Spiritualité Chrétienne

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La Servante de Dieu Marie de Mandat-Grancey

 La Servante de Dieu Marie de Mandat-Grancey

Fille de la Charité

13 septembre 1837-31 mai 1915


Introduction


La soif de sympathie et d‘amour fait partie intégrante de notre nature humaine. Même si l‘on s‘en défend, essayer de souffrir tout seul présente un vrai danger. Chacun de nous, en particulier dans les moments de grande souffrance, veut pouvoir épancher son cœur auprès de quelqu‘un, en ayant l‘assurance que son partenaire ne sera pas indigné par des pensées mesquines ou enfantines. Il ne veut pas non plus que sa faiblesse soit ridiculisée ou moquée.


Aucun Saint n‘était plus conscient de la priorité de la charité dans toutes ses dimensions que le grand St Vincent de Paul, qui, en novembre 1633, a créé la famille religieuse des Filles de la Charité. Il la fonda en compagnie de Ste Louise de Marillac, veuve d‘Antoine Le Gras, Secrétaire de la Reine régente de France, Marie de Médicis. La cornette portée par les membres de cette communauté religieuse a été pendant des siècles le symbole d‘une charité héroïque et profonde. C‘est ce vrai idéal à la fois de sacrifice et d‘amour qui attire la jeune Adèle Louise Marie Grancey en 1858. Cette année là, elle entre chez les Filles de la Charité dans la communauté paroissiale de St Sulpice à Paris. Le 27 septembre 1862, elle fait sa profession de foi et devient membre permanent de cet institut religieux qui à ce jour symbolise l‘attrait de la générosité totale par pur amour de Dieu et de ses enfants.


La famille de Sœur Marie de Mandat-Grancey


Adèle Louise Marie de Mandat-Grancey naît en 1837 au Château de Grancey en Bourgogne. Elle est le cinquième enfant de Galliot Marie François Ernest de Mandat et de Jeanne Louise Laure Eugène Rachel de Cordoue, Comte et Comtesse de Grancey. Dans l‘histoire de France et de l‘Église, sa famille passe pour noble et sainte. Elle se distingue par la devise Ense et Verbo, «Par la parole et par l‘épée». Par d‘anciennes alliances, la famille de Mandat-Grancey est liée dans l‘histoire à une autre famille de saints, ayant eu en particulier des relations extraordinaires avec le héros Cistercien, St Bernard de Clairvaux, grand dévot de Marie, Mère de Jésus. Un Grand Abbé de Cluny, St Hugues, en est un autre parent éminent; mais encore plus éminent est le saint et érudit abbé, Pierre Maurice le Vénérable, qui est élu Abbé de Cluny sous le nom de Pierre le Vénérable en 1122. L‘auteur d‘un précieux traité scolastique, l‘un des trésors du Moyen âge, De Miraculis, «Des Miracles» - il est mieux connu pour avoir été le premier intellectuel à entreprendre le projet de traduire le Coran en latin et en français, ouvrant ainsi le dialogue entre le christianisme latin et l‘islam.   la lumière des futurs événements de la vie de Sœur Marie de Mandat-Grancey, Pierre le Vénérable apparaît comme un prophète dans l‘histoire de sa famille et assurément dans la discipline moderne du dialogue inter religieux. Au XVIIIe siècle, la Révolution française fait grand tort à tous les membres de l‘aristocratie et la famille de Mandat-Grancey n‘est pas épargnée. Cependant, grâce à une minutieuse préparation, elle s‘en tire pour la plus grande partie indemne et préserve sa foi. Finalement, après l‘exil de Napoléon, la famille de Mandat-Grancey peut se regrouper, en particulier dans sa maison parisienne. Dès son retour, elle constate que l‘Archevêque de Paris a déménagé le siège central des Filles de la Charité dans l‘ancien hôtel particulier des Comtes de La Vallière, rue du Bac.


Bref, les Filles de la Charité de St Vincent de Paul et la famille aristocratique de Mandat-Grancey deviennent voisins à Paris. Comme la vue de ces religieuses doit paraître étrange à tous les Parisiens. Depuis le règne de la terreur (1793), qui a dispersé les enfants de St Vincent de Paul, elles sont obligées de faire des œuvres de charité comme des citoyennes ordinaires et, en réalité, sous des habits séculiers en lambeaux. Leur seule dignité réside dans leur âme. En 1880, Napoléon réorganise les Sœurs de la Charité en un corps d‘infirmière pour son armée et leur donne une sorte de maison mère rue du Vieux Colombier. En 1815, elles s‘installent finalement rue du Bac. L‘élément le plus visible de leur réinstallation est leurs habits mal assortis. Elles manquent simplement d‘étoffe et ne peuvent réassortir le tissu bleu marine ordinaire qui était d‘usage pour leur habit. La cornette, coiffe blanche à larges bords, est rétablie, mais quelques sœurs portent du noir, d‘autres du bleu, tandis que le reste, une robe d‘intérieur banale. Lorsqu‘ils se penchent par la fenêtre, les membres de la famille Grancey ne peuvent probablement pas distinguer les sœurs de leurs patients ou clients. Cette situation dure jusque vers 1840. Dans le même temps, les postulantes de l‘Institut ré-établi sont pour la plupart des paysannes, qui auraient tranché avec les familles nobles vivant à proximité de leurs hôtels et couvents. Pourtant, c‘est vers ce groupe que la jeune Adèle Grancey est attirée. Il est alors l‘ordre religieux le plus en vue. Une vocation, a-t-on dit, consiste en l‘aptitude à entreprendre certaines tâches, de pair avec le désir de les mener à bien. Toujours est-il que c‘est Dieu qui donne la vocation. L‘éducation de la jeune Adèle Grancey est partagée entre sa maison familiale en Bourgogne et l‘hôtel particulier à Paris. Une gouvernante privée l‘aide à exploiter ses talents et elle acquiert les connaissances qui sont d‘usage pour une femme noble, notamment la broderie, la cuisine, la littérature, la musique et la danse, mais surtout le catéchisme. D‘après les notes écrites dans son premier cahier de catéchisme, y compris son journal, elle a d‘emblée le désir d‘être avec Jésus dans le Saint Sacrement et de sentir la présence de Dieu mystiquement. Sa vie spirituelle personnelle d‘enfant est un témoignage de charité, d‘amour de Dieu et d‘amour du prochain. D‘autres membres de sa famille occupent par la suite des postes de responsabilité et empreints d‘une haute dignité. Elle-même semble avoir toujours été attirée par les silhouettes de ces femmes à l‘allure étrange, qui entraient et sortaient de la maison mère de leur Institut, rayonnantes du pouvoir sanctifiant de la charité. Elle réfléchit souvent à cela et prend à cœur la béatitude «Bienheureux les miséricordieux (Matthieu 5:7)». Selon un commentaire concernant sa vie «C‘est parce que la charité, en dehors de la canonisation officielle de l‘Église, par une prérogative divine béatifie et canonise secrètement les âmes: «Beate Misericordia » Béatifiées par la miséricorde». Au moment de son entrée dans les ordres, aucune sœur de la Charité n‘avait été canonisée. Pourtant, le témoignage écrasant de charité provoque une croissance étonnante du nombre des filles de St Vincent de Paul qui ont survécu à la Révolution française. En 1831, il n‘y a qu‘environ 150 sœurs rue du Bac, hormis les novices, les postulantes, les servantes et les patients. sa mort (1915), il y a plus de 30 000 Filles de la Charité à travers le monde. La Charité elle-même devient un aimant pour vocations. La sienne est celle qui est héroïque. Depuis sa petite enfance, en particulier sa Première Communion, «l‘amour pur» semble être sa grâce essentielle, un amour sous forme d‘empathie, de compassion et d‘idéalisme prononcé. Il est alimenté par son besoin de s‘isoler et de prier pour être avec le Seigneur. Soigner les pauvres, les malades et les enfants est son rêve. Preuve de cette qualité inhérente à sa personne, ces paroles du panégyrique prononcé à ses obsèques par l‘Archevêque de Smyrne, en Turquie: «Une telle vie de détachement, de dévouement, de mâles vertus, d‘une bonté toujours prête à donner généreusement et à se donner sans jamais se lasser, de quelle mort devait-elle être couronnée? Saint Vincent de Paul avait promis à ses filles que l‘amour des pauvres les rendrait souriantes à la mort. Sourire à ce qu‘il y a de plus effrayant pour la nature, est-ce possible? Sourire à la mort, la saluer comme l‘ange de la délivrance, n‘y voir que Dieu qui vient, qui invite, qui tend le bras, n‘est-ce pas un don sans prix»? Sœur Marie de Mandat-Grancey, la jeune Adèle, est, de fait, morte avec un tel sourire. Elle vit calmement avec ce sourire, même depuis le début de son éducation, lorsqu‘elle commence à connaître Jésus et sa Mère Marie, ainsi que le message de L'Évangile sur les Béatitudes, la compassion de Jésus dans les récits des miracles et l‘histoire du jeune homme riche. Lorsqu‘elle regarde par la fenêtre de son hôtel particulier parisien et voit ces femmes étranges portant la cornette, symbole de charité, elle a aussi ce sourire courageux et idéaliste. Elle trouve les héroïnes de sa vie dans cette famille de la Charité. En vérité, il n‘y a pour chacun qu‘une seule source de bonheur, qui consiste en ces moments éclairés de respect et d‘heureuse acceptation de soi. Depuis ses premières années jusqu‘à son 20 ème anniversaire, Adèle de Grancey sait, dans le silence et la prière, qui elle est et qui elle doit devenir une noble dame de la Charité, bien qu‘inconnue, dans le style du grand St Vincent de Paul.


La vie religieuse de Sœur Marie de Mandat-Grancey


En 1857, Adèle quitte ses frères Antonin, Charles et Edmond et tous Barons de la famille de Mandat-Grancey, ainsi que ses sœurs Christine et Léontine, et prend le nom de Sœur Marie de Mandat-Grancey. Le 26 juillet de la même année, elle écrit une lettre à son grand-père, le Marquis de Cordoue. En remerciant le vieux gentleman pour un colis de groseilles, elle révèle que sa vocation a causé des dissensions familiales. En particulier, elle cite Antonin qui est à la fois peiné et fâché par son départ. Elle indique aussi que sa décision n‘a pas été facile à prendre. Ce bref passage de sa lettre témoigne de ses dispositions de cœur: «Il y a deux mois à pareil jour et à pareille heure je vous écrivais le cœur brisé et les yeux pleins de larmes. Aujourd‘hui il n‘en n‘est pas de même. Je ne puis vous dire combien je me félicite de ce que j‘ai fait. Tout me fait sentir que je suis ici où Dieu me veut et rien ne m‘effraie dans l‘avenir. Il est vrai que ma nature très peu généreuse a voulu se refuser aux sacrifices que j‘avais à faire et je puis vous assurer qu‘alors on a cruellement à souffrir, mais Dieu ne refuse pas sa grâce à ceux qui au fond de leur cœur ne veulent que ce qu‘Il veut et j‘ai maintenant éprouvé par moi-même combien Il sait alléger les fardeaux qui semblaient devoir être les plus écrasants». Sœur Marie est d‘abord envoyée dans la Maison de miséricorde tenue par son Ordre dans la ville d‘Aire-sur-la-Lys. Il n‘y a que six sœurs dans la résidence et, étant infirmière, elle est employée à la pharmacie, ainsi qu‘au dispensaire. Dans le même temps, elle fait des visites aux malades dans deux villages. En plus de ses tâches monumentales, elle enseigne dans un orphelinat qui compte 55 enfants abandonnés et travaille dans un ouvroir de 60 jeunes filles appelées à gagner leur vie. Dans toutes ces activités, elle est soutenue par le rôle qu‘elle joue auprès des Enfants de Marie dont elle est responsable. On se souviendra qu‘en 1858 les Enfants de Marie sont bien connus dans toute la France en raison de leur relation avec Ste Bernadette de Lourdes. C‘est alors que sa dévotion à la Sainte Vierge se manifeste clairement au sein de sa communauté et elle passe pour une dévote de Marie jusqu‘à la fin de sa vie, trouvant toujours une façon d‘exprimer sa dévotion dans une Association de Marie, même au fin fond de la Turquie où elle devait terminer ses jours. Dotée d‘un charme naturel, elle recherche les malheureux, les déprimés, les indigents, les pauvres et les malades. Elle ne sera plus considérée comme une aristocrate. En effet, elle devient la servante de tous, titre qui la ravit. Elle excelle en particulier à épouiller les enfants et les guérir du scorbut. Dix ans plus tard, à l‘orphelinat de la Charité au Pecq près de Paris, Sœur Marie reçoit le titre de Sœur Servante qui est conféré à la supérieure chez les Sœurs de la Charité. Elle arrive juste lorsque la guerre franco-prussienne (1870-1871).   ce moment-là, l‘orphelinat double et triple de taille. Les approvisionnements sont limités et les bonnes volontés rares. Cependant, grâce à une préparation minutieuse et au courage de Sœur Marie qui mendie ouvertement de la nourriture, des vêtements et des lits, sa communauté et son Institut parviennent à traverser la crise. Elle occupe le poste de Sœur Servante jusqu‘en 1886, année où elle se porte volontaire pour partir travailler à la base navale française de Smyrne en Turquie.


Smyrne


Depuis le règne du roi François 1er (XVIe siècle), la France jouit de relations diplomatiques privilégiées avec l‘Empire Ottoman. Au début, le monde est choqué par le traité conclu entre le souverain français et le sultan turc. Cependant, une place de choix est réservée aux ressortissants français sur un territoire qui peut vraiment être considéré comme ambivalent, étant situé en partie en Asie et en partie en Europe et habité en partie par des Musulmans et en partie par des Chrétiens.   la fin du XIXe siècle, l‘Empire Ottoman est clairement en déclin. Nombre d‘entrepreneurs français en profitent pour s‘y implanter et s‘engagent même à assister le gouvernement ottoman dans ses travaux publics et d‘infrastructure. De ce fait, les religieux français, notamment les Jésuites, les Assomptionnistes et les Filles de la Charité, sont bien accueillis dans la vie intellectuelle et culturelle de l‘Empire. Lorsque Sœur Marie de Mandat-Grancey arrive, l‘hôpital naval, si actif pendant la guerre de Crimée (1854-1856), est dilapidé et sous-équipé. Aucun autre établissement religieux de Smyrne, dit-on, ne peut l‘égaler ou le surpasser en pauvreté. Avec ses nombreux contacts et sa générosité innée, cette religieuse d‘âge mûr et d‘origine aristocratique entreprend de rendre plus confortable la vie des marins hospitalisés ainsi que celle des sœurs et des médecins praticiens. Dans le processus de restauration, les sœurs créent pour les enfants malades une petite salle de classe qui se transforme bientôt en ouvroirs et en une école à part entière. Lorsqu‘elle devient supérieure, Sœur Marie manifeste dans toutes ses activités un esprit missionnaire qui la pousse à instituer là aussi les Enfants de Marie pour les catéchiser. Smyrne est en proie à des scandales et à la légèreté de mœurs, caractéristique d‘une ville portuaire. Sœur Marie parle ainsi aux enfants dont elle a la charge: «N‘oubliez pas les enseignements du catéchisme! Ne négligez pas les Sacrements! Sanctifiez le Dimanche!...car tout cela vous est plus nécessaire que jamais, et le service de Dieu ne doit pas subir d‘interruption». Et sur le sujet de l‘hospitalité: «La chapelle vous demeure ouverte, profitez-en. Le cœur des Sœurs aussi vous est toujours ouvert...Venez les voir». Pendant le reste de sa vie qu‘elle passe à Smyrne, directement par la parole ou par l‘exemple, Sœur Marie proclame le message de protection de l‘Immaculée Mère de Dieu. Lorsqu‘elle parle du Cœur Immaculé de Marie ou de son Immaculée Conception, d‘après des enfants jeunes et plus âgées, son visage s‘illumine d‘un beau sourire, peut-être le même sourire que celui qu‘elle avait lorsqu‘il y a des années elle observait par la fenêtre de sa maison de Paris ces Sœurs de la Charité tout déguenillées. Elle est attirée près du cœur maternel de Marie. Elle confie ces recommandations à une sœur à l‘intention des Enfants de Marie: «Qu‘elles soient bien unies entre elles, bien attachées et dévouées à l‘Association ! Qu‘elles soient toujours de vaillantes chrétiennes, dévouées dans la famille, exemplaires au dehors, et fuyant tout ce qui pourrait nuire à leur foi ou à leur dignité. Qu‘elles soient comme Marie».


Meryem Ana Evi (Domus Mariae)

Éphèse, Turquie


En 1890, Sœur Marie de Mandat-Grancey devient Supérieure de la Communauté de Smyrne. En prenant ces fonctions, elle ne sait guère qu‘elle sera l‘une des personnes qui passera des années à sauver la maison de Marie de l‘oubli. L‘histoire de la Maison de Marie est très riche, mais compliquée et mérite un récit plus détaillé ailleurs. Quelques commentaires suffiront ici. Au tout début du deuxième siècle après Jésus Christ, selon la tradition, Marie et Saint-Jean s‘enfuient à Jérusalem en compagnie de Marie-Madeleine et d‘autres Chrétiens fidèles. La persécution des premiers Juifs chrétiens commence en 37 après Jésus Christ. Ce genre d‘holocauste se déroule avec l‘approbation des autorités du temple. En 42 après le Christ, Hérode Agrippa Ier monte sur le trône et fait exécuter St-Jacques, frère de St-Jean. Selon la légende, ce petit groupe de réfugiés chrétiens s‘enfuit à Éphèse, qui est alors la principale ville et le centre financier de l‘Empire romain. Hormis les esclaves, les servantes et les étrangers, 250 000 citoyens romains y vivent. Parmi eux se trouvent une communauté de Juifs et une autre de Juifs chrétiens qui jouissent de la liberté religieuse.   l‘évidence, dans la perspective biblique actuelle, des érudits reconnaissent l‘éventuelle coexistence de deux églises apostoliques - l‘église de Jean, à partir de 42 après Jésus Christ, et l‘église de Paul, plus évangélique, à partir de 53. Le lieu de la dormition de Marie, Éphèse ou Jérusalem, est controversé. Cependant, des papes de notre temps ont honoré le sanctuaire d‘Éphèse en tant que maison authentique de Marie et de Saint-Jean, notamment Benoît XIV, Léon XIII, Pie X, Benoît XV, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II. Le Pape Benoît XVI s‘y est rendu le 29 novembre 2006 à l‘occasion de sa visite au Patriarche œcuménique de Constantinople. Un soir, peu après être devenue Supérieure, Sœur Marie demande à un Père vincentien en visite de choisir un texte pour la lecture spirituelle de la communauté pendant le dîner. Par hasard, le prêtre prend un volume contenant les visions de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, religieuse Augustinienne de 38 ans qui était clouée au lit au temps des guerres de Napoléon et avait des visions de la vie et de la mort de Jésus. L‘un des hôtes, le Père Eugène Poulin C.M., dirige le Collège français du Sacré-Cœur à Smyrne. Avec sa rigueur de scientifique et d‘érudit classique, il n‘approuve pas ce choix étant opposé à toutes les formes de mysticisme. Cependant, le passage qui est lu est tiré de la Vie de la Sainte Vierge de Sœur Anne-Catherine et décrit la maison de la Sainte Vierge Marie à Éphèse, ancien nom d‘Izmir. Toutes les personnes présentes ont déjà eu vent des rumeurs locales sur ce site. Le récit de Sœur Emmerich ne fait qu‘exacerber leur curiosité. Sœur Marie et le Père Poulin sont inspirés par le sujet. Le Père Poulin est si ému qu‘il entraîne d‘autres membres de sa communauté dans une expédition longue et ardue de reconnaissance des lieux qui pourraient correspondre aux visions de la sœur défunte. Après nombre de tentatives et d‘erreurs pendant le même voyage, les archéologues s‘arrêtent pour boire et se reposer. Un hasard, semble-t-il. Un château se trouve à cet endroit. Il est clairement décrit dans les visions d‘Anne-Catherine Emmerich. Les villageois orthodoxes des environs confirment qu‘il s‘agit des ruines d‘un monastère du nom de la porte connue sous le nom de porte de la «Toute Sainte». Depuis des siècles, ajoutent-ils, ils vénèrent ce lieu comme étant la Maison de Marie! Les deux années suivantes, des archéologues découvrent que les fondations remontent à une communauté juive du premier siècle après Jésus Christ. Le 23 août 1891, la première Messe y est célébrée en latin. Confiants dans les résultats de leurs découvertes, les chercheurs retournent en informer Sœur Marie qui, inspirée par sa foi profonde en la présence de Marie dans sa vie croit d‘emblée qu‘il s‘agit de la Maison de Marie. L‘année suivante, le Père Poulin et son compagnon, le Père M.H. Yung, C.M., apprennent par hasard que les propriétaires de la maison ont désespérément besoin de la vendre. Ils en parlent immédiatement à Sœur Marie de Mandat-Grancey. Comblée par la nouvelle et par l‘esprit de Marie, Sœur Marie remet sa fortune personnelle pour acheter la propriété. Le 27 février 1892, elle dépose 45 000 francs à la branche du Crédit lyonnais de Smyrne. Le 16 novembre, après un versement de 31 000 francs, Sœur Marie de Mandat-Grancey prend possession de la propriété, des ruines du Sanctuaire et de la maison originelle du premier siècle. Le 1er décembre, l‘Archevêque déclare dans un document officiel que les ruines de Panaghia-Capoli sont vraiment les vestiges de la maison de la Vierge Marie. Dès lors, la petite religieuse, fille d‘un comte et d‘une comtesse notoires, se charge de la promotion, de la protection et de l‘expansion du Sanctuaire désormais connu sous le nom de Meryem Anna Evi. C‘est pourquoi, sa famille a reçu la pierre angulaire d‘origine datant du 1er siècle, qui repose désormais dans la Chapelle Saint-Jean du Château de Grancey en Bourgogne près de l‘Archidiocèse de Dijon en France. Le symbole de la pierre angulaire est particulièrement important dans le trésor de la spiritualité de l‘Église. Il s‘applique à Jésus, à Saint-Pierre et, en réalité à tous les apôtres. Lorsqu‘elles ont envoyé la pierre angulaire à la famille de Sœur Marie de Mandat-Grancey en Bourgogne, les autorités d‘Izmir ont souhaité confirmer que par sa vie, son travail et spécialement sa promotion et protection de la Maison de Marie, Sœur Marie s‘est identifiée d‘une manière unique avec la communauté apostolique primitive, établie par Jésus dans les premiers jours de sa vie publique. Par la pierre angulaire, en particulier, Sœur Marie s‘identifie clairement à Marie, la mère de Jésus.


Conclusion


Sœur Marie de Mandat-Grancey a encouragé la dévotion à Marie sur le site de la chapelle, de 1892 jusqu‘à sa mort, soit le 31 mai 1915. Elle est enterrée avec les autres Filles de la Charité dans le cimetière chrétien de Smyrne. Sa dévotion était si grande qu‘elle a touché le cœur de chrétiens catholiques et orthodoxes, les rassemblant dans ce Sanctuaire. Miracle entre tous, elle a aussi attiré des musulmans croyants, car l‘Islam vénère Marie sous le nom d‘Immaculée Conception. ce jour, Musulmans et Chrétiens unis dans la prière au sanctuaire marial d‘Éphèse honorent Marie, signe certain d‘espérance par ces temps incertains de conflit interreligieux. Ici, grâce à la prévoyance et à la vertu de Sœur Marie de Mandat-Grancey, Marie est de nouveau honorée, sous le titre particulièrement précieux de Notre Dame d‘Espérance.


Jérôme M. Vereb, C.P.S.T.D.

Erin von Uffel, D.M.


Imprimatur

W. Guiuseppe G. Bernardini

Archevêque d'Izmir, Turquie,

le 6 octobre 2004


Cum permissu superiorum


Prière pour demander la glorification de Sœur Marie de Mandat-Grancey


Seigneur, nous Te remercions de nous avoir donné Sœur Marie de Mandat-Grancey. Dans sa grande générosité, elle acquit la propriété où vécut jadis la Vierge Marie et Saint Jean, à Ephèse. Seigneur, nous Te demandons, par l'intercession de Sœur Marie de Mandat-Grancey, de continuer à bénir Ton Église, la pierre angulaire sur laquelle nous basons notre Foi et sur contre laquelle les forces des ténèbres ne pourront rien. Nous Te demandons, Seigneur, si telle est Ta Volonté, de glorifier dans Ton Église, Sœur Marie de Mandat-Grancey et de nous accorder les faveurs que nous Te demandons par son intercession. Amen.


Relations de grâces et renseignements


Mariamante LTD

44C Gerard St.

Huntington, NY 11743


//srmarie-lorraine.blogspot.com

 



30/09/2008
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