Spiritualité Chrétienne

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Saint Luigi Orione (suite)

Saint Luigi Orione, le Saint de l'imprévu (suite)

«Don Orione fut toujours profondément attaché à l’Église et au pape»


Sa fidélité d’enfant au successeur de Pierre et sa grande charité étonnèrent les Souverains Pontifes qui eurent l’occasion de le connaître avant même parfois de monter sur la chaire de Pierre. Le préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints évoque le rapport entre don Orione et les papes du XXe siècle


Don Orione écrivit sur une petite feuille de papier l’essentiel du texte de l’épitaphe qu’il souhaitait pour sa tombe. Le voici: «Ici repose dans la paix du Christ le prêtre Luigi Orione, des Fils de la divine Providence, qui fut toujours profondément attaché à l’Église et au pape. Priez pour lui» (Summarium, p. 978). Ceux qui connaissent, ne serait-ce qu’un peu, l’histoire de celui que Jean Paul II a appelé «une géniale expression de la charité chrétienne», savent que son amour filial pour le pape constitue la note dominante et caractéristique du saint prêtre de Tortona. «Ma foi est la foi du Pape, est la foi de Pierre» (Scritti, 49, p. 116). C’est sa leçon de vie. Et celle-ci n’est pas exclusivement destinée aux membres de sa Congrégation auxquels il a dit: «Voici l’héritage que je vous laisse: personne ne devra jamais nous dépasser dans l’amour ni dans l’obéissance la plus pleine, la plus filiale, la plus douce, au Pape et aux Évêques» (Scritti, 20, p. 300). Mais sa fidélité franche et radicale au magistère du pape, ouvertement vécue, toujours professée et proclamée, surtout face aux faits et aux pensées qui la menaçaient, au lieu d’être le signe d’un fanatisme sectaire, est la condition d’un embrassement de charité universelle, est la note essentielle d’une spiritualité ouverte, sans frontières. Une fidélité-unité qui ne fut pas pour don Orione une entrave dans sa marche en avant, «à la tête des temps»,  comme il le disait, mais la garantie, le point de référence, «la certitude de marcher sur les routes de la Providence» (Scritti, 61, p. 215) avec le courage d’un pionnier et avec prévoyance, dans des frontières d’actions encore inexplorées, dans des relations qui semblaient impossibles ou même interdites, comme par exemple celles qu’il eut avec des hommes appartenant à la tendance moderniste et avec des personnalités de la culture et de la vie publique qui suivaient des chemins de pensée et d’action bien différents de ceux de l’Église.


De fait, animé de cette profonde dévotion envers le successeur de Pierre, il fut «aux côtés des papes», de cinq papes. Ceux-ci eurent recours à lui en plusieurs circonstances et lui confièrent des problèmes épineux et délicats. De son côté, don Orione leur rendit avec intelligence des services, à l’occasion très personnels, importants et parfois héroïques. En parlant de la proximité filiale de don Orione à l’égard des papes, nous pénétrons au cœur de la spiritualité et de l’histoire de cet humble, singulier et saint prêtre. Et il n’est pas difficile, à la lecture de ses biographies, de recueillir les données de son action aux côtés des papes qui se sont succédé sur le siège de Pierre au XXe
siècle.


Don Orione naquit en 1872, deux ans après la prise de Rome, à l’époque de la déchirante Question Romaine et du pontificat du bienheureux Pie IX. Il n’eut pas l’occasion de connaître personnellement ce Pape, mais il perçut, dans les années de sa formation, le climat conflictuel qui l’entourait ainsi que la forte “piété papale” largement diffuse dans le catholicisme italien.


En 1892, séminariste de vingt ans, il prépara une publication,
Il martire d’Italia, dans lequel il entendait montrer la valeur du Souverain Pontife et démasquer les travestissements que l’on avait fait subir à sa personne et à son œuvre. «Pie IX»,  écrivait don Orione, «fut la plus grande figure de notre siècle, le vaillant adversaire de la révolution qui se déguisait sous mille formes, l’ami et le bienfaiteur des peuples, l’invincible champion de la vérité et de la justice: ses œuvres seront immortelles et les trente-deux ans de son long pontificat formeront l’une des époques les plus lumineuses de l’histoire de l’Église et de la Patrie» (Messaggi di don Orione, n. 102, p. 31).


En 1904, don Orione fut peut-être le premier à intervenir auprès du nouveau pape Pie X pour l’encourager à ouvrir la cause de canonisation de son prédécesseur: «Mon Très Bienheureux Père, prosterné à Vos pieds bénis je vous supplie humblement de daigner apporter votre aide à la Cause du Saint-Père Pie IX et je vous encourage à vouloir le glorifier» (
ibidem). De fait, la cause fut ouverte et, pendant quelque temps, don Orione en fut le vice-postulateur.


Léon XIII fut le premier pape que don Orione rencontra personnellement. L’incitation de ce Pape saintement inspiré à une présence moins défensive et plus entreprenante des catholiques dans la vie sociale enflamma aussi d’idéaux élevés et de saints projets le jeune Orione durant la période de sa formation au séminaire et les débuts de sa nouvelle Congrégation. Il est sûr que la marque, chez don Orione, d’une spiritualité et d’une action pastorale nettement incarnées dans le social viennent du magistère et des directives de Léon XIII, avec lequel il se trouvait en grand accord. Il en reste une trace indélébile dans les premières constitutions de sa Congrégation, élaborées durant le pontificat de Léon XIII et présentées à ce Pape dans la mémorable audience personnelle du 11 janvier 1902: «Je lui présentai la Règle», rapporte don Orione à propos de cette audience: «il la bénit, la toucha, posa plusieurs fois sa main sur ma tête et la tapota en me réconfortant; il me dit beaucoup de choses; et, entre autres, d’introduire dans les Règles qu’il faut travailler pour l’union des Églises d’Orient: “C’est là, me dit-il, un conseil de très haute importance”» (G. Papasogli,
Vita di don Orione, p. 138).


Cet engagement œcuménique, insolite et prophétique au début du XXe
siècle, est le fruit manifeste du choix qu’avait fait don Orione de se tenir “aux côtés du pape”, c’est-à-dire en accord avec lui, dévoué à lui, prêt à exécuter ses indications. Nous savons que Léon XIII fut très sensible aux rapports avec les Églises orientales et qu’il fut très actif dans ce domaine. C’est à partir de Léon XIII que l’on peut parler d’un “œcuménisme catholique”. Eh bien, don Orione, déjà enflammé pour l’unité de l’Église, n’hésita pas à introduire cette indication œcuménique de Léon XIII dans ses constitutions et, après cette fameuse audience, il se dit «très heureux et très consolé de ne pas s’être trompé dans les critères constitutifs de la Règle» (ibidem).


Saint Pie X fut sans aucun doute le Pape qui marqua le plus profondément la vie de don Orione. Celui-ci disait de lui: «Le Saint-Père Pie X sera toujours notre Souverain Bienfaiteur, notre Pape!» (
Scritti, 82, p. 98). Monté sur le trône pontifical en 1903, le patriarche Giuseppe Sarto choisit pour devise “Instaurare omnia in Christo”, devise que don Orione avait choisie pour sa Congrégation depuis déjà dix ans. Cette coïncidence était le signe de l’affinité spirituelle de ces deux grandes âmes et se matérialisera par la suite dans l’histoire de leurs relations.


Leur première rencontre a la saveur d’un “fioretto”. Le patriarche Giuseppe Sarto avait appelé à Venise le jeune musicien don Lorenzo Perosi, du même âge et originaire de la même ville que don Orione. Il l’honorait de son amitié, le recevait parfois à sa table et jouait avec lui aux tarots. Le père de Lorenzo, craignant que le cardinal ne gâtât son fils, confia ses craintes à don Orione. Celui-ci, sans y réfléchir à deux fois, écrivit une lettre au patriarche dans laquelle il le priait de ne pas entraîner le prometteur et jeune “maître” sur une mauvaise pente. Après avoir expédié sa lettre, il espéra que son petit “sermon”, respectueux mais audacieux, serait vite oublié. Mais les écrits restent! Quand, une dizaine d’années plus tard, il fut reçu pour la première fois en audience par l’ancien patriarche de Venise qui venait d’être élu Pape, il se sentit défaillir quand il vit ce dernier tirer de son bréviaire la fameuse lettre. Le saint Pontife ne l’avait pas mal prise; au contraire, il dit qu’elle lui avait été utile: «Une leçon d’humilité est bonne même pour le Pape»,  commenta-t-il (E: Pucci,
Don Orione, p. 71 sqq.).


Il serait long d’énumérer les services rendus par don Orione à Pie X et les manifestations d’amitié de Pie X à l’égard de don Orione, après cette audience. S’instaura entre le Saint-Père et le jeune prêtre de Tortona une relation de confiance à toute épreuve. Don Orione accepta sans aucune hésitation les tâches, souvent délicates et difficiles, que lui confiait Pie X, comme celle de vicaire général plénipotentiaire du diocèse de Messine dans les quatre années mouvementées qui suivirent le tremblement de terre de 1908, ou celle de prolonger l’action du Pontife à l’égard des modernistes, une action qui, au nom de la vérité, était souvent sévère et qui n’était pas toujours empreinte de charité fraternelle.


Cette entente droite, loyale, discrète établie entre les deux saints valut à don Orione de se trouver dans des situations personnelles hérissées de difficultés et d’incompréhensions. «C’est un martyr!»,  dit de don Orione Pie X au terme de sa mission dans le diocèse de Messine (Summarium, p. 524). Un autre épisode en forme de “fioretto” est significatif mais véritablement dramatique. À un certain moment, les relations qu’entretenait don Orione avec les modernistes qui avaient été l’objet de condamnations ecclésiastiques jetèrent un doute sur sa pleine orthodoxie. Pie X voulut s’occuper personnellement de cette affaire. Il invita, sans motif apparent, don Orione à une audience et examina attentivement son visage et ses propos. À un certain moment, il lui demanda de s’agenouiller et de réciter le Credo. «Le Suprême Pasteur de l’Église, inquiet à l’idée de ses responsabilités – c’est ce que rapporta ensuite l’écrivain Tommaso Gallarati Scotti –, et don Orione, innocent, animé de la foi simple de sa première communion, mais portant nos tribulations et nos fautes, se trouvaient face à face». Don Orione récita le Credo avec une dévotion profonde et un grand recueillement. Lorsqu’il eut terminé, le visage du Saint-Père semblait rasséréné. Il congédia don Orione en lui disant: «Va, va, mon fils… ce que l’on dit de toi n’est pas vrai!» (Papasogli, p. 227).


Don Orione eut aussi de nombreux contacts personnels avec Benoît XV. Il seconda surtout le “Pape” de la paix dans son désir de rendre plus décisif l’universalisme de l’œuvre missionnaire. C’est de cette époque que date le courageux élan missionnaire de la Petite Œuvre de la divine Providence sur les routes d’Amérique latine, du Moyen-Orient arabe et de la Pologne chrétienne avec un regard du côté de la Russie. Don Orione se rendit personnellement au Brésil, en Argentine et en Uruguay en 1921 et en 1922. Connaissant la volonté du Souverain Pontife au sujet de la Question romaine, il écrivit un courageux
Appel aux hommes d’État dans lequel il demandait à ceux-ci de faire «courageusement un pas en avant» pour arriver à la solution (Scritti, 90, p. 352). Benoît XV fit envoyer en cadeau à don Orione, à l’occasion de son vingt-cinquième anniversaire de sacerdoce, un calice et une longue lettre autographe dans laquelle il lui reconnaissait le mérite d’avoir «dépensé toutes ces années non seulement pour [lui-même], mais pour le bien commun, au profit éternel de la Sainte Église» (Papasogli, p. 367).


Le rapport de don Orione avec Pie XI fut encore plus rempli d’audiences, de colloques et de comptes-rendus sur des missions confidentielles et délicates, lesquelles s’intensifièrent encore par la suite en raison du même rapport de confiance qu’il entretenait avec le cardinal Pietro Gasparri, Secrétaire d’État. Ce n’est que récemment, par exemple, que les archives ont montré l’action décisive et discrète menée par le bienheureux de Tortona pour éclairer et démêler les faits embrouillés liés à saint Pio de Pietrelcina. Au terme d’une médiation difficile opérée par don Orione pour éviter une initiative qui pouvait entacher le prestige du Saint-Siège, Pie XI n’hésita pas à faire ce commentaire durant une audience: «Don Orione a sué sang et eau, mais il a apporté des consolations au Pape» (
Summarium, p. 894).


Ce qui fait l’unité de tous ces événements et de toutes ces actions qui voient don Orione aux côtés de Pie XI, c’est la volonté du prêtre de favoriser le prestige et le caractère central de la papauté. C’étaient les conditions pour que pût s’affirmer une authentique catholicité ecclésiale, force de cohésion d’un universalisme qui seul pouvait valoriser le génie des peuples en les sauvant de la tentation du nationalisme montant.


C’est dans ce cadre qu’il faut aussi voir les interventions significatives et efficaces de don Orione pour débloquer les négociations qui aboutirent à la Conciliation entre l’État et l’Église en Italie, en 1929. Dans la lettre qu’il écrivit à Mussolini en 1923, il faisait comprendre que la vraie conciliation à rechercher était la conciliation entre la “romanité” et l’“universalité” de la Papauté, lesquelles présupposaient l’autonomie et la liberté également dans le domaine politique (cf.
Messaggi di don Orione 107, p. 27-45). Cette vision de la mission spirituelle et civile de la papauté s’exprimait, durant ces années où le nationalisme était puissant et dangereux, dans un prophétisme de longue portée: «Je vois des quatre points cardinaux venir les peuples vers Rome»,  écrivait don Orione. «Je vois l’Orient et l’Occident se réunir dans la vérité et former les jours les plus beaux de l’Église. Ce sera une admirable reconstruction, peut-être la plus belle des époques, la pax Christi in regno Christi» (Scritti 86, p. 102).


Le cardinal Eugenio Pacelli avait connu don Orione en 1934, sur le bateau, durant le voyage qui le menait d’Italie à Buenos Aires, où il se rendait pour les célébrations du Congrès eucharistique international, puis pendant son séjour dans la capitale argentine. Il fut élu pape sous le nom de Pie XII, le 12 mars 1939, un an exactement avant la mort de don Orione. Ils n’eurent que le temps de se saluer, un salut chargé d’appréhension en raison  des menaces de guerre qui déjà se faisaient sentir. Ce fut presque une icône-testament: don Orione à côté du Pape et “à genoux” à ses pieds. C’était le 28 octobre 1939. La voiture du Pape s’arrêta sur la via Appia – la “Patagonie romaine” confiée par Pie X aux membres de la Congrégation d’Orione – au retour de Castel Gandolfo. Don Orione s’approcha et s’agenouilla de côté, entouré par ses confrères et par mille deux cents élèves de l’Institut San Filippo. Le Pape se pencha. Don Orione lui prit la main, la baisa et la posa sur sa tête inclinée avec un geste humble, reconnaissant, croyant. Pie XII le laissa faire et le bénit aimablement (Papasogli, p. 494). Quand, quelques mois plus tard, le 12 mars 1940, don Orione mourut, Pie XII le qualifia de «père des pauvres et insigne bienfaiteur de l’humanité souffrante et abandonnée» (
Summarium, p. 86).


Nous pouvons dire que don Orione fut aussi aux côtés des derniers papes qui se succédèrent sur la chaire de Pierre, non seulement en raison de la communion spirituelle qui lie l’Église, mais aussi en raison du souvenir que les papes eurent de lui.


Jean XXIII raconta à plusieurs reprises sa première rencontre avec don Orione lorsqu’au début de son service auprès du Saint-Siège, dans les années Vingt, il fut invité à lui demander conseil. S’étant rendu en dehors de la Porte San Giovanni à l’Institut San Filippo, le concierge lui dit qu’il trouverait don Orione dans la cour. Dans un angle de celle-ci, un groupe de garçons jouait en compagnie d’un prêtre d’âge mûr. Celui-ci regarda Mgr Roncalli, s’éloigna un instant des enfants et dit: «Monseigneur cherche quelqu’un?». «Oui, je voudrais parler à don Orione»,  répondit le visiteur. «Don Orione, c’est moi. Veillez patienter quelques minutes: je finis la partie; je me lave les mains et je suis à vous». Ces mots prononcés avec une grande amabilité et avec un regard souriant impressionnèrent le jeune prélat d’alors qui, de sa ville de Bergame, était arrivé depuis peu à Rome. Mgr Roncalli le soir de ce jour nota dans son journal: «28 mars 1921. Lundi de Pâques. Dans l’après-midi j’ai visité avec Mgr Guerinoni l’église et les œuvres paroissiales d’Ognissanti, hors de la Porte San Giovanni; et j’ai longuement conversé avec don Orione dont on peut bien dire:
contemptibilia mundi eligit Deus ut confundat fortia. Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre la force (1Cor 1,27)» (Messaggi di don Orione, 102, p. 46-48). Cette estime et cette amitié ne prirent jamais fin. À Douglas Hyde, un journaliste anglais qui lui demandait quelle était la qualité la plus marquante de don Orione, Roncalli, qui était alors patriarche, répondit: «Don Orione était l’homme le plus charitable que j’aie jamais connu. Sa charité allait au-delà des limites normales. Il était convaincu que l’on pouvait conquérir le monde par l’amour» (ibidem, p. 49).


Paul VI fut lui aussi touché par l’amitié et la collaboration de don Orione. Il confia certains de ses souvenirs durant une audience pontificale. «Nous avons eu la consolation extraordinaire de le connaître lors d’une visite que nous avons faite à Gênes», rappelait Paul VI: «Il parlait avec une candeur si simple, si dépouillée, mais si sincère, si affectueuse, si spirituelle qu’il a touché aussi mon cœur et j’ai été émerveillé de la transparence spirituelle qui émanait de cet homme si simple et si humble» (Audience du 8 février 1978). Cette première connaissance fit naître chez le jeune Mgr Montini, dans les années Trente, le désir de demander à don Orione sa collaboration discrète et efficace pour une action très délicate et méritoire: l’aide aux prêtres en difficulté –
lapsi, comme on les appelait alors; il s’agissait de les soutenir et de les remettre sur le chemin du bien (Messaggi di don Orione, 105, p. 65-71). L’estime et la dévotion personnelle de Montini pour don Orione se reportèrent ensuite sur sa Congrégation qu’il soutint généreusement, surtout durant son épiscopat à Milan.


Jean Paul Ier
et Jean Paul II ne connurent pas personnellement don Orione. Le premier l’appela «le stratège de la charité», tandis que l’actuel Souverain Pontife le béatifia au début de son pontificat. Deux jours après la béatification, Jean Paul II, recevant en audience particulière des prêtres, des sœurs et des dévots de la Congrégation d’Orione, surprit tout le monde lorsqu’il fit cette confidence: «Je pense que le Pape venu de Pologne a, au paradis, un nouveau patron qui intercède pour lui et que – dans la lumière du Règne auquel nous appartenons et vers lequel nous tendons – il soutient son service, ses initiatives et sa faiblesse humaine à cette place où il a plu à la Divine Providence de le mettre, de l’appeler. La grande confiance que j’ai dans l’intercession du bienheureux don Orione, je désire la proclamer devant vous tous qui êtes ses fils et ses filles spirituels, devant vous tous qui êtes mes compatriotes» (Audience du 28 octobre 1980).


Que ces souvenirs historiques du dévouement exceptionnel dont fit preuve don Orione auprès des papes nous aident à renouveler notre amour, notre dévotion et notre fidélité au pape. Que résonne encore aujourd’hui ce message ému de don Orione: «Nous devons palpiter et faire palpiter des milliers et des milliers de cœurs autour du cœur du Pape. Nous devons mener à lui spécialement les petits et les classes des humbles travailleurs, qui rencontrent tant de difficultés, mener au pape les pauvres, les affligés, les rejetés, qui sont les plus chers au Christ et les vrais trésors de l’Église de Jésus-Christ. Le peuple écoutera de la bouche du Pape non les paroles qui excitent à la haine de classe, à la destruction, à l’extermination, mais les paroles de vie éternelle, les paroles de vérité, de justice, de charité: paroles de paix, de bonté, de concorde, qui invitent à nous aimer les uns les autres et à nous donner la main pour marcher ensemble vers un avenir meilleur, plus chrétien et plus civil» (Lettres, II, p. 490).

 



16/09/2008
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