Spiritualité Chrétienne

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Sainte Françoise-Xavier Cabrini

 Sainte Françoise-Xavier Cabrini

Fondatrice des Soeurs Missionnaires du Sacré-Coeur

1850-1917

Fête le 22 décembre

Nous voici sur les quais de New York dans les dernières années du dix-neuvième siècle. En quête de meilleures conditions de vie, entre cinquante et deux cent mille italiens débarquent chaque année! Tous rêvent de faire fortune, mais ils sont relégués dans les quartiers populeux des grandes villes; l'été, ils travaillent comme manoeuvres, débardeurs, maçons, mineurs, ou poseurs de rails; l'hiver, les voilà réduits au chômage. Ignorant la langue du pays, les «dagoes», comme on les appelle, sont largement exploités. Pour comble, ces immigrés, presque tous catholiques, ont très peu de soutien spirituel. C'est dans cette situation de détresse que paraît une jeune religieuse italienne, Mère Françoise-Xavier Cabrini. Invitée à envoyer des Soeurs au service de ses compatriotes émigrés, elle relève le défi et commence une épopée extraordinaire.

Françoise-Xavier Cabrini est née le 15 juillet 1850, la dernière de treize enfants, à Sant'Angelo, faubourg de la ville de Lodi, non loin de Milan (Italie). Ses parents, de fervents catholiques, élèvent leurs enfants sous le regard de Dieu, dans une ambiance de profonde charité. Elle reçoit au baptême les prénoms de Maria Francesca, mais à la maison, elle est appelée «Cecchina». Née deux mois avant terme, la petite fille est bien frêle et sujette à une fièvre maligne. Elle a cependant un sourire merveilleux. À l'âge de onze ans, son confesseur lui permet de faire un voeu privé de chasteté qu'elle renouvellera d'année en année jusqu'à l'âge de dix-neuf ans, où elle consacrera pour toujours sa virginité au Christ. Lors des veillées en famille, on fait la prière et on lit les Annales de la Propagation de la Foi. À cette lecture, Maria Francesca se sent embrasée du désir de se faire missionnaire en Chine. Sur sa mappemonde, elle compare les contrées déjà chrétiennes avec celles qui n'ont pas encore été évangélisées, et rêve d'aller, à son tour, porter la lumière du Christ à ces peuples. En l'année 1870, sa famille connaît une lourde épreuve: elle perd par la mort, coup sur coup, ses deux parents.

«Fondez vous-même»!

Un jour, le curé de la paroisse demande à Francesca d'aller remplacer une institutrice malade dans une école à Vidardo. Elle y reste deux ans, gagne le coeur des enfants, leur inculque l'amour et le respect de Dieu, et se montre excellent pédagogue. Elle obtient du Maire du village la permission de rétablir l'enseignement religieux à l'école. Cependant Francesca, se sentant appelée à se consacrer à Dieu, demande son admission dans la communauté des Dames du Sacré-Coeur, mais en vain, car Dieu a d'autres desseins. En 1874, l'évêque de Lodi, Mgr Gelmini, lui propose une formation religieuse un peu particulière dans un orphelinat, la Maison de la Providence à Codogno, tenue par une vieille demoiselle, la Signorina Tondini. Le prélat souhaite que Francesca devienne à la fois novice et réformatrice, ce qui lui vaudra bien des contradictions de la part de Mademoiselle Tondini. Cependant, elle ne perd pas sa peine: non seulement l'instruction est améliorée, mais la marche temporelle de la maison se ressent de son administration. D'autres jeunes filles sont reçues, et Francesca s'aperçoit qu'elles aspirent à la vie religieuse. Au bout de trois ans, avec sept de ses compagnes, elle fait ses voeux entre les mains de l'évêque, qui la nomme Supérieure de la maison. La Signorina Tondini refuse obéissance à soeur Cabrini et lui rend la vie impossible, ce qui lui cause de véritables angoisses. Malgré les efforts des nouvelles religieuses, la situation de la maison est désespérée. Six ans après l'arrivée de soeur Cabrini, Mgr Gelmini ferme la maison: «Vous voulez être missionnaire, lui dit-il, le temps est venu. Je ne connais pas d'institut de Soeurs missionnaires; alors, fondez-en un vous-même». Sa seule réponse est: «Je chercherai une maison». Elle s'installe dans un vieux monastère franciscain dédié à Notre-Dame des Grâces. Le bâtiment a besoin d'être remise en état, la pauvreté est extrême; néanmoins, le 14 novembre 1880 voit naître une nouvelle congrégation religieuse, l'Institut des Soeurs Missionnaires du Sacré-Coeur. Mgr Serrati, prévôt de Codogno, célèbre la première Messe dans la chapelle et installe au-dessus de l'autel une image du Sacré-Coeur, coutume qui sera conservée dans toutes les fondations de l'institut. Sous la conduite de soeur Cabrini et la surveillance de Mgr Serrati, les Soeurs décident d'ouvrir un orphelinat et une école. De nombreux parents envoient leurs enfants dans cette école bien pauvre, assurés qu'ils y recevront une éducation chrétienne. En effet, l'Italie est aux mains d'un pouvoir hostile à l'Église, et les catholiques font de grands sacrifices pour transmettre la foi à leurs enfants.

Cet exemple revêt une grande importance pour les familles de notre époque, car l'éducation chrétienne des enfants est l'un des devoirs majeurs des parents. «Les parents, parce qu'ils ont donné la vie à leurs enfants, enseigne le Concile Vatican II, ont la très grave obligation de les élever, et à ce titre, ils doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs... C'est aux parents de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaire à toute société. [...] La tâche de dispenser l'éducation qui revient en premier lieu à la famille, requiert l'aide de toute la société» (Décret Gravissimum educationis, 3). Aussi on ne peut qu'encourager et soutenir les efforts de tous ceux qui mettent en place des structures pour favoriser les écoles où l'on dispense une éducation vraiment catholique. Les multiples difficultés en ce domaine doivent susciter notre générosité mais aussi stimuler notre prière auprès de saint Joseph, protecteur des familles.

«Pas une, mais deux»!

Le nouvel institut fondé par Mère Cabrini tire sa vie du Coeur de Jésus; son objectif est la glorification et la consolation du Sacré-Coeur. Dans cet esprit, la Mère apprend aux jeunes filles qui frappent à la porte, à cultiver une profonde vie intérieure, à être simples, humbles, mortifiées, et surtout obéissantes. Pour elle, l'humilité n'est rien d'autre que la vérité sur soi, le parfait abandon à la volonté de Dieu, la confiance dans sa grâce pour l'accomplissement des tâches confiées. «La véritable missionnaire ne pense jamais: «Quel office me donnera-t-on? Où m'enverra-t-on?» et elle ne devrait jamais dire: «Je ne peux pas faire ceci ou cela; j'en suis incapable». Qu'elle devienne Supérieure Générale, qu'elle soit envoyée pour enseigner une classe d'enfants, ou pour balayer un escalier, elle devrait s'en acquitter sereinement... Tel est l'amour véritable, l'amour pratique, dépouillé de tout intérêt personnel; c'est l'amour fort que vous devriez toutes avoir. Vous vous êtes immolées au Sacré-Coeur de Jésus; c'est dans cette totale abnégation de soi que se trouve l'essence de la sainteté».

En 1882, la communauté ouvre une école à Grumello. Deux ans plus tard, une autre est fondée à Milan. Les vocations affluent: il faut agrandir le noviciat. Les sept années qui suivent voient naître autant de fondations. Afin d'assurer l'avenir, Mère Cabrini souhaite fonder une maison à Rome et obtenir une approbation spéciale du Souverain Pontife. On le lui déconseille en alléguant la jeunesse de son institut et les nombreuses maisons religieuses déjà installées dans la Ville éternelle. Reçue en audience par le Cardinal Vicaire de Rome, la Mère lui explique ce qu'elle désire. À sa grande déception, elle reçoit cette réponse: «Soyez obéissante et retournez chez vous. Vous reviendrez à un moment plus opportun». Au bout de quelques temps, le Cardinal Parocchi la rappelle et lui demande: «Eh bien, Mère Cabrini, êtes-vous toujours prête à obéir? – Certainement, Éminence. – En ce cas, je ne vous permets pas d'établir une maison à Rome; je vous ordonne d'en établir deux. L'une sera une école libre à Porta Pia. L'autre, une maison pour enfants à Aspra». Elle n'en croit pas ses oreilles! Le 12 mars 1888, les règles de l'institut sont approuvées à Rome.

«Non pas à l'Orient, mais à l'Occident»!

Vers cette époque, elle fait la connaissance de l'évêque de Plaisance, Mgr Scalabrini, qui se soucie de la détresse des italiens émigrés aux États-Unis. Ce prélat l'invite à s'y rendre pour secourir ses compatriotes; la Mère est tiraillée, car elle pense toujours au rêve de son enfance: la Chine! Reçue en audience par le Pape Léon XIII, elle lui soumet son doute: «Non pas à l'Orient, répond le Saint-Père, mais à l'Occident. L'institut est encore jeune. Allez aux États-Unis! Vous y trouverez un vaste champ de labeur». Le Pape a parlé, et par lui, le Christ. Mère Cabrini n'hésitera plus. «Les fondateurs font toujours preuve d'un vif sens de l'Église, qui se manifeste par leur pleine participation à la vie ecclésiale dans toutes ses dimensions, et par leur prompte obéissance aux Pasteurs, spécialement au Pontife romain. C'est dans la perspective de l'amour pour la Sainte Église, colonne et support de la vérité (1 Tm 3, 15), que se comprennent la dévotion de François d'Assise pour «le Seigneur Pape», l'audace filiale de Catherine de Sienne envers celui qu'elle appelle «le doux Christ sur la terre», l'obéissance apostolique et le sentire cum Ecclesia d'Ignace de Loyola, la joyeuse profession de foi de Thérèse de Jésus: «Je suis fille de l'Église». On comprend aussi le désir ardent de Thérèse de Lisieux: «Dans le coeur de l'Église, ma mère, je serai l'amour...» Ces témoignages sont représentatifs de la pleine communion ecclésiale que des saints et des fondateurs ont vécue en des époques et des circonstances diverses et souvent très difficiles. Ce sont des exemples auxquels les personnes consacrées doivent constamment se référer, pour résister aux poussées centrifuges et destructrices, aujourd'hui particulièrement fortes» (Jean-Paul II, Exhortation apostolique, Vita consecrata, 25 mars 1996, n. 46).

Le 31 mars 1889, Mère Cabrini arrive à New York avec six compagnes. Comme il n'y a pas de couvent, les religieuses passent leur première nuit dans une misérable maison de la «Petite Italie», au coeur du Lower Manhattan. Le lendemain, l'archevêque, Mgr Corrigan, les reçoit très froidement: «Je ne vous attendais pas si tôt, ma Soeur. La situation est telle qu'il n'y a rien à faire ici. Je regrette que vous soyez venues. Il n'y a qu'à retourner en Italie par le même bateau». D'une voix décidée, la Mère répond brièvement: «Non, Excellence, non! Nous ne pouvons faire cela. Je suis venue à New York par obéissance au Saint-Père, j'y resterai». Grâce à la charité de personnes aisées, Mère Cabrini ouvre un premier orphelinat. En peu de temps, toute la Petite Italie connaîtra Mère Cabrini et ses Soeurs. Cette humble femme, au corps souvent miné par la maladie, surprend par sa hardiesse à entreprendre des oeuvres humainement impossibles. En effet, au cours des années suivantes, le continent américain, du nord au sud, verra naître écoles, pensionnats, orphelinats et hôpitaux, sans compter plusieurs fondations européennes. À la mort de la Mère, sa congrégation comptera 67 fondations! Mère Cabrini a pu réaliser tant d'oeuvres admirables grâce au trait essentiel de sa spiritualité: son inébranlable confiance en Dieu. Elle écrit: «Depuis tant d'années que l'institut existe, ce sont Jésus et Marie qui ont tout fait pour moi. Si quelquefois les choses ont moins bien réussi, c'était parce qu'il y avait trop de moi. Je m'avance, tranquille comme une enfant se reposant dans les bras de sa mère... Omnia possum in Eo qui me confortat! Je peux tout en Celui qui me fortifie! (Ph 4, 13) ». La présence des dons du Saint-Esprit, et en particulier du don de conseil, est manifeste dans sa vie. Ce don perfectionne la vertu de prudence en faisant juger promptement et sûrement, par une sorte d'intuition surnaturelle ce qu'il convient de faire, surtout dans les cas difficiles. Bien des saints ont joui de l'exercice quasi habituel de ce don. Sainte Jeanne d'Arc, par exemple, n'aurait jamais pu tracer des plans de campagne admirés par les meilleurs capitaines, sans une inspiration spéciale de l'Esprit de Dieu. Les réalisations étonnantes de Mère Cabrini sont à considérer sous cette lumière. Si sa conduite a pu déconcerter et paraître parfois ignorer les prévisions humaines, sa docilité a permis au Seigneur de subvenir par elle, d'une façon extraordinaire, aux besoins de nombreuses personnes démunies.

Les oranges du Pape

Profondément fidèle au Sacré-Coeur de Jésus, Mère Cabrini a réalisé l'union des coeurs entre ses filles, si différentes par l'origine, le tempérament, l'éducation et la langue. «Je m'appliquerai à maintenir l'union de la sainte charité parmi les Soeurs, écrit-elle. Je les aimerai avec l'amour d'une véritable mère, tout en m'efforçant d'être la servante de toutes... voyant dans chacune l'image de mon Époux bien-aimé et de la toute Sainte Marie». Très maternelle, elle s'intéresse à chacune de ses filles, leur demande de lui écrire, et malgré ses occupations écrasantes, leur répond toujours. Elle veille également sur leur santé et n'hésite pas à procurer des soulagements à celles qui en ont besoin.

Dans la banlieue de Buenos Aires (Argentine), les Soeurs de son institut rencontrent une malheureuse femme qui vit depuis des années dans le péché et y entraîne de nombreuses jeunes filles. Anxieuses de sauver cette âme, elles la visitent souvent, la conjurant de changer de vie, mais en vain. Enfin, l'une des Soeurs lui dit: «Vous ne nous verrez plus, mais souvenez-vous, chaque fois que vous entendrez la cloche de notre couvent, qu'il y a des religieuses qui prient et souffrent afin de sauver l'âme que vous êtes déterminée, à tout prix, à perdre!» Et chaque fois que les cloches sonnent, ces paroles résonnent dans l'esprit de la pauvre femme. Peu à peu, la grâce l'emporte; elle se convertit et quitte sa maison mal famée pour rejoindre un couvent où elle meurt peu de temps après.

Lors de son retour à Rome au printemps de 1902, Mère Cabrini, atteinte de fièvre et accablée de fatigue, doit s'aliter. Les médecins croient que c'est la fin. Le Pape Léon XIII lui envoie des oranges cueillies dans les jardins du Vatican. Elle n'a rien mangé depuis plusieurs jours, mais il faut bien manger les oranges du Saint-Père! Elle en goûte, puis se redresse sur son lit: «Délicieuses! J'ai retrouvé mes forces». Peu après, elle rend sa dernière visite au Pape qui mourra l'année suivante. Très attachée à la personne du Pape, vicaire du Christ sur terre, Mère Cabrini écrivait, au sujet de certains protestants rencontrés en voyage: «Priez beaucoup pour que ces frères comprennent le lien surnaturel qu'il y a entre Notre-Seigneur et le Pape, afin que tous lui soient unis et forment, avec nous, une famille, un seul troupeau sous le même Pasteur... Car la grâce de leur salut ne peut venir que du Coeur aimant du Souverain Pasteur, qui a rassemblé les Apôtres et a promis la grâce et la bénédiction à leurs successeurs qui demeurent fidèlement en union avec celui qui est le fondement, le Pape». Vingt-cinq ans après la fondation de l'institut, Mère Cabrini sollicite une approbation définitive, qui lui est accordée par le Pape saint Pie X, le 12 juillet 1907. Sa congrégation compte alors plus de 1000 religieuses; plus de 5000 enfants sont pris en charge dans ses écoles, et environ 100000 patients soignés dans ses hôpitaux.

Un cilice à la portée de tous

Mère Cabrini ne prescrit pas d'austérités corporelles, mais exige que ses religieuses se mortifient en tout et détruisent l'idole de l'amour-propre. Elle ne tolère pas le moindre murmure. Un jour, lors d'un voyage, une des Soeurs se plaint de la chaleur. Elle est aussitôt reprise par la Mère, qui ajoute que le temps est toujours le temps du Bon Dieu. La fondatrice demande à ses filles de prendre tout ce qui arrive dans le silence, avec patience et même avec joie. «Des contradictions? Voilà un véritable cilice! Si vous aimez la pénitence, voilà une pénitence qui a fait des saints et que tout le monde peut pratiquer, même avec la santé la plus défaillante. C'est un cilice que vous pouvez porter, non pour une heure, mais durant tout le jour». En cela, Mère Cabrini rejoint une autre grande âme éprise du Sacré-Coeur, Madame Royer (1841-1924), qui disait: «La dévotion au Sacré-Coeur n'est pas une pratique de piété qui s'ajoute à d'autres pratiques pieuses. C'est la vie tout entière embrasée par l'amour divin. Faire aimer d'abord Notre-Seigneur; la pénitence viendra ensuite. La pénitence ne consiste pas à s'ingénier dans la recherche de sacrifices ou de voies extraordinaires, mais c'est dire «amen» à toutes les occasions de se mortifier que la vie se charge de nous proposer sans cesse. C'est accepter la croix que Dieu pose continuellement sur nos épaules». Mère Cabrini pratique ce qu'elle enseigne. Sa vie durant, elle souffre de maladies chroniques, mais s'efforce de ne pas le laisser voir. Cet esprit de mortification ne peut exister sans une vie de prière. «Priez, priez toujours, et demandez sans cesse l'esprit de prière, écrit-elle... Quel est l'esprit de prière? C'est prier selon l'Esprit de Jésus... en Jésus et avec Jésus. L'esprit de prière signifie prier en accord avec le bon plaisir divin, voulant uniquement ce que Dieu veut... Cela signifie que nos esprits sont fixés sur la prière en tout temps, en tout lieu, en travaillant, en marchant, en mangeant, en parlant, en souffrant... habituellement et toujours».

Vers la fin de l'année 1917, Mère Cabrini regagne Chicago où, malgré son état de fatigue, elle pourvoit aux besoins des deux hôpitaux fondés dans cette ville. Peu de temps avant Noël, apprenant que le curé du lieu ne peut pas distribuer aux enfants les friandises accoutumées, elle s'exclame: «Quoi! pas de friandises pour nos petits! Noël ne serait pas Noël! Nous pourvoirons à tout comme d'habitude». Et, le 21 décembre, elle supervise avec satisfaction la préparation des petits paquets. Mais le 22, elle ne peut se lever pour assister à la Messe. Vers midi, on la trouve affalée dans sa chaise, ses vêtements maculés de sang. On a juste le temps d'appeler le prêtre qui lui administre l'Extrême-Onction. Après avoir poussé deux soupirs, la fondatrice rend son âme à Dieu, à l'âge de 67 ans.

Former une seule famille

En 1950, Mère Françoise-Xavier Cabrini a été déclarée patronne de tous les émigrants. Aujourd'hui, sa congrégation continue à servir l'Église dans le domaine de l'éducation, des soins médicaux et du travail pastoral, en Amérique, en Europe, en Australie, aux Philippines et en Afrique. Lors de sa canonisation, le 7 juillet 1946, le Pape Pie XII avait tiré cette leçon toujours actuelle: «Que les peuples apprennent d'elle qui aima d'un amour ardent sa patrie et répandit sur d'autres pays les trésors de sa charité et de ses oeuvres, qu'ils sont appelés à former une seule famille: une famille que ne doivent point diviser les troubles et les rivalités ni les inimitiés éternellement occupées à venger les vieilles injures; une famille qui s'unisse dans l'amour fraternel, dont la source se trouve dans le commandement du Christ et dans son divin exemple». Les hommes des divers peuples de la terre pourront se regarder comme frères et enfants du même Père du ciel dans la mesure où chacun se fera artisan de paix, d'abord au sein de sa propre famille. Lorsque mari et femme, parents et enfants, frères et soeurs s'accordent pour réaliser entre eux la paix, l'oeuvre de pacification des nations est déjà en route. Cette oeuvre, seule peut la réaliser la grâce de Dieu qui descend sur le monde par la prière, en particulier à la faveur de la récitation du Saint Rosaire. «Le Rosaire est une prière orientée par nature vers la paix, du fait même qu'elle est contemplation du Christ, Prince de la paix et notre paix (Ep 2, 14). Celui qui assimile le mystère du Christ – et le Rosaire vise précisément à cela – apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie. En outre, en vertu de son caractère méditatif, dans la tranquille succession des Ave Maria, le Rosaire exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose à recevoir cette paix véritable, qui est un don spécial du Ressuscité, et à en faire l'expérience au fond de son être, en vue de la répandre autour de lui... Reprenez avec confiance le chapelet entre vos mains... Que mon appel ne reste pas lettre morte!» (Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariæ, 16 octobre 2002, n. 40, 43).

Demandons à sainte Françoise-Xavier Cabrini l'art de la prière à Marie, afin d'obtenir pour toutes les familles et pour toutes les nations la paix qui vient de Jésus-Christ, Prince de la Paix.

 

Gallerie de photos de Sainte Françoise Xavier Cabrini,

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10/06/2008
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