Spiritualité Chrétienne

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La servante de Dieu Luisa Piccarreta 02

 LUISA PICCARRETA

Recueil de mémoires sur la Servante de Dieu



Par le Père Bernardino Giuseppe Bucci, Frère Mineur Capucin



"A ma tante Rosaria, fidèle gardienne de la vie de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta"



NOTES BIOGRAPHIQUES SUR L'AUTEUR

Présentation

La sollicitude affectueuse tendant à conservre le souvenir de personnes de nos régions qui, en raison de leur humble travail quotidien et l'acceptation des souffrances de la vie, se sont signalées par leur amour de Dieu et du prochain, a encouragé le P. Bernardino Bucci, Frère Capucin, à mettre par écrit "des souvenirs de famille" concernant la personne de Luisa Piccarreta, appelée familièrement "Luisa la sainte". L'attention à la personne de Luisa est digne d'être signalée pour deux motifs. D'abord pour l'intérêt suscité de nos jours par l'étude de la mystique. Dans le cas de Luisa sa contemplation et son acceptation des souffrances physiques et spirituelles lui ont permis d'atteindre une notable intimité avec Jésus. Ensuite parce que Luisa a été connue et a entretenu des relations avec plusieurs de nos confrères (P. Fedele da Montescaglioso, P. Guglielmo da Barletta, P. Salvatore da Corato, P. Terenzio da Campi Salentina, P. Daniele da Triggiano, P. Antonio da Stigliano, P. Giuseppe da Francavilla Fontana, pour n'en citer que quelques-uns) qui ont pu lui communiquer les éléments essentiels de la spiritualité franciscaine, en lui permettant d'en retenir l'amour pour le Christ et l'engagement à accomplir la Volonté Divine. Puisse ce livre qui a vu le P. Bernardino au travail avec tant d'amour et d'enthousiasme, aider ceux qui le liront à éprouver le désir d'approfondir la spiritualité de Luisa et à devenir des promoteurs de sa béatification.

P. Mariano Bubbico, Ministre Provincial des Frères Mineurs Capucins des Pouilles

Préface

En réponse au vif encouragement de Monseigneur Giuseppe Carata, vénérable Archevêque de Trani, aujourd'hui émérite, j'ai été amené à mettre par écrit des témoignages sur Luisa Piccarreta, tels que je les ai recueillis de vive voix de la part de membres de ma famille et d'autres personnes qui ont connu personnellement la Servante de Dieu, certains cas me concernant directement. Dans mon enfance j'ai eu des contacts directs et continus avec la Servante de Dieu, par l'intermédiaire de ma tante, Rosaria Bucci, qui pendant presque quarante ans a assisté, nuit et jour, la Servante de Dieu. Toutes deux travaillaient ensemble la dentelle aux fuseaux, activité qui assurait leur subsistance. Mes parents étaient très liés à la famille Piccarreta. Mes soeurs, Isa, Maria et Gemma fréquentaient assidûment la maison de Luisa; elles y apprirent la dentelle aux fuseaux. Gemma, la plus jeune, était la préférée de Luisa, qui avait suggéré, à sa naissance, de lui donner le nom de Gemma. La soeur de Luisa, Angelina, a été la marraine de baptême et de confirmation de mes soeurs. Nous avions avec elle une telle familiarité qu'en famille tous l'appelaient "Tante Angelina". Avec Luisa nous parlions très familièrement. Je me souviens que ma mère se rendait périodiquement à la maison de Luisa et s'entretenait longuement avec elle. Nous n'avons rien su de ces entretiens. Je pense que Luisa lui avait prédit sa mort précoce. Je le présume du fait que ma mère parlait souvent de sa mort et nous faisait comprendre qu'elle n'aurait plus vécu très longtemps. Elle mourut à cinquante-et-un ans, trois ans après la mort de Luisa. Elle portait, le jour de sa mort, une chemise de la Servante de Dieu. Personnellement j'ai reçu de la Servante de Dieu des images pieuses. Malgré notre grande familiarité, en présence de Luisa je restais en silence, comme fasciné par le charme qui émanait de sa personne. J'ai recueilli et annoté beaucoup de documents, mais il ne m'est pas possible de les classer pour les confier à l'imprimeur; cela exigerait beaucoup de travail et un temps suffisant dont je ne dispose pas. J'ai donc dû faire des choix et publier ce que j'ai estimé d'un plus grand intérêt. Cela ne signifie pas que d'autres faits recueillis ne soient pas dignes d'être publiés. Je suis tout-à-fait convaincu que n'importe quel épisode qui concerne Luisa Piccarreta est utile pour situer sa figure dans le cadre de son époque. Je projette de continuer le travail de classement et de recherche des souvenirs et de faire imprimer une biographie plus complète de la Servante de Dieu. J'ai commencé ce projet depuis un certain temps et espère le mener à bien au plus tôt.

Père Bernardino Giuseppe Bucci

CHAPITRE UN

Notes biographiques

La Servante de Dieu Luisa Piccarreta est née à Corato (Bari) en Italie, le 23 avril 1865. Elle y mourra en odeur de sainteté le 4 mars 1947. Sa famille était l'une de ces famille patriarcales que l'on trouve encore aujourd'hui dans les Pouilles. Des gens qui aiment vivre à l'air des champs. Ses parents, Vito Nicola et Rosa Tarantino, eurent cinq filles: Maria, Rachele, Filomena, Luisa et Angela. Les trois aînées se marièrent. Angela, que l'on appelait "la petite Angela" resta célibataire et vécut aux côtés de sa sœur, Luisa, jusqu'à sa mort. Luisa naquit le dimanche in Albis et fut baptisée le jour même. Son père - quelques heures après sa naissance - l'enveloppa dans une couverture et l'emmena à la paroisse pour y recevoir son Baptême.

Nicola Piccarreta travaillait comme métayer dans une ferme qui appartenait à la famille Mastrorilli. Cette ferme se trouvait dans une petite localité des Murge, Torre Disperata, à 27 kilomètres de Corato. Ceux qui connaissent l'endroit peuvent apprécier la solennité du silence qui règne sur ces collines ensoleillées, dépouillées et pierreuses. Luisa y passa toute son enfance et son adolescence. Le grand bon vieux mûrier au tronc percé dans lequel elle aimait se cacher pour prier loin des regards indiscrets, existe encore. C'est dans ce lieu solitaire et ensoleillé que commença pour Luisa cette grande aventure divine qui la conduira sur les sentiers de la souffrance et de la sainteté. C'est d'ailleurs là qu'elle subira les assauts du démon; des souffrances indicibles dont son corps ne saura être épargné. Pour se libérer de ses peines, Luisa se réfugiait sans cesse dans la prière, s'adressant en particulier à la Très Sainte Vierge dont la seule présence constituait pour elle une grande consolation.

La Divine Providence conduisait la jeune fille sur des sentiers d'un tel mystère qu'il ne pouvait y avoir de joie plus grande que Dieu et la Grâce de Dieu. Un jour, en effet, le Seigneur lui dit: " J'ai remué la terre entière, regardant une par une toutes les créatures. Je voulais choisir la plus petite d'entre elles, et c'est toi que j'ai trouvée, toi, la plus petite d'entre toutes. Tu me plaisais alors je t'ai choisie; puis je t'ai placée sous la protection de mes anges, non pas pour qu'ils te fassent grandir, mais pour qu'ils veillent sur toi, toi si petite; ma volonté était faite et je pouvais poursuivre mon oeuvre. Ceci n'est pas pour que tu te sentes plus grande, bien au contraire; ma volonté te fera encore plus petite et tu resteras la petite fille de la Volonté Divine" (cf. Volume XII, 23 mars 1921).

A l'âge de neuf ans, Luisa reçût l'Eucharistie pour la première fois, puis sa Confirmation. Dès lors, elle apprit à rester en prière des heures entières au pied du Saint Sacrement. A onze ans, elle fut Fille de Marie - alors en pleine floraison - à l'église Saint-Joseph, puis Tertiaire Dominicaine, sous le nom de Sœur Madeleine. Elle fut l'une des premières à s'inscrire au Troisième Ordre, dont son curé de paroisse était le fondateur. Sa dévotion pour la Mère de Dieu développera en elle une profonde spiritualité mariale, prélude de ce qu'un jour elle aurait écrit sur la Vierge Marie.

La voix de Jésus accompagnait Luisa dans son cheminement: elle se détacha d'elle-même, de tout et de tous les autres. Vers l'âge de dix-huit ans, du balcon de chez elle, via Nazario Sauro, elle eut une vision: Jésus, souffrant sous le poids de sa croix était là, sous ses yeux. Il la regardait et lui disait: " Ame! Aide-moi!". Cette apparition suscita en elle le désir insatiable de souffrir pour Jésus et pour le salut des âmes. Commencèrent alors pour elle ces souffrances physiques qui, ajoutées aux souffrances spirituelles et morales, allèrent jusqu'à l'héroïsme.

Sa famille, voyant tous ces phénomènes, la crut malade et fit appel à la science médicale. Mais tous les médecins interpellés à son chevet ne surent résoudre son cas, un cas aussi unique que singulier. A leur grande stupeur, Luisa, pourtant bien vivante, souffrait de rigidité cadavérique, et aucune cure au monde n'arrivait à la soulager de ses terribles souffrances. Ayant tout essayé sur le plan médical, il ne restait plus qu'un seul espoir: les prêtres. Ainsi fit-on appel à un prêtre augustin, le P. Cosma Loiodice, de retour chez lui après la condamnation des fameuses «lois siccardiennes»; et, à la stupeur générale, il suffit d'un signe de croix du père sur le pauvre corps de l'infirme pour que cette dernière retrouvât tous ses moyens. Du coup Luisa fut convaincue que tous les prêtres étaient des saints. Or, un jour le Seigneur lui dit: "non pas parce que ce sont des saints, mais parce qu'ils sont la continuité de mon sacerdoce dans le monde, tu dois te soumettre à leur autorité sacerdotale; ne les contrarie jamais, bons ou mauvais qu'ils soient". Luisa se soumettra à eux toute sa vie. Et elle en souffrira. Ce besoin quotidien d'avoir recours à eux pour redevenir normale était source de grande mortification pour elle. Au début, c'est d'ailleurs des prêtres eux-mêmes qu'elles subira toutes les incompréhensions et toutes les souffrances les plus humiliantes. Pour eux, Luisa était une jeune fille exaltée, une pauvre folle qui voulait attirer l'attention des autres sur elle. Il leur arrivait parfois de la laisser dans cet état pendant plus de vingt jours. Puis Luisa finit par accepter son rôle de victime et sa vie prit un nouveau tournant: le matin, elle se réveillait le corps raide et immobile. Recroquevillée au fond de son lit, personne n'arrivait à l'allonger. Impossible de relever ses bras, ni de bouger sa tête ou ses jambes. Comme nous le disions, il lui fallait la présence d'un prêtre qui, en la bénissant d'un signe de croix, aurait éliminé la rigidité de son corps. Sans cela elle ne pouvait retourner à ses occupations (travail de dentelle). Cas unique: ses confesseurs n'étaient pas ses directeurs spirituels. Une tâche que Notre Seigneur gardait pour Lui. Jésus préférait s'adresser à elle directement. Il l'éduquait, corrigeait ses fautes, et s'il le fallait, n'hésitait pas à lui faire des reproches, la portant peut à peu au plus haut sommet de la perfection. Luisa, sagement, fut instruite et préparée, pendant de longues années, à recevoir le don de la Volonté Divine.

Après avoir su ce qu'il se passait à Corato, l'Archevêque de l'époque, Mgr Giuseppe Bianchi Dottula (22 décembre 1848-22 septembre 1892), consulta plusieurs prêtres et décida de prendre sur lui la responsabilité de cette affaire. Après mûres réflexions, il délégua un confesseur personnel en la personne de Don Michele De Benedictis, un excellent prêtre auquel la jeune fille ouvrira son âme en profondeur. Don Michele, un homme avisé, imposa des limites à ses souffrances. Luisa ne devait rien faire sans son consentement. Il lui ordonna de manger au moins une fois par jour, tout en sachant parfaitement qu'elle aurait immédiatement tout rejeté. Luisa ne devait vivre que du Divin Vouloir. Dès lors elle reçut l'autorisation de garder son lit pour toujours, victime d'expiation. Nous sommes en 1888. Luisa restera clouée sur son lit de souffrance jusqu'à sa mort, survenue cinquante neuf ans plus tard. Si Luisa acceptait jusqu'ici son état de victime, elle ne pouvait cependant garder son lit toute la journée. Il lui fallait obéir aux règles de l'obéissance. A partir du 1er janvier 1899, Luisa ne quittera plus son lit.

En 1898, le nouvel Archevêque du lieu, Mgr Tommaso De Stefano (24 mars 1898- 13 mai 1906) décida de nommer un nouveau confesseur en la personne de Don Gennaro Di Gennaro. Celui-ci restera vingt-quatre ans à son service. Le nouveau confesseur, percevant les merveilles que produisait le Seigneur sur cette âme, ordonna à Luisa de mettre par écrit tout ce que la Grâce de Dieu opérait en elle. Toutes les raisons avancées par la Servante du Seigneur pour échapper à de telles obligations furent vaines: même ses capacités littéraires, très modestes, ne suffirent pas à la dispenser de faire ce qu'on lui demandait. Don Gennaro Di Gennaro, qui avait les idées claires, ne céda pas. Il était pourtant parfaitement au courant que la pauvre fille n'avait fréquenté que l'école primaire. Ainsi, le 28 février 1899, Luisa commença son journal, un énorme recueil de trente-six volumes! Le dernier chapitre fut achevé le 28 décembre 1939, date à laquelle elle reçut l'ordre de ne plus écrire.

A la mort de son confesseur, le 10 septembre 1922, arriva un chanoine, Don Francesco De Benedictis, qui mourut le 30 janvier 1926, au bout de quatre ans de service. L'Archevêque, Monseigneur Giuseppe Leo (17 janvier 1920-20 janvier 1939) délégua un autre confesseur, Don Benedetto Calvi, un jeune prêtre ordinaire qui assista Luisa jusqu'à sa mort. Il partagea avec elle toutes les souffrances et toutes les incompréhensions qui l'affligèrent durant les dernières années de sa vie.

Au début du siècle passé, la visite du Bienheureux Annibale Maria Di Francia dans les Pouilles fut une bénédiction pour nos populations. Venu chercher à Trani une nouvelle maison pour les hommes et les femmes de sa toute jeune Congrégation, il avait entendu parler de Luisa Piccarreta et avait décidé d'aller lui rendre visite. Les deux grandes âmes devinrent inséparables. Mais il ne fut pas le seul à la fréquenter. D'autres prêtres venaient la voir: le Père Gennaro Braccali, Jésuite, le Père Eustachio Montemurro, mort en odeur de sainteté, et Don Ferdinando Cento, Nonce Apostolique et Cardinal de Notre Sainte Mère l'Eglise. Le Bienheureux Annibale devint son confesseur extraordinaire et le réviseur officiel de ses écrits, examinés et soumis au fur et à mesure à l'approbation des autorités ecclésiastiques. Vers 1926, le Bienheureux Annibale ordonna à Luisa d'écrire un cahier de mémoires sur son enfance et son adolescence. Lui-même publia divers écrits de Luisa, dont le célèbre ouvrage L'Horloge de la Passion qui connut quatre éditions. Le 7 octobre 1928, à Corato, le couvent des sœurs de la Congrégation du Divin Zèle était achevé et Luisa, pour répondre au vœu du Bienheureux Annibale, y fut transférée. Le Bienheureux Annibale était déjà mort en odeur de sainteté à Messine.

En 1938, la vie de Luisa Piccarreta subit un bouleversement total: Rome la désavouait publiquement et ses écrits furent mis à l'index. A la publication de la condamnation du Saint-Office, Luisa se soumit à l'autorité de l'Eglise. De Rome, les autorités ecclésiastiques envoyèrent un prêtre lui réclamer tous ses écrits. Elle les lui remit immédiatement, et très gentiment. Ses écrits finirent dans les Archives secrètes du Saint-Office. Le 7 octobre 1938, sur ordre de ses supérieurs, Luisa dut quitter le couvent et se trouver un nouveau logis. Elle passa les neuf dernières années de sa vie dans un appartement de la via Maddalena, bien connu des personnes âgées de Corato qui assistèrent à la sortie de sa dépouille, le 8 mars 1947.

Luisa connut une existence modeste. Elle occupait un appartement en location avec sa sœur Angelina et plusieurs autres femmes pieuses. Mais ce qu'elle possédait ne suffisait pas à payer son loyer. Alors elle faisait de la dentelle. Et ce qu'elle gagnait, en travaillant avec acharnement, lui permettait de subvenir aux besoins de sa sœur, dans la mesure où elle-même n'avait besoin ni de vêtements ni de chaussures. Sa nourriture se limitait à quelques grammes d'aliments que lui servait son assistante, Rosaria Bucci. Luisa ne demandait jamais rien. Elle ne désirait jamais rien, d'autant que son estomac rejetait immédiatement tout ce qu'elle mangeait. Mais son aspect n'était pas celui d'une mourante. Ce qui ne veut pas dire non plus qu'elle respirait la santé. Non plus. Mais elle n'était jamais inerte. Ses forces s'épuisaient dans la souffrance, le travail; et pour ceux qui la connaissaient, sa vie était considérée comme un miracle permanent.

Son détachement de tout ce qu'elle aurait pu gagner en dehors de son travail était admirable. Elle refusait l'argent et les offrandes que les autres voulaient lui donner. Au moment de la publication de ses ouvrages, alors que le Bienheureux Annibale était venu un jour lui remettre l'argent relatif à ses droits d'auteur, elle répondit: "Je n'y ai pas droit, car ce qui est écrit là n'est pas à moi" (cf. "Préface" du livre L'Horloge de la Passion, Messine, 1926). Lorsqu'une âme charitable s'avisait de lui envoyer de l'argent, elle le lui renvoyait immédiatement.

L'appartement de Luisa ressemblait à un monastère. Sa porte était fermée au regard des curieux. Seules quelques personnes, animées de la même spiritualité, et les jeunes filles venant prendre des cours de dentelle, l'entouraient. De ce cénacle sortirent de nombreuses vocations religieuses. Mais cette œuvre de formation n'était pas uniquement réservée aux filles. Il y avait aussi des garçons qui entrèrent dans les ordres et furent orientés vers le sacerdoce. Sa journée commençait vers cinq heures, l'heure à laquelle arrivait le prêtre pour la bénir et célébrer la messe, celle-ci était présidée par son confesseur ou par un de ses délégués: un privilège accordé par Léon XIII et confirmé par Saint Pie X en 1907. Après la messe, Luisa restait deux heures en prière. Vers huit heures, elle commençait son travail qui durait jusqu'à midi; à l'issue d'un repas frugal, elle se retirait dans sa chambre pour se recueillir. Dans l'après-midi - au bout de quelques heures de travail - elle récitait son chapelet. Le soir, vers 20h., Luisa prenait son journal et se mettait à écrire jusqu'à minuit. Elle se réveillait au petit matin, le corps immobile, bloqué, toute recroquevillée dans son lit, la tête penchée vers la droite. Et il fallait attendre l'intervention du prêtre pour pouvoir l'asseoir dans son lit et qu'elle puisse reprendre sa routine.

Luisa mourut à l'âge de 81 ans, 10 mois et 9 jours, le 4 mars 1947, au bout de quinze jours de maladie, la seule et unique maladie que l'on ait réussi à diagnostiquer: une pneumonie. Elle mourut au petit matin, à l'heure même où le prêtre, en la bénissant, l'aurait libéré de son état. L'Archevêque du lieu était alors Mgr Francesco Petronelli (25 mai 1939-16 juin 1947). Luisa garda sa position assise. L'allonger était absolument impossible et - phénomène extraordinaire - son corps ne souffrait plus de rigidité. A l'annonce de sa mort, toute la population, tel un torrent en pleine crue, se déversa chez elle et il fallut faire appel aux forces de l'ordre pour contenir la foule qui, jour et nuit, venait la voir. Luisa était chère à leurs cœurs. "Luisa la sainte est morte!" s'écriait-on. Et tout le monde se précipitait. Ainsi, les autorités publiques et sanitaires acceptèrent d'exposer sa dépouille pendant quatre jours de suite, sans qu'il n'y ait aucun signe de corruption du corps. Luisa n'avait pas l'air morte. Elle était assise dans son lit, vêtue de blanc; on aurait dit qu'elle dormait car, comme nous le disions, son corps avait perdu toute rigidité. En effet, bouger sa tête, lever ses bras, plier ses mains et tous ses doigts, ne demandait aucun effort. On pouvait même soulever ses paupières et observer ses yeux; des yeux tout à fait brillants, absolument pas voilés. Pour tout le monde, Luisa était encore vivante, plongée dans un sommeil profond. Un conseil de médecins, convoqué pour la circonstance, prit le temps de bien examiner sa dépouille avant d'en conclure que Luisa était vraiment morte et qu'il ne s'agissait pas d'une mort apparente comme tout le monde croyait.

Luisa disait toujours qu'elle était " née à l'envers", il est donc juste que sa mort fut "à l'envers" par rapport aux autres. Elle restera donc assise, sa position habituelle, position qu'elle gardera jusqu'au cimetière. Installée dans un cercueil aux parois de verre construit spécialement pour elle, tout le monde pouvait la voir, telle une reine assise sur son trône, toute de blanc vêtue, le Fiat posé sur sa poitrine. Plus de quarante prêtres, le Chapitre et le Clergé local, participèrent au cortège funèbre; les sœurs, à tour de rôle, la portaient sur leurs épaules, se créant un passage dans la foule immense: les rues étaient bondées. C'était incroyable. Il y avait des gens partout, sur les toits, aux balcons, et le cortège avait du mal à passer. Les obsèques de la petite fille de la Divine Volonté furent célébrées par le Chapitre au grand complet en l'Eglise Mère. Toute la population de Corato accompagna le corps jusqu'au cimetière. Tous voulaient ramener chez eux un petit souvenir, des fleurs. Au bout de quelques années, sa dépouille fut transférée en l'église Sainte-Marie-la-Grecque.

En 1994, jour de la fête du Christ-Roi, Son excellence Monseigneur Carmelo Cassati, en présence d'une foule nombreuses de fidèles et de personnalités étrangères réunies en l'Eglise Mère, ouvrit officiellement le procès de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.

Dates significatives

1865 Luisa Piccarreta naquit le 23 avril, un dimanche in albis, à Corato (BA), de Nicola Vito et Rosa Tarantino, lesquels eurent cinq filles: Maria, Rachele, Filomena et Angela. Quelques heures après sa naissance, son père l'enveloppa dans une couverture et se rendit à la paroisse pour la faire baptiser. L'accouchement de sa mère fut un accouchement sans souffrance. 1872 Elle fit sa première communion et sa confirmation le dimanche in albis. La cérémonie était présidée par Mgr Giuseppe Bianchi Dottula, Archevêque de Trani. 1883 A l'âge de dix huit ans, du haut de son balcon, elle eut une vision: Jésus plié sous le poids de sa croix lui disait: "Ame, aide-moi!". Ainsi commença l'existence solitaire de Luisa qui ne cessera de vivre en union avec les souffrances indicibles de son Divin Epoux. 1888 Elle devient Fille de Marie et Tertiaire Dominicaine, sous le nom de Sœur Madeleine. 1885-1947 Ame élue, épouse séraphique de Jésus, humble et pieuse, dotée par le Seigneur de dons extraordinaires, victime innocente, paratonnerre de la Justice Divine. Ses 62 années d'existence clouée au lit font d'elle un Héraut du Royaume du Divin Vouloir. 4 mars 1947 Pleine de mérites, dans la lumière éternelle du Divin Vouloir, elle s'éteignit comme elle avait vécue, pour triompher avec les anges et les saints dans les splendeurs éternelles du Divin Vouloir. 7 mars 1947 Sa dépouille mortelle fut exposée pendant quatre jours à la vénération des fidèles, venus par milliers, regarder une dernière fois cette "Santa", si chère à leur cœur. Ses funérailles furent un vrai triomphe; Luisa passa, comme une reine, à dos d'hommes, au milieu de la population disposée en haie d'honneur. Tout le clergé, séculier et religieux, accompagna sa dépouille. La liturgie funèbre fut célébrée en l'Eglise Mère. Tout le Chapitre y participa. Dans l'après-midi, Luisa fut enterrée dans la chapelle de la noble famille des Calvi 3 juillet 1963 Sa dépouille fut transférée pour toujours à Sainte-Marie-la-Grecque. 20 novembre 1994 Fête du Christ-Roi. Mgr Cassati, en l'Eglise Mère de Corato, devant une foule immense de fidèles du lieu et d'ailleurs, procéda à l'ouverture Officielle du procès de Béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.

Confesseurs et Conseillers spirituels

1. Père Cosma Loiodice: frère et premier confesseur, 2. Don Michele De Benedictis: confesseur de Luisa enfant, nommé, en 1884, sous mandat officiel de l'Evêque, Mgr Giuseppe B. Dottula. 3. Don Gennaro Di Gennaro: curé de la paroisse Saint-Joseph, confesseur en 1898 et 1922; par obédience, il ordonna à la Servante de Dieu de transcrire au fil des jours, tout ce que le Seigneur lui révélait. 4. Père Annibale Maria Di Francia: confesseur extraordinaire de Luisa entre 1919 et 1927; réviseur officiel des écrits de la Servante de Dieu; il publia plusieurs de ses ouvrages dont L'Horloge de la Passion, 5. Mgr Ferdinando Cento: Nonce apostolique et Cardinal de la Sainte Eglise Romaine. 6. Don Francesco De Benedictis: confesseur de Luisa entre 1922 et 1926; successeur de Don Gennaro Di Gennaro. 7. Don Felice Torelli: Curé de paroisse à Sainte-Marie-la-Grecque, 8. Don Ciccio Bevilacqua: coadjuteur de l'Eglise Mère; confesseur irrégulier, 9. Don Luca Mazzilli: coadjuteur, confesseur irrégulier, 10. Don Benedetto Calvi: confesseur attitré de Luisa entre 1926 et 1947, sous mandat de l'Archevêque Mgr Giuseppe Leo. Don Peppino Ferrara, célébrant occasionnel, Don Vitantonio Patruno, célébrant irrégulier, Don Clemente Ferrara, archiprêtre et célébrant irrégulier. Don Cataldo Tota, recteur du Séminaire de Bisceglie et curé de la paroisse Saint-François, Mgr Michele Samarelli, vicaire général de Bari, Mgr Ernesto Balducci, vicaire général de Salerne. Mgr Luigi D'Oria, père spirituel du Séminaire régional de Molfetta et vicaire général de Trani. De nombreux autres prêtres, religieux et séculiers, que nous ne citons pas ici, étaient périodiquement appelés au chevet de la Servante de Dieu.

Les évêques

1. Mgr Bianchi Dottula Giuseppe 1848-1892, 2. Mgr Marinangeli Domenico 1893-1898, 3. Mgr de Stefano Tommaso 1898-1906. [Luisa commence son journal], 4. Mgr Vaccaro Giulio 1906, administrateur, 5. Mgr Carraro Francesco P. 1906-1915, 6. Mgr Regime Giovanni 1915-1918, 7. Mgr Tosi Eugenio 1918-1920, administrateur, 8. Mgr Leo Giuseppe M. 1920-1939, 9. Mgr Petronelli Francesco 1939-1947. Il mourut le 16 juin 1947, trois mois après Luisa Piccarreta. 10. Mgr Addazi Reginaldo G.M. 1947-1971. Il donna à Luisa le titre de Servante de Dieu et autorisa la divulgation des petites images de prière écrites par la sainte. 11. Mgr Carata Giuseppe, émérite depuis 1971. Il marqua le lancement avec approbation canonique, en 1986, de l'Association du Divin Vouloir, à Corato, après un chemin de 10 ans. En même temps, il donna l'ordre, à la demande du Cardinal Palazzini, Préfet de la Sainte Congrégation pour la Cause des Saints, de rassembler les témoignages sur la Servante de Dieu Luisa Piccarreta. 12. Mgr Cassati Carmelo, émérite. Il ouvrit le procès de béatification de Luisa Piccarreta le jour de la fête du Christ-Roi, en 1994. 13. Mgr Giovanni Battista Picchierri, Archevêque actuel de Trani. C'est à lui que l'on a demandé de poursuivre la cause de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta.

Liste des écrits de Luisa Piccarreta

Dates des journaux écrits par Luisa Piccarreta, en obéissance à ses confesseurs. Luisa, pour ses écrits également, dépendait uniquement de l'autorité de l'Eglise. En effet, à contrecœur, Luisa se soumit aux ordres de l'Eglise et commença à écrire le 28 février 1899. Volume I et II du 28 février au 30 octobre 1899 Volume III du 1 novembre 1899 au 4 septembre 1900 Volume IV du 5 septembre 1900 au 18 mars 1903 Volume V du 19 mars au 30 octobre 1903 Volume VI du 1 novembre 1903 au 16 janvier 1906 Volume VII du 30 janvier 1906 au 30 mai 1907 Volume VIII du 23 juin 1907 au 30 janvier 1909 Volume IX du 10 mars 1909 au 3 novembre 1910 Volume X du 9 novembre 1910 au 10 février 1912Volume XI du 14 février 1912 au 24 février 1917 Volume XII du 16 mars 1917 au 26 avril 1921 Volume XIII du 1 mai 1921 au 4 février 1922 Volume XIV du 4 février au 24 novembre 1922 Volume XV du 28 novembre 1922 au 14 juillet 1923 Volume XVI du 23 juillet 1923 au 6 juin 1924 Volume XVII du 10 juin 1924 au 4 août 1925 Volume XVIII du 9 août 1925 au 21 février 1926 Volume XIX du 23 février au 15 septembre 1926 Volume XX du 17 septembre 1926 au 21 février 1927 Volume XXI du 23 février au 26 mai 1927 Volume XXII du 1 juin au 14 septembre 1927 Volume XXIII du 17 septembre 1927 au 11 mars 1928 Volume XXIV du 19 mars au 3 octobre 1928 Volume XXV du 7 octobre 1928 au 4 avril 1929 Volume XXVI du 7 avril au 20 septembre 1929 Volume XXVII du 23 septembre 1929 au 17 février 1930, Volume XXVIII du 22 février 1930 au 8 février 1931, Volume XXIX du 13 février au 26 octobre 1931, Volume XXX du 4 novembre 1931 au 14 juillet 1932, Volume XXXI du 24 juillet 1932 au 5 mars 1933, Volume XXXII du 12 mars au 10 novembre 1933, Volume XXXIII du 19 novembre 1933 au 24 novembre 1935, Volume XXXIV du 2 décembre 1935 au 2 août 1937, Volume XXXV du 9 août 1937 au 10 avril 1938, Volume XXXVI du 12 avril au 28 décembre 1938

CHAPITRE DEUX

Le Royaume de la Volonté Divine

"Et maintenant je m'adresse à tous ceux qui liront ces écrits"... Je vous en prie, je vous en supplie, prenez avec amour ce que Jésus veut nous donner, c'est-à-dire, Sa Volonté. Mais avant de vous donner La Sienne, il lui faut la vôtre, autrement Sa Volonté ne pourra régner. Si vous saviez!... Grâce à cet amour, Jésus veut vous faire le plus grand des dons du Ciel et de la terre: Sa Volonté! Oh, que de larmes amères s'écoulent des yeux de Jésus qui voit votre volonté vous conduire à ramper sur le sol de cette terre remplie de misère! Vous êtes incapables de respecter une bonne résolution, et savez-vous pourquoi? Parce que Son Vouloir ne règne pas avec vous.

Oh, combien Jésus pleure et soupire sur votre sort! Et tout en sanglotant, Il vous prie de faire régner son Vouloir en vous. Il veut faire tourner votre chance: que les malades deviennent sains, que les pauvres deviennent riches, que les faibles deviennent forts, que les volages ne le soient plus, que les esclaves soient rois. Il ne veut pas de grandes pénitences, ni de longues prières, ni rien d'autre; mais que règne en vous Son vouloir, et que votre volonté ne soit plus. Ecoutez-le. Et moi je suis prête à offrir ma vie pour chacun d'entre vous, prête à souffrir toutes les peines, mais à condition que vous laissiez les portes de votre âme s'ouvrir, et que le Vouloir de mon Jésus puisse régner et triompher sur les générations humaines!

Veuillez tous accepter mon invitation: entrez avec moi dans l'Eden, lieu de vos origines premières, l'endroit où l'Etre Suprême créa l'homme, fit de lui un roi, et lui donna un royaume à dominer. Ce royaume c'était l'univers tout entier, mais son sceptre, sa couronne, ses ordres venaient du fond de son âme, de là où se trouvait le Fiat Divin, comme Roi dominant, et constituait la vraie royauté dans l'homme. Ses habits étaient royaux, plus rutilants que le soleil, ses actes étaient nobles, sa beauté captivante. Dieu l'aimait tant. Il s'amusait avec lui, l'appelait mon petit roi, mon petit garçon. Tout était bonheur, ordre et harmonie.

Mais cet homme, notre premier père, se trahit lui-même et trahit son royaume. En suivant sa propre volonté, il attrista son Créateur qui l'avait tant exalté et tant aimé. Il perdit alors son royaume, le royaume de la Volonté Divine, dans lequel tout lui avait été donné. Il n'avait plus accès au royaume que Dieu avait donné à l'homme et qu'Il avait repris pour Lui. Mais je vais vous confier l'un de mes secrets. Ecoutez...

En reprenant pour Lui le royaume de la Volonté Divine, Dieu n'a pas dit qu'il ne l'aurait plus donné aux hommes. Il le garde de côté dans l'attente des générations futures, prêt à les inonder de grâces surprenantes, prêt à les éclairer d'une lumière éblouissante, au point d'éclipser ce vouloir humain qui leur avait fait perdre un royaume si sacré. Sous l'attrait de prodigieuses et admirables connaissances de la Volonté Divine, Il veut susciter en eux la nécessité, le désir de mettre au ban cette volonté, la nôtre, qui nous rend malheureux, et nous lancer dans la Volonté Divine. Ce royaume est à nous; alors courage! Le Fiat Suprême nous attend, il nous appelle, nous presse à prendre le pouvoir. Qui peut avoir aussi peu de cœur au point de le renier, qui sera aussi perfide au point de ne pas écouter son appel et de refuser autant de bonheur? Laissons de côté les pauvres loques de notre volonté, l'habit de deuil de notre esclavage dans lequel nous avons été jetés, et nous revêtirons l'habit des reines et porterons les ornements divins!

C'est pourquoi je fais appel à vous tous: écoutez-moi! Vous savez, je suis toute petite, la plus petite de toutes les créatures... Je me dédoublerai dans le Divin Vouloir avec Jésus. Je me ferai toute petite et entrerai en vous, je gémirai et pleurerai aux portes de votre cœur, pour réclamer, telle une petite mendiante, vos pauvres loques, vos habits de deuil, votre malheureux vouloir, que je remettrai à Jésus pour qu'il les brûle et, en vous restituant Son Vouloir, vous rende Son royaume, Son bonheur, la pureté de Ses habits de roi. Si vous saviez ce que signifie la Volonté de Dieu! Elle englobe le Ciel et la terre; si nous sommes avec Elle, tout est à nous, tout dépend de nous; mais sans Elle, tout se met contre nous; et si nous avons quelque chose, nous sommes les vrais voleurs de notre Créateur et vivons de fraudes et de rapines.

Donc si vous voulez la connaître, lisez ces feuillets: vous y trouverez le baume pour panser les blessures que le vouloir humain nous a cruellement infligées, le nouveau souffle divin, la nouvelle vie céleste; vous entendrez le Ciel entrer dans votre âme, vous verrez de nouveaux horizons, de nouveaux soleils. Le plus souvent, Jésus vous apparaîtra le visage couvert de larmes. Il veut vous donner Son Vouloir. Il pleure car il veut vous voir heureux, et de vous voir malheureux le fait sangloter, soupirer et prier pour le bonheur de Ses enfants; il réclame votre vouloir pour vous arracher du malheur, mais il vous tend en même temps le Sien, comme confirmation du don de son Royaume.C'est pourquoi je lance un appel à tous. Et cet appel je le lance en union avec Jésus. J'unis mes larmes, mes longs soupirs, mon cœur brûlant à Celui qui veut donner Son Fiat. Du Fiat nous sommes sortis, nous sommes nés à la vie et il est juste que nous y retournions. Il est juste que nous retournions à notre cher et éternel héritage.

Mon appel s'adresse d'abord au Souverain Pontife, à Sa Sainteté, au Représentant de la Sainte Eglise, et donc au Représentant du Royaume de la Volonté Divine. A ses vénérables pieds "la petite" dépose ce royaume, afin qu'il le fasse connaître; et qu'il appelle ses enfants, de son ton paternel et plein d'autorité, à vivre dans ce royaume¼ si, sacré. Que le Fiat Suprême pénètre en lui et forme le premier Soleil du Vouloir Divin à travers son Représentant sur terre; qu'il fonde sa vie primaire sur Celui qui est le chef de toute l'Eglise et que ses longs rayons traversent la terre tout entière pour former, en éclipsant tout le monde de ses feux, une seule et unique bergerie pour un seul Berger!

Mon deuxième appel s'adresse à tous les prêtres. Prostrée aux pieds de chacun, je prie, j'implore, qu'ils veuillent connaître la Volonté Divine. Et je leur dis: le premier pas, le premier acte, tirez-le de la Volonté Divine, enfermez-vous dans le Fiat, et vous sentirez combien sa vie est si douce et si chère; vous puiserez en Elle tout votre agir; vous sentirez en vous une force divine et entendrez une voix incessante vous murmurer des choses admirables, jamais entendues; vous sentirez une lumière qui éclipsera tous les maux; et les peuples, émus, resteront sous votre coupe. Que d'efforts inutiles sans la Volonté Divine! Vous avez distribué aux peuples le pain du Fiat sans levain. Ils l'ont mangé mais l'ont trouvé dur, indigeste; ne sentant plus la vie couler en eux, ils n'ont pas voulu suivre vos enseignements. C'est donc à vous de manger ce pain du Fiat Divin; et vous formerez tous sa vie et une seule volonté.

Mon troisième appel je l'adresse au monde entier, à tous mes frères et sœurs, à mes enfants. Et savez-vous pourquoi je vous appelle tous? Parce que je veux que tout le monde reçoive la Volonté Divine! La Volonté Divine est plus que l'air, et tous nous pouvons la respirer; Elle est comme le soleil avec ses rayons de lumière dont nous pouvons tous bénéficier; elle est comme le battement de votre cœur; et moi, petite fille, je veux, je souhaite que vous preniez tous la vie du Fiat! Oh, si vous saviez tout le bien que vous pourriez recevoir! Vous n'hésiteriez pas à donner votre vie pour la faire régner en vous tous! Votre petite Luisa veut vous confier un autre secret que Jésus lui a révélé; et je le fais pour que vous me donniez votre volonté et receviez Celle de Dieu en échange. Cette Volonté qui gonflera votre corps et votre âme de bonheur.

Vous voulez savoir pourquoi la terre ne produit pas? Pourquoi dans certains endroits du monde, la terre, frappée par les tremblements de terre, s'ouvre et engloutit les villes et les personnes? Pourquoi le vent et l'eau se transforment en tempêtes et ravagent tout sur leur passage? Pourquoi tous ces maux, que vous connaissez tous si bien?

Parce que les choses créées possèdent une Volonté Divine qui les domine et les rend puissantes; elles sont plus nobles que nous, car nous, nous sommes dominés par une volonté humaine qui fait de nous des êtres faibles et impuissants. Si, par bonheur, il nous arrivait de laisser de côté la volonté humaine et d'opter pour la vie du Divin Vouloir, alors nous aussi nous deviendrions forts et puissants; tous frères aux côtés de toutes les choses créées, qui ne nous porteraient plus atteinte; nous aurions le pouvoir sur elles et trouverions notre bonheur à présent et pour l'éternité!Vous êtes contents? Alors faites vite: écoutez cette pauvre Petite qui vous aime tant. Quelle joie serait pour moi de pouvoir dire un jour que tous mes frères et sœurs sont des Rois et des Reines, qu'ils possèdent tous la vie de la Volonté Divine! Alors allez-y, répondez à mon appel. Oui, j'attends que tous en chœur vous me répondiez: d'autant que je ne suis pas seule à vous appeler, à vous prier: mon doux Jésus s'est joint à moi. Il vous appelle de sa voix tendre et émouvante, Lui qui, des sanglots dans la voix, nous dit si souvent: "Que ma Volonté soit votre vie, entrez dans son royaume". Sachez que le premier à prier le Père céleste pour que Son Règne vienne, et que sa Volonté soit faite sur la terre comme au ciel, fut Notre Seigneur, lorsqu'il récita le Notre Père. En nous transmettant Sa prière, il nous appelle tous à demander "Fiat Voluntas Tua sicut in coelo et in terra".Aussi, chaque fois que vous récitez le "Notre Père", Jésus, envahi du grand désir de vous donner son Royaume, son Fiat, s'empresse-t-il de s'unir à nous pour dire: " Mon Père, c'est moi qui vous le demande pour mes enfants, faites vite". Le premier à prier est donc Jésus suivi de vous tous qui le demandez à travers le Notre Père. Un dernier mot.

Sachez que cette petite Enfant que je suis, à la seule vue du désir ardent, des délires et des larmes de Jésus, si désireux de vous transmettre son Royaume, son Fiat, ressent elle aussi, en elle, toute cette agitation, cette frénésie de vous voir tous entrer dans le Royaume de la Volonté Divine; tous heureux de faire sourire Jésus. Et si la prière ou les larmes ne suffisent pas, elle aura recours aux caprices, auprès de Jésus et auprès de vous aussi. Ecoutez donc cette Petite, ne la faites plus soupirer, ayez grâce et dites-lui: "Ainsi soit-il, ainsi soit-il... nous voulons tous le royaume de la Volonté Divine. Fiat"".

Quelques prières inédites

Je m'enferme dans ta volonté

Mon Jésus, je m'enferme dans Ta Volonté pour vivre de ta vie, pour vivre de la vie de tous et échanger tant de signes d'affection. Je glisse chaque battement de mon cœur dans Ta Volonté pour te dire chaque fois "Je t'aime, je t'aime". En agissant selon ton vouloir, je voudrais que tous t'embrassent, pour qu'en me serrant dans tes bras, personne ne t'offense plus et que tous t'aiment, t'adorent, te bénissent et fassent ta sainte volonté.

Tu es mon guide

Mon doux Jésus, enferme-moi dans Ta Volonté, pour que je ne voie, je ne perçoive, je ne touche que Ton Saint Vouloir, et par ta puissance forme des saints. Jésus, en toutes mes actions que je remplisse ciel et terre de la vie divine. Ma mère et ma Reine, sois mon guide, mon éducatrice. Ne permets pas que j'exhale ne fût-ce qu'un seul soupir en dehors de la Volonté Divine.

Prends ma volonté

Mon Jésus, donne-moi Ta Volonté et prends la mienne, pour que je me sanctifie de ta sainteté, que j'aime avec ton amour, que mon cœur batte avec ton cœur, que je marche avec tes pas, que je répare avec tes réparations et que par ma parole je forme un Jésus dans le cœur de ceux qui m'écoutent. Ma mère, ma Reine, cache-moi sous ton manteau pour me défendre de tout et de tous.

CHAPITRE TROIS

Guérison de l'épileptique

Ma tante Rosaria, née le 4 avril 1898, était la petite dernière d'une ribambelle d'enfants. Sujette à des crises d'épilepsie, elle était, aux dires de ma grand-mère, la plus "malchanceuse" de la famille. Sans compter qu'elle avait du subir l'amputation de phalanges à trois doigts de sa main droite, à la suite d'un banal accident. Ma grand-mère, dans l'espoir d'une guérison, décida un jour de la conduire chez Luisa pour lui demander de la prendre dans son groupe de jeunes filles et de l'initier à la dentelle. Bien qu'elle en paraissait beaucoup plus, ma tante Rosaria n'avait alors que 9 ans. C'était en 1907, par une froide journée de janvier. Luisa était désormais célèbre dans tout Corato. "Luisa la Sainte", comme ils l'appelaient tous, n'était pas seulement une femme dévote que tout le monde respectait; elle était aussi très active sur le plan social. Sa maison, transformée en école de broderie, était considérée à l'époque comme un instrument de promotion sociale. Les jeunes filles qui s'y rendaient venaient d'un milieu rural ou domestique.

Voici comment se déroula cette rencontre: Il était à peu près 10 h. lorsque ma grand-mère et ma tante se rendirent au domicile de Luisa, via Nazario Sauro (ou rue de l'Hôpital). C'est la mère de Luisa, une femme d'un certain âge, qui vint leur ouvrir la porte. Elle se mit d'abord à converser avec ma mère, lui demandant des nouvelles de notre famille. Puis, à la fin de leur conversation, la mère de Luisa accompagna mère et fille dans la petite chambre de Luisa qui, de son lit, donnait un cours de dentelle aux fuseaux. Angelina, la sœur cadette de Luisa, fit sortir les élèves de la pièce et apporta une chaise pour ma grand-mère. Les deux femmes se mirent à parler.

Voici le témoignage de ma tante: "Toutes deux parlèrent de choses dont je ne me souviens pas bien, comme deux vieilles amies qui ne se voyaient pas depuis longtemps. Puis ma mère embrassa Luisa et s'en alla. Je compris que les deux femmes avaient aussi parlé de moi et que Luisa avait accepté la requête de maman. Restée seule dans la pièce avec Luisa, je sentais sur moi le poids de son regard. Elle me scrutait attentivement, les yeux plein de bienveillance, l'air de vouloir m'encourager. J'étais loin d'imaginer que ce moment aurait marqué le début de 40 ans d'existence commune".

Quelques jours plus tard, alors qu'elle suivait ses premiers cours de dentelle, ma tante eut une attaque d'épilepsie. Un épisode dont elle-même n'avait jamais parlé car elle était plutôt réservée sur tout ce qui concernait Luisa. Elle en parlait d'ailleurs rarement. On le sut par ma mère qui l'avait appris par une de ses amies ayant assisté à la scène. Lorsque ma tante tomba à terre, la langue sortie et recouverte de cette mousse caractéristique des attaques convulsives, ses camarades, affolées, prirent la fuite. Seule Angelina, la sœur de Luisa, vint à son secours. Luisa, quant à elle, ne bougeait pas, imperturbable. Elle se comportait comme si la chose ne la regardait absolument pas, continuant à travailler comme si de rien n'était. Une de ses élèves qui avait surmonté sa peur, était restée là. Elle raconte: "Lorsque Rosaria s'est écroulée au sol, Luisa a levé les yeux au ciel et prononcé ces mots: `Seigneur, si tu l'as voulu près de moi, je la veux en bonne santé'. Puis elle se remit au travail". Dans l'affolement général, la prière de Luisa était passée complètement inaperçue. Mais prière ou pas, depuis ce jour-là ma tante Rosaria n'eut plus jamais d'attaques. Elle vécut jusqu'à l'âge de 80 ans et mourut de diabète au bout d'un jour et demi de maladie.

 

Suite du texte...



22/01/2008
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