Spiritualité Chrétienne

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Sainte Jeanne Jugan

Sainte Jeanne Jugan

Fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres

1792-1879

Fête le 29 août


Jeanne Jugan est née à Cancale, petit port de mer (au hameau des Petites Croix), le 25 octobre 1792 (en pleine révolution), de parents pauvres, mais honnêtes et vertueux. Son père, marin de profession, se nommait Joseph Jugan et sa mère Marie Horel. De leur union naquirent sept enfants (deux garçons et cinq filles) : Jeanne vint au monde la cinquième. Des sept enfants, trois moururent en bas âge. Joseph Jugan s'en allait chaque année comme la plupart des Cancalais sur les bancs de Terre-Neuve pour la grande pêche... et un jour il ne revint pas. Il disparut en mer en 1798. Jeanne Jugan n'avait que cinq ans. Afin d'aider sa mère, Jeanne passa plusieurs années comme employée de cuisine, au service de Mme la Vicomtesse de la Chouë, à la Mettrie-aux-Chouettes, en Saint-Coulomb (paroisse limitrophe de Cancale). Puis elle entra comme infirmière à l'hôpital de Rosais, sur la Rance. Jeanne avait alors pensé se marier, puis au cours d'une mission, elle avait compris que Dieu la voulait toute à lui, pour une oeuvre,... mais sans savoir laquelle... Alors elle attendait, en secourant les malheureux. Obligée de quitter la maison paternelle en 1817 à cause de la pauvreté de sa famille, Jeanne vint à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) à l'âge de vingt-cinq ans. Elle  y a servi en plusieurs maisons avec une grande fidélité et sa conduite y a toujours été d'une régularité parfaite. Elle a servi, entre autres personnes, une ancienne demoiselle, Mlle Marie Lecoq, toute occupée de bonnes œuvres et alors sa joie la plus douce était de seconder sa chère maîtresse dans les pieux exercices de sa charité. Celle-ci étant morte, Jeanne s'est retirée à sa part, sans revenus et travaillant pour vivre. Mais pressée du désir de faire le bien, elle n'a pas été longtemps sans trouver l'occasion d'exercer son zèle, aidée en cela par une amie de rencontre Françoise Aubert, dite Fanchon, avec laquelle elle se mit en ménage (Fanchon restait au logis tandis que Jeanne allait en journée pour gagner le pain quotidien). Saint-Servan, quoique comptant une population assez considérable, et une population de marins, qui trop souvent, décimés par les dangers de la mer laissent leurs vieux parents sans ressource, Saint-Servan n'avait point d'hospice ni aucun lieu pour recueillir la vieillesse indigente de l'un et l'autre sexe, de sorte que beaucoup de malheureux vieillards y étaient exposés à toute sorte de misères. Leur triste position attendrit le cœur de Jeanne, elle entreprend de venir à leur secours. Mais comment fera-t-elle ? Elle n'a pas de fortune, n'importe. Elle se confie en Dieu... Au commencement de l'hiver 1839, elle apprend qu'une vieille femme pauvre infirme et aveugle (nommée Anne Chauvin, veuve Haneau) vient de perdre sa sœur, l'unique personne qui la soignait et qui allait lui chercher son pain ; touchée de son sort, Jeanne la fait transporter dans sa maison et l'adopte pour sa mère. La nourriture de cette première ne l'inquiète pas beaucoup : pour la faire vivre, elle travaillera plus avant dans la nuit. Peu de temps après, une ancienne servante (nommée Isabelle Coeuru ou Quéru) qui avait servi fidèlement et sans gages jusqu'à leur mort ses maîtres tombés dans la détresse, et qui non seulement les avait servis ainsi, mais avait dépensé pour eux toutes ses économies, et, tout étant épuisée, avait fini par aller leur chercher du pain et à elle aussi ; après leur décès, faible et infirme elle expose à Jeanne son triste sort : celle-ci à l'instant la recueille avec joie. Cette double conquête ne fait que stimuler son zèle et celui de ses deux nouvelles amies Marie Jamet (fille d'un maçon) et Virginie Trédaniel (orpheline) qui décident le 15 octobre 1840, à eux trois, de former une association de charité. Ce groupe allait bientôt compter de nouveaux membres. C'était déjà l'embryon d'une grande congrégation qui s'appellera bien plus tard, les "Petites Soeurs des Pauvres". Ne pouvant plus, dans sa maison trop petite recevoir d'autre malheureux, Jeanne Jugan en loue une plus grande et y entre le 1er octobre 1841. Un mois après sa nouvelle maison est remplie partout ; douze pauvres vieilles femmes y trouvent un abri. Mais pour les nourrir que fera Jeanne? Quelque peu d'argent qu'elle avait réservé est bientôt consommé. Alors sa charité la rend ingénieuse. Puisque je n'ai plus de pain à leur donner, dit-elle, eh bien ! j'irai leur en chercher : aussi bien, cette tâche me convient mieux qu'à ces misérables, cassés par les ans et les infirmités. Elle réalise ainsi sa pensée : elle demande à chacun de ses pauvres le nom des personnes bienfaisantes qui l'assistaient, et elle va elle-même solliciter leurs aumônes. Tous consentent volontiers, et avec juste raison ; car, au lieu qu'auparavant ces malheureuses avaient la fatigue et l'humiliation de mendier, et souvent ils abusaient de ce qui leur était donné, Jeanne remplit cette tâche à leur place, et chacun est sûr que son aumône est bien placée. Le 29 mai 1842, le groupe d'associés s'assemble avec l'abbé Le Pailleur afin de s'organiser en vue de l'avenir. Elles décident de prendre alors le nom de "Servantes des Pauvres" et choisissent Jeanne Jugan (qui prend le nom de "Soeur Marie de la Croix") pour supérieure et lui promettent obéissance. On va visiter la maison de Jeanne, l'intérêt général s'attache à une œuvre si douce. On sent le besoin de donner enfin un asile à la vieillesse abandonnée. Plusieurs personnes généreuses se réunissent pour procurer une maison plus spacieuse. Cette maison est acquise. On la cède à Jeanne ; mais on ne peut faire davantage ; ainsi on la prévient que si le nombre de ses pauvres augmente, ce sera à elle à pourvoir à leur nourriture et à leur entretien. N'importe, Jeanne accepte, pensant que la Providence, qui l'a si bien servie jusqu'ici, ne lui fera pas défaut, et elle entre avec joie dans sa nouvelle demeure le 1er octobre 1842. Bientôt, au lieu de douze pauvres, elle en a vingt, de vingt elle passe à trente ; un an après, sur la fin de 1843, elle en avait quarante, et aujourd'hui, ô bénédiction ! elle compte autour d'elle une famille de soixante-cinq misérables des deux sexes, tous vieux ou infirmes, ou estropiés, ou manchots, ou idiots, ou atteints de maux incurables, tous arrachés à la misère dans leurs greniers, ou à la honte de mendier dans les rues, beaucoup arrachés aux vices que le vagabondage traîne après soi. Mais qui pourrait dire le zèle de cette fille à recueillir les pauvres ! Que de fois, allant elle-même les chercher en leur triste réduit, elle les a déterminés à la suivre, ou, s'ils ne pouvaient marcher, se chargeant d'eux comme d'un précieux fardeau, elle les a emportés avec bonheur dans sa maison. Un jour, elle apprend qu'un vieillard de soixante-douze ans, Rodolphe Laine, ancien marin, non pensionné, est abandonné dans un caveau humide. Elle s'y rend, elle aperçoit un homme au visage exténué, couvert de haillons à moitié pourris, et jeté sur ce qui avait été de la paille autrefois et n'était plus qu'un hideux fumier. Ce malheureux avait une pierre pour oreiller ; son caveau étant au bas d'une maison de pauvres, ceux-ci lui donnaient quelques morceaux de pain, et il vivait ainsi depuis deux ans. A cet aspect Jeanne est émue de la plus vive compassion, elle sort, va confier ce qu'elle a vu à une personne bienfaisante, et arrive un instant après avec une chemise et des vêtements propres. Quand le vieillard est changé, elle transporte ce nouvel hôte en sa maison, et aujourd'hui il jouit d'une bonne santé. On pourrait citer bien d'autres traits du même genre. Elle a recueilli une petite fille de cinq ans, Thérèse Poinso, orpheline et estropiée, de laquelle personne ne voulait ; une autre fois, une jeune personne de quatorze ans, Jeanne Louette, que ses parents dénaturés, quittant notre ville, avaient abandonnée ; elle a recueilli cette malheureuse lorsqu'on la traînait à un lieu de prostitution. Un jour, une fille de mauvaise vie, ne pouvant plus sustenter sa vieille mère, la veuve Colinet, l'apporte et la jette dans la rue en face de la maison de Jeanne : cette pauvre femme avait à la jambe un ulcère horrible, c'est une raison pour qu'elle soit reçue avec plus de bonté. Un autre jour, c'était au milieu de l'hiver, par un froid rigoureux et à la nuit tombante, deux enfants de neuf à dix ans du fond de la Basse-Bretagne et ayant fui, parce qu'ils n'avaient pas de pain, la maison paternelle, sont trouvés dans nos rues errant et frappant à toutes les portes. Personne ne les reçoit les pauvres petits car ils n'ont pas d'argent. Une voix s'écrie : il faut les conduire à Jeanne ; Jeanne, en effet, les reçoit et les nourrit jusqu'à ce que, par les soins de l'Administration, qu'elle en informe, ils soient reconduits au domicile de leurs parents. (A l'exception de ces deux enfants, les autres malheureux que Jeanne a recueillis, ceux-ci dessus dénommés et les autres, sont domiciliés de Saint-Servan). Excités par son exemple, trois personnes (Fanchon, Marie et Virginie) se sont unies à elle pour partager ses soins et ses fatigues. Celles-ci vaquent à l'intérieur à tous les ouvrages les plus pénibles avec un dévouement admirable et même au détriment de leur santé, tandis qu'à l'extérieur Jeanne, infatigable, se multiplie en proportion du nombre de ses pauvres. Elle est sans cesse en marche, quelque temps qu'il fasse, un panier au bras, et elle le rapporte toujours plein. Car, non seulement, ainsi que nous l'avons dît, elle recueille les aumônes des personnes charitables qui veulent bien l'assister pour les pauvres qu'elle a chez elle et qui ne fréquentent plus leur porte ; mais elle recueille encore, par une pieuse industrie, les restes de leur table, le vieux linge et les vêtements qui ne servent plus ; et ainsi, ce qui souvent serait perdu lui aide à nourrir et à vêtir ses pauvres. Pour plaider leur cause, elle est vraiment éloquente, on l'a vue souvent fondre en larmes en exposant leurs besoins ; aussi il est difficile de lui résister, et presque toujours elle a réussi à amollir les cœurs les plus durs. Du reste elle n'importune personne : si on la rebute, elle se retire aussitôt sans manifester le moindre mécontentement, disant : une autre fois vous nous assisterez. Elle a identifié véritablement son sort avec celui des pauvres, elle est vêtue comme eux de ce qu'on lui donne, elle se nourrit des restes comme eux, ayant soin de réserver toujours la meilleure part à ceux qui sont malades ou plus infirmes ; et les personnes qui la secondent imitent son exemple. Enfin l'ordre règne dans cette maison. Le travail y est organisé. Un docteur médecin a la bonté de visiter gratuitement ceux qui sont malades, il y a même élevé une petite pharmacie. Les pauvres sont traités avec douceur et tenus avec une grande propreté. Ceci est à la connaissance de tous ceux qui ont visité la maison, et est attesté par les vieillards eux-mêmes qui s'y plaisent. Ainsi, par tant de soins et par les moyens faciles qu'elle a su employer et qui ne grèvent personne, en même temps qu'elle a gagné la confiance de la ville de Saint-Servan, Jeanne Jugan est parvenue à arracher soixante cinq malheureux au froid, à la misère, elle a débarrassé nos rues du hideux spectacle de leur mendicité, et en moins de quatre ans elle a commencé de fonder un véritable hospice ou, comme on l'appelle généralement, une maison d'asile pour les pauvres vieillards et infirmes.


(extrait du texte écrit par Douville, le 21 décembre 1844)


Jeanne Jugan mourut le vendredi 29 août 1879 à 86 ans, après avoir passé les 26 dernières années de sa vie à la Tour Saint-Joseph, dans le village de Saint-Pern - 35 (il s'agit de la maison où étaient formées les jeunes filles qui voulaient être Soeurs des Pauvres). Ses funérailles auront lieu dans la plus grande simplicité. Jusqu'à son exhumation, qui eut lieu le 5 mars 1936, le corps de Jeanne Jugan reposait dans le paisible cimetière de la Tour Saint-Joseph. A l'époque où Jeanne Jugan passa de vie à trépas, l'Institut qu'elle avait fondé comprenait, après seulement quarante années d'existence, 2 488 religieuses, 177 maisons dispersées à travers le monde, et il hospitalisait environ 20 500 vieillards. Jeanne Jugan est proclamée "Bienheureuse" le 3 octobre 1982. Aujourd'hui l'on compte par le monde 6 000 Petites Soeurs, 307 maisons et près de 52 000 vieillards.


Nota : sa maison actuellement lieu de pèlerinage et de méditation, a été conservée telle qu'elle était en 1792.


Miracle de Jeanne Jugan


Guérison du Docteur Edward Erwin GATZ d’un adénocarcinome de l’œsophage. Le Docteur Edward GATZ est médecin anesthésiste aux Etats Unis d'Amérique, actuellement retraité et résidant à Omaha, Nebraska. Il est né le 19 avril 1937 à O’Neil, Nebraska. À l’âge de 51 ans, il commença à accuser des troubles dyspeptiques (de la digestion) avec perte de poids et apparition de grosseurs diffuses sur les mains. Le diagnostic fut interprété comme un syndrome paranéoplasique dû à un cancer occulte. Une endoscopie du 9 janvier 1989 révéla la présence d’une lésion cancéreuse dans la partie inférieure de l’œsophage. Le malade fut hospitalisé à la Clinique Mayo de Rochester, Minnesota, et opéré le 18 janvier 1989 pour une œsophago-gastrectomie partielle. La biopsie montra un adénocarcinome du IIIème degré, et l’examen précisa qu’il s’agissait d’une tumeur aneuploïde. Il fut conseillé au docteur Gatz la chimiothérapie, mais le patient la refusa ; de même pour la radiothérapie. Le jour même où fut diagnostiqué le cancer du Docteur Gatz (le 9 janvier 1989), son épouse s’adressa à un prêtre, le P. Richard D. McGloin, s.j., lui racontant les faits et cherchant un peu de réconfort. Ce prêtre encouragea Madame Gatz à prier en lui remettant la prière de la neuvaine à la Bienheureuse Jeanne Jugan qu’il connaissait par les Petites Sœurs des Pauvres, ayant été auparavant Aumônier dans leur maison de Milwaukee, et qu’il vénérait. Avec lui, Mme Gatz a commencé à prier Jeanne Jugan tous les jours, même après le contrôle du 8 mars. En effet, le 8 mars 1989 eut lieu le premier contrôle endoscopique. La biopsie montra la présence d’une gastrite chronique mais aucun signe de récidive de la tumeur. Alors que tous les médecins étaient d’accord pour dire que le Dr. Gatz ne pourrait survivre au-delà « de 6 mois à 13 mois », il est, au contraire, aujourd’hui encore en vie et vigoureux à l’âge de 71 ans. La promulgation du décret de la Congrégation pour les causes des Saints autorisée par Benoît XVI reconnaissant le miracle par l’intercession de la Bienheureuse Jeanne Jugan (Sœur Marie de la Croix) fut signée le 6 décembre 2008.


Dates importantes de la vie de Sainte Jeanne Jugan


25 octobre 1792 : Naissance de Jeanne à Cancale (Ille-et-Vilaine). 6e enfant de Joseph Joucan et de Marie Horel.

Avril 1796 : Disparition de son père en mer.

1810 : Jeanne est au service de la vicomtesse de la Chouë, comme aide-cuisinière, à Saint- Coulomb, près de Cancale.

1816 : Grande mission donnée à Cancale. Jeanne suit les exercices de la mission. Jeanne décline définitivement la demande en mariage d’un marin de Cancale. Elle confie à sa mère : « Dieu me veut pour lui. Il me garde pour une œuvre qui n’est pas connue… ».

1817 : Jeanne quitte Cancale pour Saint-Servan. Elle entre à l’hôpital du Rosais, comme aide infirmière. Jeanne a vingt-cinq ans. Date présumée de son entrée dans le Tiers-Ordre du Cœur de la Mère Admirable, fondé au XVIIème siècle, par St Jean Eudes.

1823 : Une grande fatigue l’oblige à quitter le Rosais. Elle est accueillie chez Mlle Lecoq à Saint-Servan, plus en qualité d’amie que de domestique. Ensemble les deux femmes visitent les pauvres qui sont nombreux.

27 juin 1835 : Décès de Mlle Lecoq. Jeanne fait des journées de travail dans les familles aisées de la région.

1837-1838 : Jeanne, avec l’une de ses amies, Françoise Aubert, loue un appartement au 2ème étage du n° 2 de la rue du Centre, à Saint-Servan.

Hiver 1839 : En accord avec ses deux compagnes, Françoise Aubert et Virginie Trédaniel, Jeanne recueille une personne âgée, aveugle et infirme, Anne Chauvin. Elle lui cède son lit et s’installe elle-même au grenier. Une seconde personne est accueillie, peu après. Virginie Trédaniel et une amie, Marie Jamet, secondent Jeanne dans sa tâche hospitalière. C’est l’humble début d’une grande œuvre. Jeanne a 47 ans.

Décembre 1840 : Madeleine Bourges, jeune ouvrière malade, vient se faire soigner chez Jeanne. Guérie, elle se joint à Virginie et Marie.

1er octobre 1841 : Jeanne et ses compagnes, avec les personnes qu’elles ont accueillies, quittent l’appartement de la rue du Centre pour un logement moins étroit : un rez-de-chaussée, rue de la Fontaine.

1841-1842 : Conseillée par les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, Jeanne inaugure la quête.

2 février 1842 : Les demandes d’entrée de personnes âgées ne cessent d’augmenter. Acquisition de l’ancien couvent des Filles de la Croix à Saint-Servan.

29 mai 1842 : Jeanne est élue supérieure de la petite association, en présence de l’abbé Le Pailleur, vicaire à la paroisse de Saint-Servan. Élaboration d’un règlement hospitalier. Adoption du nom de « Servantes des Pauvres ».

Octobre 1842 : Marie Jamet quitte sa famille et entre dans la petite association, portant à quatre le nombre des « Servantes des Pauvres ».

21 novembre 1842 : Jeanne et Marie font à titre privé, le vœu d’obéissance pour un an.

8 décembre 1842 : Virginie et Madeleine le font à leur tour.

8 décembre 1843 : Réélection de Jeanne comme supérieure.

23 décembre 1843 : L’abbé Le Pailleur, de sa propre autorité, casse cette élection et choisit Marie Jamet pour la remplacer.

4 février 1844 : Les « Servantes des Pauvres » changent leur nom en celui de « Sœurs des Pauvres ».

11 décembre 1845 : Le prix Montyon est décerné à Jeanne pour son œuvre, par l'Académie française.

1846 : Jeanne quête à Rennes. Fondation d’une maison dans cette ville. Jeanne à Dinan où elle ouvre une troisième maison. Visite du romancier anglais Charles Dickens. Les journaux de Rennes et de Dinan font, à plusieurs reprises, l’éloge de Jeanne Jugan.

1847 : A la demande de Monsieur Dupont (le « saint homme de Tours »), les Sœurs arrivent à Tours. Premier chapitre général des « Sœurs des Pauvres » à Saint-Servan. Jeanne n’y est pas invitée.

13 septembre 1848 : Article de Louis Veuillot, en première page de L’Univers, sur l’œuvre de Jeanne.

1848 : La maison mère et le noviciat s’installent à Tours.

10 février 1849 : Arrivée de Jeanne à Tours. Vers cette époque, l’appellation populaire « Petites Sœurs des Pauvres » est définitivement adoptée.

3 avril 1850 : Jeanne fonde une maison à Angers. Le nombre des Petites Sœurs (novices et postulantes comprises) dépasse la centaine.

29 mai 1852 : Approbation diocésaine de l'Institut par Mgr Brossais Saint-Marc, évêque de Rennes.

1852 : La maison mère et le noviciat reviennent à Rennes. Jeanne aussi est rappelée à Rennes. Elle doit cesser toute activité et toute relation suivie avec les bienfaiteurs. Commence alors sa longue retraite…

9 juillet 1854 : Approbation pontificale de l'Institut par le pape Pie IX.

1856 : Le 30 janvier, acquisition de la propriété de La Tour sur la commune de Saint-Pern (Ille-et-Vilaine). La maison mère et le noviciat s’y installent au début d’avril. Jeanne y arrive aussi. Reléguée au milieu des novices et des postulantes, elle partagera leur vie jusqu’à sa mort.

1er mars 1879 : Le pape Léon XIII approuve, pour sept ans, les Constitutions de la Congrégation qui compte alors 2 400 Petites Sœurs.

29 août 1879 : Décès de Jeanne Jugan, âgée de 86 ans, à La Tour Saint-Joseph.

3 octobre 1982: Béatification de Jeanne Jugan à Rome par le Serviteur de Dieu Jean Paul II.

11 octobre 2009: Canonisation de la Bienheureuse Jeanne Jugan à Rome par le Pape Benoît XVI.


La Congrégation des Petites Soeurs des Pauvres


Spiritualité


« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir ». À l’avidité de progrès et de liberté de ses contemporains, Jeanne Jugan apporte le témoignage transparent de la révélation des mystères de Dieu aux « petits ». Toujours Jeanne Jugan vit sa foi avec la simplicité des « petits ». Elle avance résolument, portant sur les événements et les personnes le regard d’une foi vivante, génératrice d’espérance et ouvrière de charité. Vingt ans d’appartenance au Tiers-Ordre de la Mère Admirable avait déjà simplifié son âme, par la contemplation du mystère de Jésus et de Marie. Ainsi la spiritualité de saint Jean Eudes l’avait-elle préparée à pénétrer la richesse surnaturelle de l’hospitalité pour accomplir sa propre mission hospitalière avec simplicité, humilité, union à Dieu dans la prière et la charité.La divine Providence donne un très puissant appui à l’œuvre de Jeanne Jugan dans la tradition de charité de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu. Sans empêcher le développement de son œuvre, selon son charisme et son caractère spécifique, il lui communique son grand souffle de charité hospitalière. À cet Ordre, Jeanne Jugan doit aussi le « vœu d’hospitalité », par lequel le service des Vieillards pauvres est élevé à la dignité d’un acte de la vertu de religion. Ces deux grands courants spirituels venus – par un dessein de Dieu – se rejoindre en l’âme de Jeanne Jugan, y créent une capacité d’ouverture universelle. L’expansion très rapide de son œuvre lui montre que Dieu la destine à une vocation de charité qui ne pourra se réaliser que par un attachement indéfectible à l’Église. Sa tâche terrestre s’achève quand elle voit sa petite barque solidement amarrée à celle de l’Église.


Charisme


L'esprit de la Congrégation est l'esprit évangélique exprimé par Jésus dans les béatitudes. Jeanne Jugan, fidèle à l'inspiration de l'Esprit Saint, a fait resplendir en sa vie la douceur et l'humilité de cœur, qui lui ont permis de se livrer, dans la simplicité, à la joie de l'hospitalité.


C'est ce qu'exprime le nom "Petite Sœur des Pauvres".


Pour Jeanne Jugan, le Pauvre définit sa vocation. Dieu l'a attendue dans « le Pauvre »; elle l'a rencontré dans "le Pauvre". Être Petite Sœur « des Pauvres » rappelle aux Petites Sœurs ceux à qui elles se sont vouées, leur désir d’aller toujours vers les plus pauvres, de créer un courant de collaboration apostolique et de charité fraternelle, pour secourir le Christ dans les pauvres. Personnellement, c’est une invitation à communier à la béatitude de la pauvreté spirituelle, les acheminant vers le dépouillement total qui livre une âme à Dieu. La grâce de l’hospitalité envers les Vieillards pauvres, charisme de Fondatrice de Jeanne Jugan, est accueillie par elle avec simplicité d’âme. Suivant son charisme propre, elle trouva dans le vœu d'hospitalité un moyen privilégié de signifier le don de nous-mêmes à notre apostolat de charité. L'hospitalité consacrée est un témoignage au milieu du monde de la miséricorde du Père et de l'amour compatissant du Cœur de Jésus.


(Extraits des Constitutions des Petites Sœurs des Pauvres)


Aujourd'hui, les Petites Sœurs des Pauvres poursuivent et actualisent la démarche initiale de Jeanne Jugan : Elles accueillent, réconfortent, soignent et accompagnent jusqu'au terme de leur existence les aînés placés par Dieu sur leur route : ceci dans le plus grand respect de leur vie, de leurs relations familiales, de leurs convictions, en collaboration avec un personnel salarié, les Membres de l'Association Jeanne Jugan, des bénévoles. Elles le font en réponse à l'appel du Christ qui les consacre dans son amour par les vœux de chasteté, pauvreté, obéissance et hospitalité pour le service joyeux des Personnes Âgées, au sein de communautés fraternelles internationales. L'esprit des béatitudes fonde et nourrit l'engagement des Petites Sœurs. Elles tendent à le vivre dans l'humilité, la simplicité, une confiance inconditionnée en la bonté de Dieu, qui se traduit, comme aux origines, par la fidélité à la quête, Dieu ayant confié chacun à l'amour de tous. Missionnaire, la Congrégation voit dans l'élargissement de son apostolat jusqu'aux extrémités de la terre, une grâce de renouvellement et une source de vitalité.


Les Petites Sœurs des Pauvres en 2009 dans le monde


La Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres compte aujourd'hui : 2.710 Petites Sœurs, dont 60 novices; 202 maisons accueillant 13.232 résidents; 2.065 Membres de l'Association Jeanne Jugan (Laïcs associés).


Présence sur les cinq continents


Afrique Algérie - Bénin - Congo Brazzaville - Kenya - Nigéria

Amérique du Nord : USA – Canada

Amérique du Sud : Argentine - Chili - Colombie - Pérou

Asie : Corée - Hong Kong - Inde - Malaisie - Philippines - Sri Lanka – Taiwan - Turquie

Europe : Angleterre - Belgique - Écosse - Espagne - France - Irlande - Italie - Malte - Portugal

Océanie : Australie – Nouvelle-Calédonie – Nouvelle-Zélande - Samoa Occidentales


Fondations au cours des vingt dernières années


Tibú (Colombie) 1989

Suwon (Corée) 1990

Chonju (Corée) 1997

Séoul (Corée) 1997

Cotonou (Bénin) 1999

Osorno (Chili) 1999

Kwangju (Corée) 2000

Cartago (Colombie) 2003

Jabalpur (Inde) 2004

Manille (Philippines) 2004

Tacna (Pérou) 2006

Bolinao (Philippines) 2007.


(Petites Soeurs des Pauvres – Saint-Pern)


Texte extrait de www.infobretagne.com


Jeanne Jugan et moi

Petit témoignage personnel


Jeanne Jugan, est ma compatriote.... Je suis né à Saint Malo, situé à une dizaine de kilomètres de Cancale, et j'ai passé toute mon enfance a quelque 50 kilomètres de Saint Pern, ou elle repose en attente de la résurrection. J'ai fais des camps de scouts juste à coté de St Pern, et ai souvent lu et relu sa biographie écrite par Paul Milcent, que je possède encore.... Au catéchisme, l'on m'en a souvent beaucoup parlé, de son engagement pour les personnes âges les plus pauvres.... Ainsi, une réelle fascination s'est exercée vis a vis de Jeanne Jugan, qui a toujours été présente dans ma vie... Partout ou je suis passé, un couvent des Petites Soeurs des Pauvres « Ma Maison », dans lesquels je me sens un peu chez moi... Cette présence discrète de Jeanne à mes cotés ne s'est jamais démentie.... Ainsi, c'est avec beaucoup d'émotion, et les larmes aux yeux, que j'ai pu suivre la Messe de Canonisation de celle que j'ai toujours considérée comme mon aînée dans la Foi. A l'heure actuelle, dans mon engagement auprès des personnes malades et handicapées, c'est un peu à la suite de Jeanne Jugan que je marche, à l'école de Saint François. D'ailleurs, ces deux grands Saints n'ont pas un message si éloigné l'un de l'autre... Je rends donc grâce à Dieu pour la canonisation de Jeanne Jugan et vous invite vivement à lire sa vie et à la prier, vous verrez c'est une grande sainte, humble, discrète, qui ne manque pas d'humour.


Franck Monvoisin


Sainte Jeanne Jugan, priez pour nous!


Pour approfondir

//catholique-rennes.cef.fr/jeannejugan

 



12/10/2009
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