Spiritualité Chrétienne

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Sainte Marguerite de Cortone

Sainte Marguerite de Cortone

Pénitente, Tertiaire Franciscaine

+ en 1297

Fête le 22 février

 

Marguerite avait 16 ans, elle était coquette et malheureuse, et un jour de cette année 1263, dans la vallée qui sépare Cortone de Montepulciano elle songeait… Son père s'était remarié, sa marâtre ne l'aimait pas et lui rendait le foyer impossible.. Un jeune seigneur de Montepulciano, charmé de sa beauté lui avait promis le mariage…que faire! Elle fit, hélas ! ce que l'apparence trompeuse d'un bonheur, tel qu'elle le concevait, lui conseillait et prit la direction de Montepulciano. Cette décision devait lui coûter bien des larmes, mais grâce à la miséricorde de Dieu, celui qui sauve Marie de Magdala, elle devait faire d'elle une " Madeleine Franciscaine " par la pénitence et par l'amour.Durant neuf ans, elle vécut dans l'égarement, elle n'était pas épouse, mais elle était châtelaine et chaque jour elle éblouissait ceux qu'elle rencontrait par son luxe; c'est à la brllle et riche mondaine semblant heureuse sans l’être car elle pleurait souvent en secret, elle était en effet chrétienne et son âme était déchirée ; elle avait plutôt livré son honneur à la vanité, car son péché, elle ne l'aimait pas.Quelquefois même, comme on la raillait sur sa vie scandaleuse et sur sa coquetterie, elle faisait cette réponse déconcertante : " Rassurez-vous à mon sujet ; un jour viendra où je serai une sainte, et vous viendrez, le bourdon à la main, en pèlerinage à mon tombeau. " Comment ce miracle s'accomplirait-il, elle n'en savait rein, mais Dieu se chargea de la réaliser.


Son amant fut assassiné ; elle fit elle-même, dans un bois voisin, attirée par le chien du mort, la découverte de son cadavre caché sous un monceau de feuilles; elle s'assit près de lui et pleura ; n'ayant plus de place dans une maison où elle n'était plus rien, elle prit par la main l'enfant de son péché et regagna la demeure d'où elle s'était enfuie neuf ans auparavant.Son père laissé à lui-même l'aurait accueillie, mais sous l'influence de la marâtre il l'a rejeta; elle s'assit à quelques pas sous un figuier dont on voit encore les rejetons et la tentation de jadis se représenta; elle avait encore toute sa jeunesse, toute sa beauté ; elle trouverait facilement des seigneurs riches qui la rendraient heureuse, et si elle péchait maintenant, était-ce de sa faute, n'y était-elle pas forcée ! Mais cette fois, Dieu parla plus fort que le tentateur. S'étant levée elle alla droit à Cortone avec son jeune fils se mettre sous la direction des Frères Mineurs. A son entrée dans la ville elle fit la rencontre de deux dames bienfaisantes qui l'accueillirent dans leur maison et le repentir entra à flots puissants dans son cœur. Elle eut voulu retourner à Montepulciano pour demander pardon de ses scandales ; du moins le fit-elle à Laviano son village natal, en un jour de dimanche et pendant la grand'messe, et elle versa une telle abondance de larmes, que ses compatriotes d'abord étonnées, se mirent bientôt à pleurer avec elle. Après une épreuve de trois années, elle fut admise dans le Tiers-Ordre, et celle qui avait beaucoup péché se mit à aimer chaque jour davantage et à authentifier son amour par une pénitence inouïe.Elle se retira d'abord dans une petite maison solitaire, à proximité de l'église des religieuses, dont elle suivait assidûment les offices, s'occupant à soigner les femmes en couches ; elle fonda l'hôpital de la Miséricorde, encore existant aujourd'hui puis sur l'Ordre de Jésus lui-même elle entra dans une réclusion au sommet de la ville près de l'église Saint-Basile où elle resta jusqu'à sa mort.

Durant sa vie d'égarement, Marguerite fut malheureuse : " J'ai tout perdu, disait-elle, l'honneur, la dignité, la paix…sauf la foi. " Et cette foi émergeait en elle pour condamner son péché, pour rendre amer l'enivrement même qu'on peut y prouver et ce fut cette même foi, lumière divine et source de force qui l'incita à la pénitence, à la réparation, et quelle pénitence, quelle réparation ! Non contente de se mortifier, de se macérer, de coucher sur la dure, de se contenter d'un peu de pain, d'eau, et de quelques herbes pour nourriture, non contente de passer la plus grande partie de ses nuits dans la contemplation et la prière, de meurtrir son corps par le cilice et les sanglantes disciplines, elle aura surtout soif d'humiliation, de diffamations, elle aspirait au mépris, à devenir pour tous un objet de dégoût, elle eut souhaité qu'on lui jetât de la boue, qu'on la foulât aux pieds, et elle faisait irruption en pleine église criant son péché aux fidèles assemblés; elle étalait avec une amère complaisance le souvenir de ses débordements demandant à tous de la honnir. Et voici que le Christ l'élevait peu à peu, il en faisait sa fille puis son épouse ; il la désignait par miracle à l'attention des hommes de son temps. " Tu as été faite, lui disait-il, pour crier la paix aux habitants de Cortone, " Marguerite appelait la paix et les Cortonnais se réconciliaient : "tu avertiras l'évêque d'Arezzo de licencier ses troupes, et de faire la paix avec Cortone. Malheur à lui, s'il n'obéit pas ! Et la voix de la médiatrice de la paix désarmait l'évêque d'Arezzo, puis son regard portait plus loin; Jésus lui enjoignait de prier et de s'immoler pour que l'empereur et le roi de Sicile cessassent de disputer au Pape la possession de certaines terres dont il était le légitime souverain, et la dispute cessait. Voyant saint Louis mourir et Saint-Jean d'Acre menacé par les infidèles : " faites hâter le départ des Croisés, criait-elle aux Franciscains. Dieu l'ordonne. " Et l'idée de croisade tourmentait les consciences chrétiennes.

Sainte Marguerite fut donc dans l'Église la médiatrice de paix choisie par le Christ ; elle le fut aussi dans l'Ordre de Saint-François qui commençait à se diviser contre lui-même ; on se demandait si cet Ordre si glorieux à ses débuts, dans le sein duquel des lumières de sainteté avait brillé aussi nombreuses que les astres dans le sein de la nuit, qui avait fait triompher l'Église de la tyrannie de l'empereur Frédéric II d'Allemagne, n'allait pas s'enténébrer pour toujours et succomber à ses propres dissensions ; c'est alors que Marguerite fut chargée par le Christ de le rassurer et de le pacifier, elle démasqua l'hérésie des Fraticelles, fit triompher les partisans de la stricte observance, et Jésus par sa voix renouvela aux Franciscains l'expression de son éternel amour.De par la volonté de celui qui l'avait choisie elle joue même dans l' Ordre un rôle de prophétisme et déchirant les voiles de l'avenir elle lui montra et ses tribulations et ses grandes destinées; elle ne cessait en effet de prier Jésus pour la famille religieuse qui la guidait et la protégeait ou de l'interroger sur son avenir et devint ainsi, de par sa gratitude, le grand prophète de l'Ordre franciscain : ' Dis aux Frères Mineurs, lui commandait-il, qu'approche le temps pour lequel ils doivent se préparer à des tribulations, au milieu desquelles ils sembleront déchus de leur premier état ; mais je serai avec eux et il ne restera au monde aucune religion si aimée, aucun Ordre qui me servira au même point et encore sachent les Frères Mineurs que je leur ai donné et leur donnerai des grâces plus abondantes qu'à quelqu 'autre Ordre religieux qui soit au monde. Cependant, qu'ils se préparent à porter des tribulations par lesquelles ils me ressembleront, et je serai avec eux, et qu'ils ne craignent point de ce que je veux leur vie semblable à la mienne, car jamais je ne les abandonnerai. Ils auront un Pape qui semblera mettre en ordre le monde entier, et il le dispersera plutôt. Après cette tribulation, j'exalterai ledit Ordre et le rendrai magnifiquement sublime. Qu'il puise donc en moi la force et ne désire plaire qu'à moi seul et que ses religieux reçoivent avec soin tous ceux qu'ils peuvent amener à l'Ordre petits et grands.

 

Tiré des Fleurs Franciscaines Vol.112






09/01/2008
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