'avait vu opérant des miracles et entouré souvent des respects de la foule. Il s'était même auparavant rendu auprès du saint martyr, et après s'être jeté à ses pieds, il lui avait dit : "Dimitri, serviteur du Dieu vivant, je veux seul combattre avec Lyaeus; mais invoque pour moi le Christ." Le bienheureux, traçant le Signe de la Croix sur le front et sur la poitrine du jeune homme, lui avait répondu : "Tu vaincras Lyaeus, et tu souffriras le martyre pour le Christ."


Nestor se rendit donc dans le stade, et ayant descendu tous les gradins, il déposa sa tunique et vint se placer devant l'empereur, qui le regarda d'abord avec une grande surprise et lui dit ensuite avec douceur : "Jeune homme, c'est la misère, sans doute, qui te porte à cette témérité de vouloir seul combattre contre Lyaeus, afin qu'avec la victoire, si tu la remportes, tu puisses acquérir en même temps la richesse, ou si tu es vaincu, tu mettes fin avec la vie à ta cruelle pauvreté. Mais j'ai pitié de ta jeunesse, et je veux même récompenser ton audace. Ainsi, retire-toi sain et sauf avec ces présents, et n'aie pas la hardiesse de te mesurer contre ce fameux gladiateur, qui en a fait périr de bien plus forts que toi."


Nestor ne voulut pas recevoir ce que lui offrait la munificence de Maximien, et ne fut pas troublé davantage des éloges qu'il donnait à la force prodigieuse de Lyaeus, mais il répondit : "Je ne désire pas tes richesses, ô empereur, et ce n'est pas pour les obtenir que je me présente au combat; j'y viens seulement triompher de Lyaeus; et sa défaite me sera plus agréable que toutes les richesses et que la vie même." Entendant ces paroles, Maximien et ceux qui l'entouraient furent transportés de colère contre Nestor, dont ils ne pouvaient souffrir la jactance. L'empereur excita lui-même Lyaeus au combat, lui donnant, par ses encouragements, une nouvelle audace.


A ce moment, Nestor, ayant fait sur sa poitrine le Signe protecteur de la Croix, saisit un sabre à la lame recourbée qu'on lui présentait, et, les yeux levés au ciel, s'écria : "Ô Dieu de Dimitri, ô Jésus Christ, Fils bien-aimé du Père, qui a donné à Ton fidèle serviteur David la victoire sur le Philistin Goliath; viens briser et confondre l'audace de Lyaeus et de Maximien". Il dit, et s'élança à travers la barrière contre son ennemi. Les deux combattants se joignirent, et Lyaeus reçut dans le coeur un coup de son adversaire, qui le renversa mourant, et couvrit l'empereur de confusion. Nestor se mit à louer le Seigneur, qui avait accordé aux prières du bienheureux Dimitri la mort si prompte du barbare. Quant à l'empereur Maximien, il s'était levé de son siège, dès qu'il avait vu tomber Lyaeus, et disait avec tristesse, en regagnant le palais impérial : "Par tous les dieux, il faut qu'il y ait eu dans ce combat quelque maléfice; car celui qui a été vaincu par ce jeune homme avait souvent triomphé dans des luttes bien autrement périlleuses." Ayant fait ensuite appeler Nestor, il lui adressa ces paroles : "Dis-moi, jeune homme, quel art magique as-tu donc employé pour vaincre Lyaeus, ou quels étaient les protecteurs qui sont venus à ton secours?" Nestor répondit : "Ce n'est ni par l'art magique, ni aucun enchantement qui l'ont fait périr, mais le Dieu de Dimitri, le Dieu des Chrétiens, a envoyé son Ange, et par ma main, il a terrassé cet orgueilleux scélérat." L'empereur irrité commanda que Nestor fût conduit hors la porte Dorée, pour y être frappé de son propre glaive, comme Chrétien, par Ménutien, préfet de la cité. C'est ainsi que le bienheureux jeune homme remporta la couronne du martyre.


Quelques-uns des principaux officiers de l'empereur lui dirent alors que Dimitri devait être regardé comme le premier auteur de la mort du gladiateur Lyaeus. Maximien sentit aussitôt s'allumer sa colère, et persuadé que la rencontre qu'il avait faite du serviteur de Dieu, quand il se rendait au stade, avait été d'un mauvais augure, il ordonna qu'on le perçât à coups de lances dans la prison souterraine où on l'avait enfermé. Le serviteur du bienheureux Dimitri, nommé Lupus, était présent au martyre de son maître, et recueillit le sang dans le vêtement même de l'athlète du Christ. Il prit aussi l'anneau impérial qui ornait la main du serviteur de Dieu, et l'ayant teint de son sang, opéra par lui de nombreuses guérisons. Bientôt, le bruit se répandit dans toute la ville de Thessalonique que ceux qui souffraient de quelque maladie, ou qui étaient tourmentés des démons, recevaient, par la prière du saint martyr et par la vertu de son anneau, leur entière délivrance. L'empereur, l'ayant appris, ordonna, du haut de son tribunal que Lupus, qui avait guéri ces malades, et quelques autres Chrétiens avec lui, seraient mis à mort le jour des assises publiques.


Cependant, le corps du bienheureux Dimitri, laissé sans sépulture par ceux qui l'avaient massacré, était exposé à toutes les insultes. Quelques frères animés d'un zèle pieux vinrent la nuit, à cause de la crainte qu'inspirait l'empereur; et ayant relevé ces sacrées dépouilles, les ensevelirent dans la fosse même où on les avait jetées, et les couvrirent d'une grande quantité de terre, pour qu'elles n'eussent pas à souffrir des atteintes des animaux féroces. Ce saint corps fut donc laissé en ce lieu; mais bientôt des miracles s'y produisirent, des guérisons, des grâces particulières furent accordées à ceux qui s'approchaient avec foi de la tombe du martyr; et le bienheureux Dimitri devint célèbre dans toute la Macédoine et la Thessalie.


Lorsque les erreurs de l'idolâtrie furent enfin dissipées, et que la Foi Chrétienne eut commencé à briller de tout son éclat, il arriva que Léontius, préfet de l'Illyrie, vînt à tomber très dangereusement malade, tandis qu'il traversait la Dacie. Ses serviteurs l'amenèrent couché dans une litière jusqu'à Thessalonique, et le déposèrent sur la terre qui couvrait les sacrés ossements du martyr Dimitri; aussitôt qu'il eût touché cette tombe miraculeuse, il recouvra la santé. Lui et les siens se mirent alors à louer le Seigneur, et Lui rendirent des actions de grâce, ainsi qu'au très glorieux martyr qui avait fait si promptement sentir sa présence. Léontius ordonna ensuite de démolir les salles souterraines qui avaient servi de prison au serviteur de Dieu, ainsi que les bains publics et les portiques qui les avoisinaient; il purgea ce lieu de tous les immondices qui le déshonoraient, et construisit sur le tombeau du saint, entre le stade et les nouveaux bains, un temple magnifique en son honneur, qu'il enrichit de présents somptueux.


Comme il allait retourner en Illyrie, il voulut prendre avec lui une certaine partie des reliques du martyr, afin de lui ériger un temple dans cette grande province; mais le très glorieux martyr lui ayant apparu pendant la nuit, lui défendit d'en rien faire. Léontius reçut alors la tunique du serviteur du Christ, qui était teinte de son sang, et une partie du linge dont il se servait pour essuyer la sueur; et il les déposa dans un coffret d'argent disposé pour cet usage. L'hiver était rude au moment où le préfet d'Illyrie voulait se mettre en route, et le Danube, sorti de son lit depuis assez longtemps, ne permettait pas même aux navires de tenter la traversée; aussi Léontius se résolut d'attendre. Mais le très glorieux martyr Dimitri lui apparut de nouveau et lui dit : "Ne crains rien, prends avec toi ce que tu as voulut emporter, et entre hardiment dans le fleuve." Le préfet étant donc, dès le matin, monté sur son char, traversa le fleuve sans difficulté tenant dans ses mains les saintes reliques. Il arriva ainsi à Sirmium, et déposa le coffret d'argent et le trésor qu'il contenait dans l'église de Saint-Dimitri qu'il fit construire non loin du temple vénérable de la martyre Anastasie, décoré lui-même avec grande magnificence. Pendant la route, et lorsque les chevaux du char se reposaient, Léontius avait opéré avec ces objets sacrés de nombreux miracles et des guérisons, par la Grâce de notre Seigneur Jésus Christ.

 



16/09/2008
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