Spiritualité Chrétienne

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Sainte Maravillas de Jésus 2

Sainte Mère Maravillas de Jésus

1891-1974

Fête le 11 décembre


Lorsque le 4 novembre 1891 un quatrième enfant naît à Madrid au foyer de la marquise de Pidal, Doña Cristina Chico de Guzmàn y Muñoz, on lui donne le nom sous lequel est vénérée au village maternel la Sainte Vierge, Notre-Dame des Merveilles : Maravillas. La jeune enfant reçoit une éducation pieuse, et se donne très tôt tout entière au Seigneur. A cinq ans, elle fait à sa manière un vœu de chasteté et elle dira plus tard que sa vocation à la vie consacrée est née avec elle. En plus de ses études, elle a le souci de cultiver sa vie de piété et elle se dévoue en aidant de nombreuses familles pauvres. Mais son père, ambassadeur d'Espagne auprès du Saint-Siège, ne veut pas d'une fille religieuse. « Le monde, que je me vis un temps obligée de fréquenter, n'avait aucun attrait pour moi et je désirais me consacrer à Dieu. » A la mort de son père en 1913, elle doit encore demeurer à la maison pour soutenir sa mère, et elle mène une vie de prière et de bonnes œuvres, malgré son désir de devenir religieuse. Attirée par la spiritualité de sainte Thérèse de Jésus et de saint Jean de la Croix, et animée par son amour pour la Vierge Marie, elle aimerait entrer au Carmel. C'est en 1919 qu'elle reçoit enfin l'autorisation de sa mère, et le 12 octobre elle rejoint le monastère de l'Escurial à Madrid, où elle devient Sœur Maravillas de Jésus.


Le 30 mai de cette année 1919, le roi Alphonse XIII a consacré l'Espagne au Sacré-Cœur de Jésus, à

l'issue d'une cérémonie solennelle célébrée sur la Colline des Anges (El Cerro de los Angeles), où a été achevée la construction d'une statue du Sacré-Cœur. Mais la Colline est bientôt laissée à l'abandon. Maravillas reçoit alors de Jésus l'inspiration d'y fonder un Carmel : « Ici, Je veux que toi et les autres épiscopales, et les travaux commencent. Dans l'attente de l'achèvement de ce nouveau Carmel, elle s'installe avec trois autres sœurs dans la petite maison de Getafe en mai 1924 ; c'est là qu'elle fait sa profession solennelle. Deux ans plus tard, en 1926, et malgré ses profondes réticences, elle est élue prieure, et le couvent est inauguré le 31 octobre. Les vocations affluent, mais dès 1931 commencent les persécutions religieuses. Mère Maravillas obtient de Rome l'autorisation de sortir de la clôture pour défendre, si besoin est, le monument du Sacré-Cœur. Elle ne dort alors que trois heures par nuit, passant de longues heures en prière près du tabernacle. « Ma souffrance de voir offenser Dieu, de voir l'Espagne si loin de Lui augmente sans cesse ; mais cette souffrance, si vive et si profonde, ne m'enlève pas la Paix. » Elle accepte en 1933 la fondation d'un monastère à Kottayam en Inde, où elle envoie huit moniales, mais on lui interdit de les suivre.


Elle est chassée de la Colline par la guerre civile en juillet 1936, et trouve refuge avec ses religieuses dans un petit appartement de Madrid, où elles vivent pendant 14 mois dans les privations et les sacrifices au milieu des menaces et des contrôles. En août 1937, elle peut emménager avec sa communauté dans un couvent qu'elle a racheté, dans la province de Salamanque. Mais dès 1939, elle laisse là une partie de ses sœurs et retourne sur la Colline. De la statue du Sacré-Cœur, il ne reste que des ruines, et le couvent est dans un état déplorable. Après deux mois de travaux, la clôture y est de nouveau posée. « Mes enfants, nous ne recommencerons plus d'autres fondations » affirme-t-elle alors. C'est sans compter sur les vocations nouvelles qui vont affluer…


Elle fonde tout d'abord deux nouveaux Carmels, à Mancera en Salamanque en 1944, puis à Duruelo

près d'Avila en 1947, deux lieux qui virent passer au XVI° siècle saint Jean de la Croix. Puis les fondations s'enchaînent : en 1950 à Cabrera – et elle envoie la même année trois sœurs pour soutenir un carmel de l'Equateur -, Arenas de San Pedro en 1954, en 1956 le Carmel de San Calixto dans la sierra de Cordoba, en 1958 le couvent d'Alcantara aux environs de Madrid, puis en 1961 celui de La Aldehuela, où elle vivra jusqu'à sa mort. De santé fragile, Mère Maravillas souffre de pneumonies à répétitions. En 1972, elle se remet d'un arrêt cardiaque, mais de graves problèmes circulatoires usent ses dernières forces. En décembre 1974, le médecin n'a plus d'espoir et charge la sous-prieure de l'annoncer à la Mère. « Quelle joie !... Quel bonheur de mourir carmélite ! » Et lorsqu'elle meurt le 11 décembre à 83 ans, c'est un défilé ininterrompu qui commence dans la chapelle du Carmel.


Tout au long de sa vie religieuse, Mère Maravillas a formé ses consoeurs par le témoignage de ses vertus et s'est distinguée par sa vie mystique, son ardeur apostolique et la bonté unie à la fermeté envers celles qui la considéraient comme une véritable mère. Donnant toujours l'exemple, se dépensant sans compter, sa joie n'a jamais faibli au milieu des épreuves sans nombre qu'elle a rencontrées. Elle accordait au silence une valeur toute particulière. « Plus on garde le silence pendant les journées, plus les récréations sont gaies » disait-elle. Elle corrigeait toujours avec douceur. « Ne vous découragez jamais et faites oublier votre infidélité par un amour plus intense encore. » Sa devise résumait son seul désir, qui était d'accomplir la volonté de Dieu : « Si tu Le laisses faire… » Sa vie intérieure, riche mais très discrète, ne fut connue que grâce aux lettres à ses directeurs spirituels (grâces de purification et d'union).


Béatifiée par Jean-Paul II le 10 mai 1998, Mère Maravillas a été canonisée le 4 mai 2003. « Sainte Maravillas de Jésus vécut animée par une foi héroïque, formée à travers une vocation austère, plaçant Dieu au centre de son existence. […] Les nouveaux saints ont des visages très concrets et leur histoire est bien connue. Quel est leur message ? Leurs œuvres, que nous admirons et pour lesquelles nous rendons grâce à Dieu, ne sont pas le produit de leurs forces ou de la sagesse humaine, mais sont dues à l'action mystérieuse de l'Esprit Saint, qui a suscité en eux une adhésion indéfectible au Christ crucifié et ressuscité et la volonté de l'imiter… laissez-vous interpeller par ces merveilleux exemples ! En rendant grâce au Seigneur pour les si nombreux dons qu'il a répandus en Espagne, je vous invite à demander avec moi que, sur cette terre, continuent de fleurir de nouveaux saints. D'autres fruits de sainteté naîtront si les communautés ecclésiales conservent leur fidélité à l'Evangile qui, selon une vénérable tradition, fut prêché dès les premiers temps du christianisme et s'est conservé à travers les siècles. De nouveaux fruits de sainteté naîtront si la famille sait rester unie, en tant qu'authentique sanctuaire de l'amour et de la vie. "Cette foi chrétienne et catholique... constitue l'identité du peuple espagnol". […] N'abandonnez pas vos racines chrétiennes ! Il n'y a qu'ainsi que vous serez capables d'apporter au monde et à l'Europe la richesse culturelle de votre histoire. » (Jean-Paul II, extrait de l'homélie de la messe de canonisation, Madrid, 4 mai 2003).

 



02/04/2009
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