Spiritualité Chrétienne

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Vénérable Pie XII

Le Vénérable Pie XII

1876-1958

Fête le 9 octobre

 

I Qui est le Pape Pie XII?

 

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli (Rome, 2 mars 1876 , entré dans la VIe à Castel Gandolfo, 9 octobre 1958), élu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII (en latin Pius XII, en italien Pio XII). Sa béatification, un temps prévue en même temps que celle de Jean XXIII, le 2 septembre 2000, a été différée.

Eugenio Pacelli naît à Rome dans une famille de petite noblesse très liée, depuis le XIXe siècle, aux milieux du Vatican. Son père, Filippo Pacelli, est avocat à la Rote romaine puis avocat consistorial ; il se montre défavorable à l'intégration des États pontificaux au royaume d'Italie. Sa mère vient d'une famille distinguée pour ses services rendus au Saint-Siège.

Eugenio fait ses études au lycée Visconti, un établissement public. Il entame en 1894 sa théologie à l'Université grégorienne, comme pensionnaire du Collège capranica. De 1895 à 1896, il effectue également une année de philosophie à la Sapienza, l'université d'État de Rome. En 1899, il rejoint l'Apollinaire, où il obtient trois licences, l'une de théologie et les autres in utroque jure (« dans les deux droits », c'est-à-dire droit civil et droit canonique). Au séminaire, pour des raisons de santé, il échappe au lot commun et obtient de rentrer chaque soir au domicile parental.

Il est ordonné prêtre le 2 avril 1899 par Mgr Cassetta, vice-régent de Rome et grand ami de la famille.En 1901, il entre à la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, chargée des relations internationales du Vatican, suite à la recommandation du cardinal Vannutelli, ami de la famille. Il y devint minutante. Pacelli assiste au conclave d'août 1903, qui voit l'empereur d'Autriche porter la dernière exclusive contre le cardinal Rampolla. En 1904, il est nommé par le cardinal Gasparri secrétaire pour la Commission pour la codification du droit canonique. Il devient également camérier secret, signe de confiance de la part du pape. Il publie une étude sur La Personnalité et la territorialité des lois, spécialement dans le droit canon, puis un livret blanc sur la séparation de l'Église et de l'État en France. Pacelli doit décliner de nombreuses offres de chaires de droit canonique, aussi bien à l'Apollinaire qu'à l'université catholique de Washington. Il accepte cependant d'enseigner à l'Académie des nobles ecclésiastiques, vivier de la Curie romaine. En 1905, il est promu prélat domestique.


Ses promotions continuent d'être rapides et régulières : en 1911, il devient sous-secrétaire aux Affaires ecclésiastiques extraordinaires. Ceci le porte parmi les têtes pensantes de la diplomatie vaticane ; en 1912, Pie X le nomme secrétaire adjoint, puis secrétaire le 1er février 1914. Il conserve ce poste sous le règne de Benoît XV et assume alors la tâche de promouvoir la politique du pape pendant la Première Guerre mondiale. En particulier, il tente de dissuader l'Italie d'entrer en guerre, en partie parce qu'il craint une révolution communiste à Rome ;
en 1915, il voyage à Vienne et travaille en collaboration avec Mgr Scapinelli, nonce apostolique à Vienne, pour convaincre l'empereur François-Joseph de se montrer plus patient à l'égard de l'Italie.


Le 20 avril 1917, Benoît XV nomme Pacelli nonce apostolique en Bavière — Munich est alors l'unique représentation pontificale de l'Empire allemand. Trois jours plus tard, le nouveau nonce est nommé archevêque in partibus de Sardes. Il œuvre pour la réception de la note du 1er août 1917 de Benoît XV, mais n'obtient que des résultats décevants. Il s'efforce également de mieux connaître l'Église catholique allemande, visitant les diocèses et assistant aux principales manifestations catholiques, comme le Katholikentag, en ramenant sœur Pasqualina qui lui servira de gouvernante jusqu'à la fin de sa vie. Parallèlement, il prend connaissance des discussions entre le Vatican et l'URSS. Il relaie des propositions soviétiques pour l'organisation du catholicisme. En 1926, il consacre évêque le jésuite D'Herbigny, chargé de constituer un clergé en Russie.

Depuis 1919, la nonciature en Bavière était reconnue compétente pour l'ensemble du territoire allemand. Le 23 juin 1920, une nonciature en Allemagne est créée. Pacelli y est transféré en même temps qu'il reçoit la nonciature de Prusse, double casquette purement formelle puisque le personnel et l'adresse sont les mêmes. Lorsque des troubles éclateront en Bavière, des révolutionnaires menaceront Pacelli de leurs fusils, ce qui entraînera son hospialisation pour dépression nerveuse.

Afin de régulariser les relations entre le Saint-Siège et les autres États et d'y défendre les activités catholiques, il négocie plusieurs concordats avec différents pays. Avec la Lettonie en 1922, la Bavière en 1924, la Pologne en 1925, la Roumanie en 1927. Il est accrédité à Berlin en 1920. En 1929, il signe un concordat avec la Prusse, est élevé à la dignité de cardinal et nommé cardinal secrétaire d'État. Il devient le principal collaborateur de Pie XI.

Le 20 juillet 1933, il signe, au nom du Saint-Siège, le concordat avec Hitler, qui venait d'être élu chancelier de la république de Weimar.L'Allemagne nazie n'entend pas respecter cet accord. Pacelli envoya 55 notes de protestations au gouvernement allemand de 1933 à 1939. En conséquence, en mars 1937, il durcit le texte de l'encyclique Mit brennender Sorge, préparé par le cardinal-archevêque de Munich. Le concordat n'est cependant pas dénoncé.

En 1933, il signe également un concordat avec l'Autriche, et en 1935, avec la Yougoslavie. En 1938, il critique l'approbation immédiate de l'Anschluss par l'épiscopat autrichien et exige du cardinal Innitzer, archevêque de Vienne, une déclaration prenant position contre l'invasion. Innitzer s'exécute le 6 mai, dans un article paru dans l'Osservatore Romano, qui n'aura cependant pas de répercussions d'ampleur.

Armoiries de Pie XIIÀ la mort de Pie XI, le cardinal Pacelli semble le candidat le plus probable, d'autant que le feu pape a laissé échapper quelques phrases tendant à le désigner comme son successeur (« Sarà un bel papa ! », « il sera un beau pape ! »).

De fait, Pacelli est élu pape le 2 mars 1939, au troisième tour de scrutin. Le conclave a à peine duré 24 heures et cette courte durée accrédite une rumeur selon laquelle l'élection avait été unanime. Il est cependant probable que plusieurs cardinaux italiens eussent préféré le cardinal Dalla Costa, archevêque de Florence. Pacelli est élu avec probablement 48 voix sur 62. Le nouveau pape choisit le nom de règne de Pie XII (Pius XII), dans la continuité du pontificat précédent. Il nomme le cardinal Maglione, ancien nonce à Paris, secrétaire d'État. Fait remarquable, Pie XII est le premier secrétaire d'État élu pape depuis Clément IX en 1667.

Aussitôt, Pie XII se trouve plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès. Après le pacte Ribbentrop-Molotov, le Vatican tente au moins de garder l'Italie hors du conflit. Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), il dénonce l'engrenage de la guerre. Fin 1939, Pie XII visite même le roi Victor-Emmanuel III dans sa résidence du Quirinal, ancienne résidence pontificale.

Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des Nazis, il réplique par la voix de Mgr Tardini : « Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (...) mais des raisons pratiques semblent imposer de s'abstenir.»
Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même : « Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations.»
Cherchant à mener une politique de compromis, Pie XII ouvre les institutions du Vatican aux victimes du nazisme dans la Rome occupée, mais n'intervient pas publiquement contre les persécutions, celles contre le clergé ayant déjà été évoquées dans Mit brennender Sorge.

Dans l'ensemble, la diplomatie vaticane se heurte à de nombreux échecs pendant le conflit. Elle ne parvient pas à maintenir des relations satisfaisantes avec l'Allemagne nazie, ni avec l'Italie fasciste. Les rapports avec l'URSS se révèlent inexistants. En revanche, le Vatican peut nouer des liens avec les États-Unis. Le président Roosevelt a nommé un représentant personnel auprès du Saint-Siège, Myron Taylor. D'après les travaux d'Annie Lacroix-Ruiz, ce dernier fut le relais pour l'évacuation vers l'Amérique latine de certains dirigeants nazis.

Au début de la guerre, les puissances de l'Axe tentent de lever le drapeau de la croisade contre l'URSS pour légitimer leur action. Mgr Tardini répond que « la croix gammée n'[était] pas précisément celle de la croisade. » En septembre 1944, à la demande de Myron Taylor, il rassure les catholiques américains, inquiets de l'alliance de leur pays avec les soviétiques. La fin de la guerre permet la pénétration du communisme en Europe de l'Est. Les rapports, inexistants durant la guerre, empirent. Les gouvernements liés à Moscou font fermer peu à peu les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L'arrestation brutale en 1948 du prince-primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty, archevêque d'Esztergom, symbolise la tension entre les régimes communistes et l'Église catholique romaine. De même, Mgr Stepinac, archevêque de Zagreb et primat de Yougoslavie, subit l'emprisonnement et la torture. Mgr Beran, archevêque de Prague, se voit interdire d'exercer son ministère. Les Églises catholiques de rite byzantin d'Ukraine et de Roumanie sont incorporées de force dans des Églises indépendantes. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d'être le « chapelain de l'Occident ».

En juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les communistes. Pie XII y fait allusion dans son discours de béatification d'Innocent XI, affirmant sa volonté de « défense de la chrétienté ». Les deux parties se crispent donc dans des attitudes d'opposition. Quelques exceptions voient le jour en Europe de l'Est. Ainsi, en Pologne, le primat, Mgr Wyszynski, signe un accord garantissant quelques libertés à l'Église catholique polonaise, en échange de son soutien dans la politique de défense des frontières. Le Vatican se montre réservé face à cet accord, et Mgr Wyszynski est arrêté peu après par le gouvernement polonais.

Pie XII se distingue par son usage intensif de nouveaux moyens de communication, comme la radio. Durant la guerre, il adresse cinq messages radio :le 1er juin 1941, sur l'anniversaire de Rerum novarum ; à Noël 1941, sur l'ordre international ; à Noël 24 décembre 1942, sur l'ordre intérieur des nations : "...Ce voeu (de retour à la paix), l'humanité le doit à des centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique, ont été vouées à la mort ou à une progressive extinction"...  le 1er septembre 1944, sur la civilisation chrétienne ; à Noël 1944, sur les problèmes de la démocratie. Par la suite, il utilisera également la télévision. Pie XII a proclamé le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950. La même année, le 23 décembre, il annonça la découverte de la tombe de saint Pierre, retrouvée exactement à l'aplomb de la coupole de Michel-Ange (sous l'autel majeur) à la suite de fouilles archéologiques.

Il canonisa Pie X en 1954. On a pu parler de Pie XII comme d'un « docteur universel » (Yves-Marie Hilaire) : il s'exprima sur un grand nombre de sujets. Il est le pape le plus cité dans les textes de Vatican II. On le surnomme aussi Pastor Angelicus, « pasteur angélique » d'après la prophétie de saint Malachie. Il eut une réputation de saint et de mystique. La presse parla des apparitions de Fátima dont il aurait été témoin. Vivant avec son temps, une photo de lui tapant à la machine à écrire lui aurait, selon Roger Peyrefitte gagné la haute finance américaine par sa modernité. La polémique et le soupçon (v. ci-dessous) n'interviendront qu'à partir de 1963. En janvier 1954, Pie XII tombe gravement malade. Mal soigné, il sort très diminué de cette attaque. Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, résidence d'été des papes, où depuis 1954 il faisait de longs séjours de repos.

Il est enterré dans les grottes Vaticanes, près de la chapelle ad caput, qui touche à la tombe de saint Pierre. Jean XXIII lui succède.Pie XIILe 20 novembre 1947, Pie XII publie l'encyclique Mediator Dei, dans laquelle il définit les caractères essentiels de la liturgie. Ce document marque le début de la restauration de la liturgie romaine ; Pie XII y écrit en effet : Il faut réprouver l'audace tout à fait téméraire de ceux qui, de propos délibéré, introduisent de nouvelles coutumes liturgiques ou font revivre des rites périmés (…) De sorte que ce serait sortir de la voie droite de vouloir rendre à l'autel sa forme primitive de table, de vouloir supprimer radicalement des couleurs liturgiques le noir, d'exclure des temples les images saintes et les statues, etc.

Il y parle aussi de « l'excessive et malsaine passion des choses anciennes » : « il n'est pas sage ni louable de tout ramener en toute manière à l'antiquité ». II condamne par là l'archaïsme qui, sous couleur de retour aux sources, est un procédé de rupture avec la tradition. L'action de Pie XII, en matière liturgique, sera principalement marquée par la réforme du rite romain relatif à la Semaine Sainte.



La polémique : le « silence » de Pie XII


L'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale fait l'objet d'une polémique ardente. Les détracteurs de ce pape lui reprochent de s'être insuffisamment engagé contre le nazisme et l'antisémitisme, voire d'avoir cautionné par son « silence » les agissements nazis. Ses défenseurs rappellent que son action directe et indirecte a permis de sauver entre 700 000 et 860 000 juifs, qu'il était à l'époque considéré comme le plus farouche opposant du nazisme, et que les institutions juives l'ont remercié à de nombreuses reprises pour ses actes.

Il explique lui-même sa prudence dans une lettre du 30 avril 1943 à Mgr Von Preysing, évêque de Berlin :"...Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, il faut user de réserve, malgré les raisons qu'il y aurait d'intervenir, pour éviter de plus grands maux, étant donné que les déclarations d'évêques risquent d'entraîner des représailles et des pressions, et en tenant compte d'autres circonstances dues peut-être à la longueur et à la psychologie de la guerre. C'est l'un des motifs pour lesquels Nous-même, Nous nous limitons dans nos déclarations".

Au lendemain de la guerre, de nombreux témoignages de reconnaissance lui ont été adressés. Ainsi le Congrès Juif Mondial a exprimé officiellement sa gratitude envers Pie XII. De même le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, s'est exprimé ainsi en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués (…) font pour nos frères et sœurs (…), le peuple d'Israël ne l'oubliera jamais. » En 1955, à l'occasion des célébrations du 10e anniversaire de la Libération, l'Union des communautés israélites a proclamé le 17 avril « Jour de gratitude » pour l'assistance fournie par le pape durant la guerre ». En 1958, Golda Meir, ministre des affaires étrangères d'Israël, a déclaré à l'occasion du décès de Pie XII : « Pendant la décennie de la terreur nazie (…) la voix du Pape s'est élevée pour condamner les persécuteurs ».

Cinq ans après la mort de Pie XII, en 1963, des critiques à son égard ont été formulées, avec la sortie d'une pièce de l'auteur Est-Allemand de Roch Hochhuth, Le Vicaire, pièce par ailleurs interdite en Israël. La polémique est revenue sur le devant de l'actualité avec l'adaptation cinématographique de cette pièce par Costa-Gavras en 2001.

Parmi les neuf ouvrages traitant de cette polémique parus à cette période, seuls deux attaquent Pie XII, dont le très médiatique Hitler's Pope de Cornwell. Les autres ont dégagé une conclusion positive envers Pie XII, parmi lesquels Pie XII et la seconde guerre mondiale du jésuite Pierre Blet, qui avait coordonné les travaux de recherche sur les Archives secrètes du Vatican. Dans ce contexte, Israël a ajouté cette polémique à la liste des contentieux existants entre cet État et le Vatican, ce qui a provoqué le report de l'ouverture du procès en béatification de Pie XII. À l'inverse le rabbin David Dalin, récompensé pour l'un des meilleurs travaux académiques en 1998 a demandé en 2001 que Pie XII soit officiellement reconnu comme juste parmi les nations.

Les documents relatifs au pontificat du pape Pie XII, conservées dans les Archives secrètes du Vatican n'ont cependant jamais été publiés intégralement. En octobre 1999, une commission mixte d'historiens juifs et catholiques a été chargée d'étudier la période. En 2001, le Congrès juif mondial prend acte de l'échec de cette commission, dû à la fermeture des archives vaticanes sur la période. Quelques mois plus tard, le Vatican reconnaît également cet échec. En février 2002, Jean-Paul II ouvre aux chercheurs, à partir de 2003, la période 1922–1939 pour la partie concernant les rapports du Vatican avec l'Allemagne. Accusée de mauvaise volonté et de manque de transparence, l'Église se défend en faisant valoir qu'une partie de ses archives pour cette période a déjà été publiée, sur ordre de Paul VI, de 1965 à 1981, sous le titre Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale.

La question posée après coup par ses détracteurs est la suivante : « Des paroles plus fortes encore de Pie XII auraient-elles permis de freiner le massacre ? » L'encyclique Mit brennender Sorge ne fut pas considérée comme nuancée par les nazis, qui déclenchèrent immédiatement des représailles (plus d'un millier d'arrestations de prêtres et religieux, dont 304 déportations à Dachau, l'exil de monseigneur Sproll, et le saccage des évêchés de Munich, Rottenburg et Freiburg). Certains considèrent que ces persécutions ont essentiellement eu lieu en raison de l'idéologie nazie selon laquelle toute religion était considérée comme une idéologie rivale à éliminer. Des milliers de copies de la première encyclique qu'il publie en tant que pape, Summi Pontificatus, furent cependant larguées au-dessus de l'Allemagne en 1939 par les avions Alliés pour participer à la lutte contre le nazisme.

Le discours pour lequel la pièce Le Vicaire accuse Pie XII d'avoir été silencieux citait les « centaines de milliers de personnes vouées à la mort ou à une extermination progressive du seul fait de leur nationalité ou de leur race ». Les nazis écrivent alors : « Le Pape se fait le porte-parole des juifs, criminels de guerre », tandis que le New York Times publie : « le Pape a pris la défense des juifs (…) »

La polémique concerne également la personnalité elle-même du pape Pie XII. Son amitié pour les pays germaniques lui a été reprochée. Il était surnommé « Tedesco » (« l'Allemand ») en Italie. Il semblerait qu'il ait cependant fondé son attitude sur une forte distinction entre l'idéologie nazie et le peuple allemand. Charles De Gaulle rapporte dans ses mémoires à propos de la défaite des Allemands ces paroles de Pie XII : « Pauvre peuple, comme il va souffrir ». On peut cependant objecter qu'on ne lui connaît pas de paroles aussi émues pour d'autres peuples.

Il avait toutefois effectué la même distinction entre l'idéologie communiste et le peuple russe, lors de l'hésitation des catholiques américains à entrer en guerre aux côtés de l'URSS, ce qui a joué un rôle dans l'entrée en guerre des États-Unis. Il semble également que l'orchestration d'une campagne de dénigrement à son encontre ait pu avoir pour objectif de discréditer son engagement contre le communisme, très puissant au cours des années 1960.

Son action lors du complot du général Beck pour supprimer Hitler, le poids qu'il a pesé pour retarder l'entrée en guerre de l'Italie ou encore le fait qu'il ait transmis à la France et au Royaume-Uni les plans de l'offensive allemande en mai 1940 laissent pourtant peu de doute quant à son engagement face au nazisme. Les propos rapportés par Léon Bérard au gouvernement français sont également très clairs : « Je redoute Hitler encore plus que Staline.» De même les textes des discours qu'il a prononcé alors qu'il était nonce apostolique en Allemagne montrent que sur ces 44 discours, 40 dénonçaient l'idéologie nazie.

Enfin, vis-à-vis des juifs, il donne l'ordre en 1943 aux églises et couvents d'Italie de recueillir et cacher ceux-ci. À Rome, pendant l'occupation allemande, 5000 juifs sont cachés dans les monastères dont plusieurs centaines au Vatican. 3 000 juifs furent également logés à Castel-Gandolfo et 400 enrôlés dans la Garde pontificale. En janvier 1944, le plan allemand Rabat-Fohn prévoyait d'envoyer la huitième division de SS au Vatican pour abattre Pie XII en raison de sa « position pro-juive ». Margherita Marchione en conclut que Pie XII « a risqué personnellement la déportation et les camps pour avoir aidé les persécutés du régime nazi.»

Il est d'usage de conclure en disant que Pie XII fut confronté à une période difficile et particulièrement sombre de l'histoire.

 

Tetexte extrait du site http://wikipedia.org

 

II La Cause de Béatification de Pie XII

 

Du site www.dici.org :

1 La Cause de Béatification de Pie XII est bien avancée

Résumé : Le Père Peter Gumpel, jésuite allemand membre de la Congrégation pour la cause des saints, s’est exprimé le 27 avril lors du colloque sur le pape Pie XII...

 Le Père Peter Gumpel, jésuite allemand membre de la Congrégation pour la cause des saints, s’est exprimé le 27 avril lors du colloque sur le pape Pie XII, organisé par la revue catholique 30 jours, à l’université du Latran. 

Postulateur de la cause de Pie XII, le père jésuite a déclaré que « la cause de béatification et de canonisation » était « bien avancée ». « Une dernière réunion des théologiens de la Congrégation pour la cause des saints devrait avoir lieu avant l’été, a-t-il précisé, pour recueillir leur accord à cette cause ». Il faudra ensuite recevoir l’accord des cardinaux membres de la congrégation, puis enfin « la décision de Benoît XVI de déclarer l’héroïcité des vertus du serviteur de Dieu Pie XII ».

Par ailleurs, le père Gumpel s’est élevé contre « les attaques continuelles des communistes, des francs-maçons et de tous les groupes opposés à l’Eglise catholique » à l’égard du pape Eugenio Pacelli. Pour « démontrer la fausseté des légendes noires » qui circulent sur ce pape, le père jésuite a précisé que « plus d’un demi-million de juifs ont été sauvés » grâce à Pie XII, ce « que quiconque ne peut nier ».

Intervention appuyée par le rabbin américain David G. Dalin : « On ne peut pas accuser le pape et la chrétienté d’avoir collaboré avec les nazis » car « de nombreux juifs ont été sauvés par l’Eglise, et surtout grâce à l’intervention de Pie XII ». Le rabbin Dalin a précisé que 3000 juifs avaient été cachés à Castel Gandolfo et des milliers d’autres dans les congrégations religieuses de Rome et les bâtiments du Saint-Siège, leur permettant ainsi d’échapper à la grande rafle des juifs de Rome, en octobre 1943.

A l’ouverture du colloque Mgr Pietro Parolin, sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, a lu un message du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège. Regrettant de ne pouvoir participer au colloque le cardinal Sodano a exprimé l’hommage que rendait Benoît XVI à « l’œuvre considérable » de Pie XII « autant pour prévenir la Seconde Guerre mondiale que pour en soulager les douleurs et en accélérer le terme ».

La réponse du cardinal Fiorenzo Angelini, ancien président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a fusé : « Tout ceci n’est pas suffisant, il faut que Pie XII soit reconnu saint ». Invité à intervenir sur l’influence de Pie XII sur le Concile Vatican II (1962-1965), le cardinal Angelini a ajouté : « Vous direz à vos et à nos vénérés supérieurs que les engagements ne suffisent pas et qu’il faut agir ».  Et de préciser - en faisant allusion au « Santo subito ! » pour Jean-Paul II - que Pie XII n’avait « pas besoin des foules mais seulement de l’ample documentation » qui le concerne. 

2 Le Dossier de Béatification de Pie XII entre les main de Benoît XVI

Résumé : Le 8 mai 2007, les membres de la Congrégation pour les causes des saints ont reconnu les "vertus héroïques" de Pie XII. Le dossier devra désormais être remis à Benoît XVI, qui pourrait bientôt signer le décret déclarant « vénérable » le pape de la Seconde Guerre mondiale.

Pie XII doit être considéré « comme un juste », avait déclaré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le 24 janvier 2007. Pour lui, « il est clair que le silence du pape n’était pas un silence mais un ‘parler’ intelligent et stratégique, comme le montre le message radio de Noël prononcé en 1942 qui mit Hitler en furie ». « L’Eglise tient compte des milliers de juifs et des autorités juives qui, juste après la guerre, voulurent remercier personnellement Pie XII pour ses interventions et pour la stratégie qu’il mit en œuvre pour le sauvetage des juifs », avait-il ajouté.

 « La cause de béatification de Pie XII est bien avancée », avait pour sa part déclaré le postulateur de la cause du pape qui régna de 1939 à 1958, le père jésuite allemand Peter Gumpel, le 27 avril 2006.

Le 5 juin, le cardinal Bertone a de nouveau pris la défense du pape Pie XII à l’occasion de la parution du livre d’Andrea Tornielli, Pie XII, Eugenio Pacelli - Un homme sur le trône de Pierre . Le secrétaire d’Etat du Saint Siège a parlé de la « sainteté » du pape Pacelli, déclarant qu’il est aujourd’hui victime d’une « légende noire ». Le cardinal a mis en avant « l’œuvre silencieuse mais efficace de l’Eglise tout au long de l’existence d’un pasteur passé à travers les tourmentes de deux conflits mondiaux et la construction tragique du rideau de fer ». Il a rejeté les accusations de « silence présumé » de Pie XII. (sources : apic/imedia/zenit)

 

Pour approfondir

visitez absolument l'excellent site pie 12.com qui revient sur la fameuse légende noire concernant le Vénérable Pie XII et les nazis. Un bon retour à la vérité. Cliquer sur le lien ci-dessous pour y accéder.

www.pie12.com

 

Dernière mise à jour de la page

le 22 octobre 2007

 



09/10/2007
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