Spiritualité Chrétienne

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Bienheureux Charles 1er d'Autriche

  Bienheureux Charles 1er d'Autriche

Prince de la Paix

1885-1922

Fête le 1er avril

 

« Mon père s'est toujours effircé de vivre selon l'Evangile. » C'est en ces termes émouvants que l'Archiduc Rodolphe d'Autriche évoquait , en exclusivité dans les colonnes de Famille Chrétienne ( N° 1257, du 16 février 2002), la mémoire du dernier empereur d'Auitriche-Hongrie. Cette idée semble relever de l'utopie, lorsque l'on songe qu'elle s'applique à un chef d'état qui règna sur tant de peuples différents- plus de 50 millions de sujets, 600 000 km2 de terres au cœur de l'Europe-, chef suprême des armées d'un empire engagé dans le sanglant engrenage de la première guerre mondiale. Pourtant c'est lui, que le Saint-Père Jean Paul II, a élevé au rang des bienheureux le 3 octobre 2004, Place Saint-Pierre, et avec lui, Anne-Catherine Emerich, une religieuse mystique allemande, et deux religieux français. Le Bienheureux Charles d'Autriche à qui Karol Wojtyla (Jean Paul II) doit sopn prénom, Karol veut dire Charles en polonais. Car le père du défunt Souverain Pontife (+ en 2005) , officier de l'armée impériale, admirait profondément Charles , qu'il rencontra briévement par ailleurs sur le front de l'Est.


Charles de Habsbourg-Lorraine est âgé de 29 ans lorsqu'en novembre 1916, il succède à son oncle, le vieil empereur François-Joseph. Rien ne semblait prédestiner le jeune Archiduc à mpnter si tôt sur le trône de la double monarchie. Héritier en second, jusqu'à l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914, il aurait dû avoir avant tout une carrière d'officier de l'armée impériale. Accéder à une telle charge ne fut jamais son désir. Ce qu'il souhaitait avant toute chose, c'était de vivre simplement avec sa femme et ses enfants. Charles fut donc emprereur par devoir. Mais son premier acte de souverain fut d'entamer, dans le plus grand secret, des négotiations de paix séparées avec la France et la Grande-Bretatgne, par l'entremise de ses beaux-frères, les Princes Sixtes et Xavier de Bourbon-Parme, qui combattaient dans l'armée Belge. Cela aussi relevait pour lui du devoir : celui, premier, d'épargner des vies humaines, de mettre fin à cet engrenage de violence barbare qui ensanglantait l'Europe tout entière. Malheureusement, la trahison de certains de ses collaborateurs et l'hostilité aveugle de Clémenceau ne permettront pas à ses tentatives répétées d'aboutir. Il fut également le seul à accepter les propositions de paix du Pape Benoît XV. Les autres belligérants refusèrent, poursuivant clairement la guerre en fonction de visées personnelles.


« Personne ne peut justifier cela devant Dieu ! »


C'est le photographe de la Cour, Schumann, qui rapporte cette terrible anecdote de l'Empereur sur le front, quelques heures après la fin d'une sanglante bataille, pleurant à la vue de corps mutilés et défigurés. Il l'entendit alors prononcer ces mots : « ¨Personne ne peut justifier cela denat Dieu. Je vais mettre fin à cela le plus vite possible. » Charles décréta l'interdiction du gaz moutarde , refusa la guerre sous-marine engagée par l'Allemagne , la destruction des villes italiennes, proclma l'inviolabilité des populations civiles, et l'obligation de traiter avec humanité les blessés et les prisonniers. Charles était animé d'une attention permanent aux autres. Vis-à-vis de sa famillen son amour de mari et de père fut admirable : Charles et Zita formaient un couple de chrétiens exemplaires, épris d'un amour sincére pour le Christ et la Vierge Marie, consacrés, avec toute leur famille, au Sacré-Cœur de Jésus lors de la première communion de l'Archiduc Otto, le 2 octobre 1918 (à cette occasion, le souverain consacra également de son empire) . Chaque jour où il ne trouvait pas sur le front , il s'accordait un long moment avec l'impératrice et ses enfants, jouant mais aussi priant avec eux. Admirable également vis-à-vis de ses peuples, et plus particulièrement de toute personne dans la souffrance. Enfant déjà, les actes ne manquent pas : après un incendie qui ravage une maison proche de la résidence famililale, il casse sa tirelire pour venir en aide aux familles dans le besoin ; plus tard, il se propose pour de menus travaux auprès des membres de la famille impériale afin de recueillir un peu d'argent à distribuer aux pauvres. Empereur, il voudra partager les privations de ses peuples en ordonnant que ne soient servies au Palais que des rations de guerre, il fait don des chevaux de la Couronne pour livrer le charbon aux Viennois. Il fut le premier chef d'Etat à instaurer un ministre des Affaires Sociales ayant comme mission la protection de la jeunesses, des orphelins, la mise en place d'assurances sociales, d'un droit du travail, de l'indemnisation du chômage, d'une politique du logement. Il combattit égalemen,t avec ardeur la corruption et toutes les formes de spéculations de guerre, proclama une amnistie générale pour rectifier les injustices militaires, institua une loi de contrôle des prix pour améloirer la vie quotidienne des plus défavorisés.


« Sa droiture ne souffrait aucun compromis »


Attentif aux autres, artisant de paix, éminemmant charitable, Charles était aussi un visionnaire politique, à qui la guerre n'a pas permis de réaliser les plans admirables qu'il avait conçus pour ses peuples, comme la réalisation d'un empire fédéral dans lequel chaque nation aurait pu se développer en fonction de ses propres choix. La force renouvelée qu'il souhaitait pour l'Autriche-Hongrie, cœur de la vielle Europe, il la souhaitait aussi pour faire barrage au communisme, dont il pressentait la menaceet les ravages à venir, mais aussi au fascisme, dont les germes n'auraient sans doute pu croître s'il avait été donné à Charles , garant de l'expression chrétienne de la politique, de demeurer sur son trône. Sa droiture par ailleurs ne souffrait aucun compromis. L'archiduchesse Elisabeth relate à cet égard un épisode révélateur : « le gouvernement allemand avait mis au point un plan pour faire tomber la Russie et l'Italie : dans un wagon plombé , des leaders communistes devaient être clandestinement introduits en Russie et en Italie via l'Allemagne.(…) dans le cas de la Russie, cela concernait Lénine et Trotski.(…) ces hommes devaient déclencher des résolutions dans leur pays. Dès lors, les fronts imploseraient d'eux-même. « Il rejeta ce plan avec la plus grande détermination, pour deux raisons : premièrement, en raison du combat du Communisme contre la religion ; deuxièmement, parce qu'il discernait que ces idéologies politiques ne resteraient pas confinées à leurs frontières nationales. Le refus de mon père signifia qu'aucun communiste ne put être introduit en Italie ; de même, l'Autriche n'était pas responsable du fait que l'Allemagne eut introduit Lénine en Russie. »Ce n'est pas sans raison que Clémenceau fit observer que « l'Empereur Charles est comme un Pape en Europe Centrale » ! Charles, Empereur trop visionnaire , Charles, Chrétien trop affirmé, Charles, artisan de paix et non de guerre et de cynisme, Charles, victime de l'œuvre de la Bête qui ne devait s'achever qu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En dépit de son acceptation instantannée du plan de paix du Président américain Woodrow Wilson, les belligérants européens décidèrent de ne plus le reconnaître comme souvearin légitime. La fin de la guerre, le 11 novembre 1918, marquera don également la fin de l'unité de l'empire. Les Socialistes, dès lors au pouvoir, tenteront d'obliger Charles à abdiquer, mais il refusera. Empereur d'Autriche, roi couronné de Hongrie( en décembre 1916), il considère que sa couronne est un sacrement d'ordre divin et que jamais il ne trahira Dieu, ses sujets ou son héritage dynastique. Exilé à Eckartsau puis en Suisse avec l'Impératrice Zita et leur sept enfants, il sera dépossédé de tous ses biens.

L'ultime exil commence, et avec lui, la passion de Charles


Mais rapidement lui parviennent les appels de nombre de ses sujets , ainsi que de retourner en Hongrie et reprendre son trône. A deux reprises, sans verser une seule gourtte de sang, Charles va donc tenter de restaurer la monarchie en Hongrie ; à chaque fois , il sera trahi par le régent Horty, soucieux de conserver le pouvoir. La seconde fois, ce dernier n'hésitera pas à le piéger, àloe faire prisonnier et à le livrer, avec Zita , à l'Entente, en octobre 1921. L'ultime exil commence, et avec lui la passion de Charles. Sur la petite île de Madère, le couple impérial, qui ne sera rejoint qu'en février 1922 par ses deux enfants, s'installe dans le plus grand dénuement, la plus grande pauvreté.


« Comment meurt un Catholique et un empereur »


Pourtant, Charles ne se plaint de rien et sait aussitôt se faire apprécier de la population locale. Mais installé dans une maison prêtée , qu'il ne peut chauffer, sur les hauteurs de l'île, en proie à l'humidité er au froid, Charles est rapidement victime d'une double pneumonie. Trop pauvre pour appeler le médecin et acheter les médicaments nécessaires, il comprend vite que sa fin terrestre est proche et que c'est sa vie même que Dieu lui réclame en sacrifice. Lorsqu'il réalisa qu'il était mourant, il appela son fils l'Archiduc Otto à son chevet afin de lui montrer »comment un Catholique et un Empereur doit se conduire lorsqu'il meurt ». Le 1er avril 1922, il reçut l'Exrême Onction, et comme chaque jour (a l'exception des jours de captivité sur le bateau anglais qui le conduisait à Madère), la Sainte Communion. En présence de l'Impèratrice , qui attendait leur dernier enfant, l'Eucahrsitie exposée dans sa chambre et un crucifix entre ses mains, Charles, le regard porté au-delà de ce monde, expira dans un ultime dialogue avec Jésus, tout empreint de soumission et d'amour. « Charles le modeste » avait 34 ans.


Bibliographie :

« Charles et Zita, derniers souvenirs d'Autriche-Hongrie », préfacé par Mr l'Archiduc Rodolphe d'Autriche, Patrick Germain Ed. France Europe Editions ; « Zita, l'Impératrice Courage-1892-1989 » Pean Sévillia, Ed Perrin, coll. « Tempus »


http://www.beatificationemperorcharles.info

 

Gallerie de Photos du Bienheureux Charles d'Autriche

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http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2007/11/09/6829465.html

 



09/11/2007
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