Spiritualité Chrétienne

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Saint Léon de Bayonne

Saint Léon de Bayonne

« Il chanta les hymnes du Prophète parmi les peuples »

vers 856-+ vers 890

Fête le 1er mars


Selon la légende, Saint Léon naquit vers856 à Carentan, en Basse Normandie. Peu après sa naissance, il fut emmené par son père dans la région du Rhin, placé à 12 ans dans la Cour de Louis de Germanie, et jugé peu apte au métier de courtisan. Il avait un grand amour pour les études, pour la retraite et une grande aversion pour les plaisirs. Ramené en France, il étudia à Paris et entra dans l'état ecclésiastique. Vers 887, il fit un voyage à Rome: on dit que le Pape, apparemment Étienne V, l'aurait nommé Archevêque de Rouen, mais ce fait n'a laissé aucune trace et ne concilie pas avec la mission qui fut donné au même Léon d'aller évangéliser les Basques, avec le titre d'Evêque de Bayonne. Avec deux compagnons il prêcha avec succès et convertit un grand nombre d'idolâtres qui habitaient Bayonne. Il poursuivit son oeuvre de prédication jusque dans la Navarre et la Biscaye; mais des pirates vikings le décapitèrent avec l'un de ses compagnons, le 1er mars, vers 890, où un peu plus tard.


L'époque à laquelle Saint Léon fut envoyé comme Evêque à Bayonne, probablement pour y fonder un évêché, est celle des invasions normandes et de l'organisation politique de cette partie de l'Aquitaine, ce qui expliquerait la fondation de ce Siège Épiscopal. Mais si cette époque nous est assez bien connue, la vie de Saint Léon, racontée dans plusieurs légendes, nous pose de nombreux problèmes. En effet, la seule chose dont nous sommes sûrs, c'est son culte; mais cela est suffisant pour ne pas douter de son existence car le culte reflète forcément la vie et les qualités du saint qu'il commémore.


Les historiens parlent du déroulement et de la continuité du culte de Saint Léon. Par exemple, le Chanoine René Veillet écrit dans « Recherche sur la ville et sur l'église de Bayonne »: « Nous tenons pour certain, qu'il y eu un Saint Léon venu en nos quartiers pour travailler à la conversion de nos peuples: cette tradition commune est confirmée par une auguste cérémonie qui se renouvelle tous les ans par Mrs nos Magistrats, chaque jour de Pentecôte; ils envoyaient leurs syndics à la Chapelle Saint Léon qui était hors de la ville, et, depuis qu'elle a été démolie, en 1688, ils l'envoient à la dernière maison de la ville, vers la porte de Saint Léon au moins dès le 11e siècle, avec des cierges éteints, comme pour découvrir la vérité de ce qu'on leur avait dit de la vie et de la doctrine de Saint Léon; le syndic, revenu avec de bonnes nouvelles, comme le porte notre légende, tout le Corps de ville (conseil municipal), précédé du Gouverneur et suivi des principaux habitants, allait à cette chapelle; il va a présent à cette dernière maison (cette maison, croyons-nous était rue d'Espagne, la dernière à droite en allant vers la porte); ils en reviennent avec des cierges allumés, qu'ils vont placer dans le chœur de notre église-cathédrale; preuve continuelle de ce qu'il y a eu un Saint Léon, dont nous conservons encore les reliques, qui est venu nous porter la lumière de la Foi.


Les expressions du culte et de la vénération des reliques du Saint ont concrètement marqué la vie de la ville de Bayonne, dont il est le Patron, jusqu'à la fin du 16e siècle. Jusque là, ceux qui devenaient membres du Corps de la ville de Bayonne prêtaient serment sur les reliques de Saint Léon. Ce fut le cas du maire et des échevins à l'entrée en charge, des clercs de Bayonne, des capitaines de guets et d'autres officiers. Mais en 1565, quand un collègue Protestant vint pour faire partie du Corps de ville, le Conseil décida de modifier ce point pour permettre à celui-ci de prêter serment dans son temple, selon sa conscience. C'est finalement au moment de la Révolution que la pratique de prêter serment sur les reliques de Saint Léon disparut. Mais il resta une porte de Saint Léon, une église Saint Léon, une paroisse Saint Léon, un bourg de Saint Léon, une fontaine de Saint Léon... et le « Livre d'Or » qui parle en effet de Saint Léon dès le 11e-12e siècles. Cependant, pour le culte liturgique et pour sa fête, nous n'avons pas de texte antérieurs au 16e siècle. C'est la liturgie qui maintient vivant aujourd'hui la mémoire et la présence de Saint Léon, premier Evêque de Bayonne, pasteur passionné qui « chanta les hymnes du Prophète parmi les peuples » et garda son peuple avec fidélité jusqu'à la mort.


La grande légende de Saint Léon


Le texte suivant était lu par les Chanoines de la Cathédrale de Bayonne, le jour de la Fête de Saint Léon, il est extrait du Missel de Bayonne. « Pour nous former aux exemples et nous aider du patronage du Bienheureux Martyr Léon, très chers Frères, écoutons brièvement aujourd'hui, en nous rappelant dévotement sa fête, quelques détails de sa vie et comment il convertit du culte des idoles à la Foi au Christ la cité de Bayonne.


Au pays de Normandie il y a une ville nommée Carentan, en la Province de Rouen, en laquelle était un homme marié à une femme nommée Allicie, tous deux non seulement riches et opulents, mais aussi nobles et forts gens de bien, l'an de Notre-Seigneur 856, et eurent trois fils, Léon, Philippe et Gervais; tous trois furent de saints personnages. Or, quant à Léon, Dieu voulant montrer quel personnage il serait à l'avenir, fit telle grâce et faveur à sa mère, qu'elle l'enfanta sans aucune angoisse et douleur. Dès mamelles de sa mère, il s'accoutuma tellement aux jeûnes et abstinences, macérant son corps et se comportant si modestement qu'il étonnait tout le monde. C'est pourquoi Louis, rois des Allemands, le demanda à ses parents quand il n'eût pas encore douze ans. Le roi, voyant que ce jeune enfant si modeste et si sage, et fuyant les sottises et voluptés auxquelles la jeunesse est coutumièrement adonnée, l'envoya à Paris aux écoles où il fit tant d'avancement qu'à l'âge de 13 ans, il était savant autant que possible, en lettres saintes, en lois, en décrets, alors qu'il servait de miroir et d'exemple à tout le monde, de manière qu'en peu de temps son bruit courut partout et non sans cause. Il était éloquent, de stature haute, beau, bien composé de membres, d'esprit vif et aigu, prudent, grand zélateur de l'honneur de Dieu et chaste toute sa vie.


Le Pape qui était alors averti de la sainteté de Saint Léon, ordonna au chancelier de Paris de l'envoyer à Rome. A son arrivée, il fut si bien reçu du Saint-Père et de tout le collège de Messieurs les Cardinaux, qu'en peu de temps, pour sa sainte vie et sa sainte prédication, il fut élu et sacré Evêque de Rouen par le Pape, Cardinaux, Clergé et par le peuple, mais il fut aussi prié et adjuré par le Collège de s'en aller en Espagne pour instruire ce peuple, qui était alors sans pasteur, en la Loi de Jésus-Christ. Ce qu'ayant promis de faire, après avoir reçu la bénédiction apostolique, il s'en retourna à Rouen pour disposer de son église. Ayant disposé de son évêché et laissé pour ses Vicaire Jean Palieu et Geoffroy, ses compagnons, leur ayant d'abord déclaré le motif de son voyage, il prit avec lui ses deux autres frères, Philippe et Gervais, et tous trois s'en allèrent à pied comme des pauvres gens jusqu'aux Landes, qui est une terre infertile et déserte, entrèrent dans un village nommé Bouheyre (actuellement Labouheyre), où ils convertirent à la Foi Chrétienne un seigneur nommé Argare et toute sa famille et les baptisèrent. Tout ce village donc ainsi convertit à la Foi, ils se retirèrent sur les rivages de la mer et suivant l'eau vinrent à Bayonne. Pensant y entrer, ils ne le purent pas car toutes les portes de la ville étaient fermées à cause des courses et des pillages que faisaient les Basques, molestant cette ville jour et nuit. Saint Léon donc, monta sur une petite colline non loin de la porte qui est vers le midi. Là, entre les rochers, il dressa une petite logette en disant: « C'est ici mon repos à jamais, ici j'habiterais car je l'ai élu ». Or, les Basques, comme ils couraient çà et là de nuit, de fortune trouvèrent ces trois saints personnages et les interrogeaient pour savoir d'où ils étaient et où ils allaient, mais ils ne purent répondre parce qu'ils ne comprenaient pas la langue des Basques, qui, pensant que c'étaient des étrangers les laissèrent. Depuis, ils persévéraient sans cesse dans l'oraison dans ce lieu, jusqu'à ce que certains citoyens de la ville, ayant vu ces saints personnages, retournèrent soudain l'annoncer, disant que trois hommes semblables à des prophètes étaient près de la ville. Les habitants de cette ville, après avoir rassemblé le Corps de ville, envoyèrent les plus sages d'entre eux pour savoir qui ils étaient et d'où ils venaient et pourquoi ils s'étaient retirés là. Saint Léon, voyant une si grande troupe de citoyens, se signant du Signe de la Croix fut rempli d'une si grande grâce de l'Esprit Saint que, parlant leur langue, il leur plût tellement que que non seulement ils l'introduire dans leur ville mais aussi, l'ayant placé au milieu de la Cité sur la place publique, il les enseigna avec tant de fruits que le premier jour il converti 718 personnes, tant hommes que femmes. »


Dans les années 1950, une chapelle fut dédiée à l'e,droit où Léon et ses compagnons qui vinrent avec lui à Bayonne ont probablement vécu comme ermites durant trois ans... En attendant qu'on leur ouvre les portes de la ville.


Prière


Seigneur, Tu as appelé nos père à la Lumière de l'Evangile par la prédication de Saint Léon, Evêque et Martyr: accorde-nous, par son intercession, de croitre en sainteté et de connaître toujours mieux Ton Fils Jésus-Christ notre Seigneur. Lui qui vit et règne avec Toi dans l'Unité du Saint Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles et les siècles. Amen.


D'après Sœur Pascale Nau, « Témoins du Christ en Béarn et au Pays Basque »

 



17/12/2008
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