Spiritualité Chrétienne

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Saint Benoît de Nursie 2

 Saint Benoît de Nursie

Premier abbé du Mont-Cassin et patriarche des moines d'Occident

+ en 543

Fête le 11 juillet


" Les montagnes... Là-haut Dieu a pris sa demeure ; des églises se sont élevées. La foi s'emparant des montagnes en a fait des ostensoirs d'où rayonne le Saint-Sacrement. Si cela tombe, d'autres choses tomberont." Saint Berthaire (23 octobre), très-saint abbé du Mont-Cassin, et très-illustre martyr de Jésus-Christ, considérant le temps auquel saint Benoît vint au monde, fait remarquer que ce grand Saint y parut comme une lumière au milieu des ténèbres, ou comme un médecin envoyé de Dieu pour guérir les plaies de l'humanité à cette époque ; car alors il n'y avait point de roi ni de prince souverain sur la terre, qui ne fût athée, idolâtre, ou hérétique, tant le siècle était corrompu.


Il naquit vers l'an 480, an pays des Sablas, que l'on appelle aujourd'hui l'Ombrie ou le duché de Spolète, et dans la ville de Norcia ; quelques-uns ont écrit qu'il était, par son père Eutrope, de l'ancienne famille des Anicius, qui a donné à Rome un grand nombre de consuls et d'empereurs, et par sa mère Abondance, le dernier rejeton des seigneurs de Norcia. Saint Grégoire le Grand, pape de Rome, qui est le premier auteur de sa vie, assure que le nom de Benoît lui fut imposé pour marquer mystérieusement les bénédictions célestes dont il devait être comblé.


Il fit paraître dès son enfance de fortes inclinations pour la vertu ; et, dans un âge qui semble avoir la légèreté pour partage, il témoignait déjà une grande maturité dans ses actions, méprisant toutes les choses de la terre et ne respirant que celles du ciel. On l'envoya à 7 ans étudier à Rome, et il y fit en 7 autres années qu'il y demeura, un progrès notable : il donnait sujet d'espérer, s'il continuait ses études, qu'il deviendrait un des plus habiles hommes de son temps ; mais, craignant que le mauvais exemple d'une jeunesse débauchée dont cette ville était remplie, ne fît quelque impression sur son coeur, il résolut, à 14 ans, de s'en retirer secrètement : il aimait mieux demeurer moins savant et devenir plus vertueux, que de se rendre parfait dans les sciences humaines et devenir vicieux.


A la suite de cette résolution, il abandonna Rome et tout ce qu'il avait de parents et d'amis, et, par une sage folie et une savante ignorance, pour me servir des termes de saint Grégoire, il alla chercher dans les déserts, et hors du commerce du monde, un genre de vie en laquelle il pût servir Dieu avec plus de ferveur et moins de péril. Sa nourrice, qui se nommait Cyrille, et qui l'aimait tendrement, le suivit : et ce fut à son occasion, qu'étant arrivé à un village appelé Afide, il fit le premier de ses miracles, dont la connaissance soit venue jusqu'à nous ; cette femme ayant cassé par hasard un vase de terre qu'elle avait emprunté à quelques pauvres gens de l'endroit, le Saint en rejoignit les morceaux, et le rétablit par sa prière au même état qu'il était auparavant ; en mémoire de ce miracle, les habitants l'attachèrent à la porte de leur église, où il est demeuré jusqu'à l'irruption des Lombards. On regarda bientôt Benoît comme un Saint dans tout le voisinage : ce lui fut un motif extrêmement puissant pour s'en retirer. Il se déroba donc secrètement à ceux qui avaient été témoins du prodige, et à sa nourrice même, et s'en alla en un lieu distant de Rome de 40 milles, appelé Subiac, où il y avait des moines qui vivaient dans une très-sainte austérité. Sainte Hildegarde assure, dans ses révélations, qu'il y fut conduit par deux anges, qui l'avaient aussi tiré de Rome. Comme il gravissait une montagne pour trouver le lieu qu'il souhaitait, Dieu permit qu'il fût aperçu par un de ces solitaires, nommé Romain ; celui-ci admirant sa ferveur, offrit de l'assister et de coopérer à son pieux dessein en tout ce qui lui serait possible. Benoît ayant accepté cette offre, Romain lui donna premièrement un habit religieux, puis il le conduisit dans une caverne extrêmement secrète et presque inaccessible, que la nature avait taillée dans l'enfoncement d'un rocher, et que l'on appelle maintenant la Sainte Grotte. C'était en l'an 404.


Ce fut là que ce grand Saint, séparé de tous les hommes, commença cette terrible pénitence, dont la pensée est capable d'étonner les plus hardis. Romain l'y nourrit pendant 3 ans, lui descendant de temps en temps, dans une corbeille, un morceau de pain, qui faisait toute sa subsistance. Il ne rompait pas pour cela son silence, mais il l'appelait avec une sonnette attachée à la corde de la corbeille. L'ennemi commun des hommes, ne pouvant supporter ni l'austérité de l'un ni la charité de l'autre, cassa un jour cette sonnette. Mais sa malice ne les empêcha pas de continuer toujours leur saint commerce, jusqu'à ce nu'il plut à Dieu de découvrir au monde la sainteté de son serviteur, et de l'y faire paraitre pour le salut d'une infinité de personnes. Voici comment la chose arriva.


Un saint prêtre, curé, si l'on en croit la tradition, d'un bourg appelé Mente-Preclaro, distant de 4 milles de cette grotte, s'était fait apprêter à dîner pour le jour de Pâques; Notre-Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : " Mon serviteur meurt de faim dans une caverne, et tu te prépares des mets délicieux ". A cette voix, il se lève, et prenant ce que l'on avait disposé pour sa table, il se met en chemin pour chercher le saint inconnu.


Il marcha longtemps entre les montagnes et les rochers sans savoir où il allait ni où il devait aller ; mais la main de Dieu le conduisant, il arriva enfin dans la grotte de Benoît. Il y trouva le Saint, se mit en prières avec lui, et, après l'oraison, il l'invita à prendre la nourriture que Notre-Seigneur lui envoyait, parce que c'était ce jour-là la fête de sa Résurrection, en laquelle l'Eglise a coutume de rompre le jeûne. Saint Benoît connaissant que Dieu l'avait envoyé, hésita, puis vu l'insistance, acquiesça à sa prière : ils mangèrent ensemble de ce qu'il avait apporté, et après un entretien plein de lumière et d'onction, sur les moyens de plaire à Dieu et d'arriver à la perfection, ils se séparèrent, le prêtre retournant à son église et le Saint demeurant dans sa grotte, plein de reconnaissance envers son divin bienfaiteur. Quelque temps après, des bergers l'aperçurent de loin, et en eurent même de la frayeur, d'abord parce qu'il était couvert de peaux de bêtes, ensuite parce qu'ils ne pouvaient s'imaginer qu'un homme comme les autres pût faire sa demeure ordinaire dans ces rochers. Mais s'étant approchés, ils reconnurent, de leurs propres yeux et par les instructions salutaires qu'il leur donna, que c'était effectivement un homme, et plusieurs en furent si touchés, que de grossiers qu'ils étaient, ils devinrent des hommes de grâce et des personnes spirituelles, comme le remarque saint Grégoire.


C'est ainsi que cet admirable Solitaire fut découvert peu à peu, et dans la suite plusieurs personnes du voisinage le venaient visiter, et, lui apportant ce qui était nécessaire pour son vivre, ils recevaient de lui un aliment bien plus excellent, c'est-à-dire la parole de Dieu.


De si heureux commencements ayant jeté la terreur dans l'esprit de Satan, il résolut d'étouffer dans son berceau cette sainteté naissante. Pour en venir à bout, il prit la figure d'un merle, et, sous cette figure, il vint voltiger autour de lui, et il en approcha même de si près, que le saint jeune homme l'eût aisément pris de la main ; mais comme ce brave soldat de Jésus-Christ était déjà bien expérimenté dans la milice spirituelle, se doutant de ce que c'était, il forma sur lui le Signe de la Croix ce qui fit aussitôt évanouir ce prestige. Cependant il sentit au même instant une si furieuse tentation de la chair, qu'il était sur le point d'y succomber, et que, dans le trouble où il était, il commençait presque à délibérer s'il ne laisserait point sa solitude. Mais il lutta contre cette tentation, et se dépouilla et se jeta nu dans un champ d'épines et de ronces, au milieu desquelles il se roula si longtemps, que, par une infinité d'écorchures et de plaies, il fit sertir le sang de tous les endroits de son corps ; ainsi, par la douleur sensible et par ces ruisseaux de sang, il éteignit l'ardeur que la concupiscence avait allumée dans ses membres. La victoire de notre Saint fut si parfaite, qu'il fut doué, à partir de ce jour, d'une pureté angélique, et que le démon n'eut plus le pouvoir de le tenter sur cette matière.


Après ce triomphe, Il devint de soldat capitaine, et de novice grand maître en l'école de la vertu. En effet, il commença dès lors à en faire leçon, suit de vive voix, soit par ses hem exemples, à plusieurs qui se vinrent ranger sous sa discipline. L'abbé d'un monastère voisin étant décédé, les religieux jetèrent aussitôt les yeux sur lui et l'élurent en sa place ; mais comme ils étaient tombés dans un grand relâchement et qu'ils ne pouvaient supporter la force de ses remontrances, ils se repentirent bientôt de leur choix, et allèrent jusqu'à cet excès de fureur de conspirer ensemble sa mort et de mettre du poison dans un verre qu'ils lui présentèrent. Ils ne purent néanmoins lui nuire, parce que Dieu, qui révèle quand il lui plait les pensées les plus secrètes des hommes, fit connaître à son serviteur le péril où il était, domme si une pierre fût tombée dedans. La conspiration étant ainsi découverte, le Saint leur dit sans se troubler : " Que Dieu vous pardonne, mes frères ! ne vous avais-je pas bien dit que vos moeurs ne s'accordaient nullement avec les miennes ? Cherchez un autre abbé qui vous gouverne à votre guise ; pour moi, je ne demeurerai pas davantage avec vous ".

Saint Benoît laissa donc ce lieu où il ne produisait aucun fruit, et se retira dans sa première solitude ; n'ayant plus que le corps sur la terre, il menait une vie plus angélique qu'humaine, s'absorbant dans la contemplation des perfections divines, et s'étudiant à en former dans lui-même une image et une vive ressemblance. Mais la charité qui consumait son cœur ne pouvant cacher ses flammes, plusieurs personnes, désireuses de l'imiter, vinrent en ce désert ; bientôt, nu lieu d'un monastère qu'il avait laissé, il en fonda 12 ; dans chacun il mit d'abord 12 religieux avec un supérieur pour les conduire. Et, pour lui, comme le surintendant de tous, il veillait sur eux et allait de l'un à l'autre pour les assister dans leurs besoins. ces monastères étaient dans la province de Valeria, peu éloignés les uns des autres ; celui de Sainte-Scholastique, où le Saint faisait sa résidence, et celui de la Sainte-Grotte sont les seuls qui subsistent aujourd'hui, il n'y a plus à la place des autres que des ruines et quelques cellules.


Il ne fut pas seulement recherché de ceux qui voulaient quitter le monde et s'enrôler sous la bannière de la croix, il le fut aussi de plusieurs seigneurs, qui, par une estime singulière pour sa personne, lui amenèrent leurs enfants, afin qu'il les format de sa main à la pratique de la vertu, et qu'ils apprissent les sciences humaines sous les maîtres qu'il leur donnerait : Equice lui amena son fils Maur, âgé de 12 ans, et Tertulle, Patrice, lui amena son fils Placide, âgé seulement de 7 ans. Saint Grégoire a déjà parlé, dans la vie de saint Maur, du miracle insigne que le saint Abbé lui fit faire, pour retirer le petit Placide d'un lac où il allait se noyer ; saint Maur marcha sur les eaux à pied sec et comme sur la terre ferme. Saint Grégoire en marque encore d'autres qui ont précédé sa sortie de la solitude de Subîac

Dans l'un de ses monastères, il y avait un religieux qui ne pouvait demeurer à l'oraison ; mais aussitôt que les frères se prosternaient pour la faire, il sortait de l'oratoire pour donner une entière liberté à ses pensées. Le supérieur lui en fit souvent la correction ; mais comme c'était sans succès, il le mena à saint Benoît, afin que l'autorité d'un si grand homme gagnât sur lui ce que ses remontrances ne pouvaient obtenir. Ce pauvre Frère promit bien d'être plus fervent à l'avenir ; mais sa résolution ne dura que 2 jours : de sorte que le supérieur fut obligé de donner avis au Saint que le scandale continuait. Il vint lui-même y apporter remède et amena saint Maur en sa compagnie ; s'étant mis en oraison avec les frères, il vit un enfant noir qui tirait le religieux par la robe. "


Apercevez-vous, dit-il au supérieur et à saint Maur, celui qui débauche ce Frère ?" Ils répondirent que non. " Prions donc Notre-Seigneur, ajouta-t-il, qu'il vous découvre ce secret ". Au bout de 2 jours, saint Maur le vit, et saint Benoît ayant suivi ce vagabond, qui était sorti, selon sa coutume, il prit une baguette et en frappa le coupable ; ce qui le délivra entièrement de cette tentation du démon.

Entre les 12 maisons qu'il avait fait bâtir, il y en avait 3 sur les rochers qui n'avaient point d'eau. Les religieux, qui avaient une peine extrême pour en venir chercher en bas dans le lac, parce que la descente était difficile et dangereuse, le prièrent d'y pourvoir ou de changer leur demeure ; il leur promit de les contenter, et, ayant fait une prière fervente, il fit sourdre du roc une fontaine dont les eaux coulent encore, abondamment jusque dans la plaine. Un de ses novices, Goth de nation, travaillant auprès du lac, pour en défricher les bords, donna un si grand coup dans le bois, que le fer de son instrument, se détachant du manche, sauta dans l'eau sans qu'il y eût moyen de l'en retirer. Le Saint y vint, prit le manche de la main de son novice, le mit dans le lac, et aussitôt le fer remonta de lui-même, et, nageant sur l'eau, vint se remettre dans son manche, Le Saint rendit l'instrument au novice, et l'ayant consolé, lui commanda de continuer son travail.


La Médaille de Saint Benoît


La vie et la règle de saint Benoît de Nursie nous apprend qu'il trouvait dans l'invocation du Christ la force victorieuse à l'aide de laquelle il menait toutes ses luttes. Durant toute sa vie, saint Benoît eut une grande vénération pour la sainte croix, non seulement dans le but de vaincre ses propres tentations, parfois très violentes, mais encore pour anéantir de façon merveilleuse les mauvaises intentions et les artifices du démon, dont il est fait mention dans le deuxième livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand. D'après la tradition, saint Benoît fit éclater une coupe empoisonnée par le signe de la croix. Il invitait ses disciples à avoir une confiance semblable à la sienne dans ce signe.


Force de salut, vraie force miraculeuse, ainsi fut décrit le signe de la croix à Saint Maur, le disciple de saint Benoît dont est tirée aujourd'hui encore, la bénédiction dite de saint Maur, une bénédiction pour les malades. Les bénédictins, s'appuyant sur la foi de saint Benoît dans ce signe de bénédiction, utilisaient la croix de saint Benoît depuis le moyen-âge. Rien d'étonnant que dès les premiers temps, on ait représenté le Patriarche des moines d'Occident avec la sainte croix. Cette coutume paraît surtout avoir trouvé une grande propagation à cause de la guérison miraculeuse de Brunon, le fils cadet du comte Hugues d'Eguisheim, en Alsace, devenu pape plus tard, et qui occupa le siège de saint Pierre sous le nom de Léon IX, de 1049 à 1054. Adolescent, il fut mordu au visage par un animal venimeux, et après avoir gardé le lit pendant deux mois, il perdit l'usage de la langue. Son état devint désespéré. Voici que, se sentant entièrement réveillé, il aperçut subitement une échelle rayonnante de clarté montant de son lit jusqu'au ciel, de laquelle il vit descendre un vénérable vieillard qui vint à lui et toucha d'une croix son visage malade puis disparut. Le jeune malade, subitement et miraculeusement guéri, se plaisait à relater ce prodige pendant toute sa vie, et l'archidiacre Wilbert, l'auteur de cette relation, précise que Brunon a reconnu en ce vieillard respectable saint Benoît en personne, probablement parce que, déjà à ce moment, il était d'usage de le représenter la croix à la main. Il est à présumer qu'à partir de cet événement, la vénération pour saint Benoît, toujours représenté la croix à la main, se propagea de jour en jour, surtout en Allemagne, où saint Léon passa une grande partie de sa vie.


De la croix est tirée la médaille de saint Benoît, originaire d'Allemagne, semble-t-il. Les bénédictins reçurent l'approbation de ce sacramental par un bref du pape Benoît XIV, le 12 mars 1742. La médaille fut pourvue de bénédictions et d'indulgences. A travers les siècles, on atteste que l'utilisation de la croix de saint Benoît, avec un grand esprit de piété est particulièrement efficace.


Outre l'effigie de saint Benoît avec la croix, la médaille portera plusieurs lettres mystérieuses. Une curieuse histoire nous est rapportée à ce propos. On raconte qu'en 1647, on emprisonna quelques nécromanciennes en Bavière. En les interrogeant, elles déclarèrent que leurs agissements superstitieux étaient toujours restés sans effet aux endroits où se trouvait l'emblème de la sainte croix; leur domination ne pouvant notamment atteindre le couvent de Metten, elles en conclurent que ces lieux étaient particulièrement protégés. Après des investigations faites audit couvent, on constata que plusieurs peintures de la croix, appliquées de longue date sur les murs, portaient certaines lettres auxquelles on n'avait plus prêté attention. La signification de ces lettres ne put être trouvée que lorsqu'on découvrit dans la bibliothèque du couvent un manuscrit datant de 1415, dans lequel saint Benoît figurait portant dans la main droite une crosse se terminant par une croix. Sur cette crosse on lisait le texte suivant: "Crux sacra sit M lux N Draco sit Mihi Dux." Sa main gauche tenait un parchemin enroulé sur lequel figuraient les mots suivants: " Vade Retro Satana Nuq Suade M Vana. Sunt Mala Quae Libas Ipse Venena Bibas." Ce document révéla l'origine et le sens des lettres apposées aux murs; celles-ci formaient les initiales du libellé et du manuscrit. Ce fut à partir de cette époque que la médaille de saint Benoît commença de se répandre.


De tout ceci, nous retiendrons ce qui suit. "On trouve pour la première fois, dans un manuscrit bénédictin du 14ème siècle, les vers léonins accompagnant la croix de saint Benoît sur la médaille aujourd'hui. L'existence de la médaille elle-même n'est attestée que depuis le milieu du XVIIème siècle, les filles de la Charité fondées à cet époque l'avaient adoptées pour leur chapelet."


(Explication sur la médaille de l'Abbaye de Solesmes)


Saint Benoît est représenté habituellement la croix brandie comme une arme de défense sur une des faces de la médaille dans une main et dans l'autre un livre, la sainte Règle. Sur l'autre face figurent en abrégé les inscriptions suivantes:


C S P B : Crux Sancti Patris Benedicti : Croix du saint Père Benoît. Sur l'arbre de la croix, on lit de gauche à droite:


N D S M D : Non Draco Sit Mihi Dux : Le dragon ne doit pas être mon guide.

De haut en bas:


C S S M L : Crux Sacra Sit Mihi Lux : La croix doit être ma lumière.

Une inscription plus longue entoure la croix. Elle commençait autrefois par le nom de Jésus "IHS". Elle a été remplacée par le mot "PAX".

L'inscription se poursuit vers la droite par les lettres:


V R S N S M V : Vade Retro Satana, Numquam Suade mihi Vana : Arrière Satan, ne me tente jamais par la vanité.


S M Q L I V B : Sunt Mala Quae Libas, Ipse Venenum Bibas : Ce que tu offres, ce n'est que du mal, ravale ton poison.


La plus ancienne forme de la médaille de saint Benoît est ovale et porte le monogramme de Jésus à son sommet, comme il a été dit (IHS): la nouvelle forme de médaille, dans le style de Beuron, est ronde. Elle a été créée pour le Jubilé de saint Benoît de 1880, 1400ème anniversaire de sa naissance. Elle est aujourd'hui encore en usage sous le nom de médaille du Jubilé. Ainsi qu'il a été mentionné plus haut, à la place de "IHS", elle porte au-dessus de la croix de saint Benoît, la devise bénédictine "PAX", "Paix". C'était à l'origine un monogramme du Christ en lettres grecques Chi - Rho, ce qui a donné en latin XP, d'où PAX. Relevons que cette devise fut d'abord celle de la Congrégation Bénédictine cassinienne avant de devenir celle de l'ordre bénédictin tout entier.


Depuis la réforme des indulgences, les médailles ne sont plus munies d'indulgences particulières semble-t-il. Elles paraissent avoir disparues sous leur forme ancienne. Actuellement, d'ailleurs, ce ne sont plus tellement les objets qui sont bénis, mais bien plutôt les personnes qui en font usage. Cependant, leur usage pieux comme aide spirituelle sera recommandée. La vertu de la médaille de saint Benoît réside dans l'invocation du Christ par l'intercession de saint Benoît. Elle donne une protection particulière contre les attaques du démon, les tentations de toutes natures et les maladies. On peut porter la médaille sur soi ou la fixer sur la porte des maisons et des étables et dans l'auto. On évitera naturellement d'attacher une valeur superstitieuse à la possession de la médaille. Il ne suffit pas de la porter ou de la mettre dans un endroit que l'on veut protéger. Il faut avant tout vouloir conformer sa propre vie à l'Evangile et aux enseignements de saint Benoît.


Le Crucifix-médaille de Saint Benoit


La Croix-Médaille de Saint Benoît tire son origine des épisodes de sa vie où il lutta contre le démon et les influences mauvaises que lui-même, premier exorciste de l’histoire, chassait au nom de la croix et c’est pour cette raison que figure sur chaque médaille la devise PAX. L’origine de la Croix-médaille de Saint Benoît est très ancienne. Célèbre l’épisode survenu au Pape Saint Léon IX, lorsqu’il était encore enfant et s’appelait encore Bruno : alors qu’il dormait, il fut attaqué et mordu par un crapaud vénéneux qui le tua presque et, quelques mois plus tard, le jeune moribond eut une vision : une échelle lumineuse d’où descendait un vénérable vieillard, appuyé sur un bâton sur lequel était gravée la Croix de Christ. L’homme le toucha du bout de celui-ci, le guérit miraculeusement sur le champ et en s’y approchant, Bruno reconnut, dans la personne du vieillard vénérable, Saint Benoît. La croix de Saint Benoît se répandit en Bavière en 1600 et, à partir de là, dans toute la Chrétienté. Le Pape Benoît XIV approuva la dévotion à la Croix-Médaille de Saint Benoît en 1742.


Prières à Saint Benoît


Saint Père Benoît qui aide ceux qui ont recours à toi, accueille-moi également sous ta protection; défends-moi de tout ce qui attente à ma vie ; obtiens pour moi la grâce de la componction du Cœur et de la vraie conversion, pour réparer les fautes que j'ai commises, pour louer et glorifier Dieu tous les jours de ma vie. Homme selon le Cœur de Dieu, souviens-toi de moi auprès du Très-Haut afin que, une fois qu'il aura pardonné mes péchés, il me rende stable dans le bien, qu'il ne me permette pas de me séparer de Lui, qu'Il m'accueille dans le chœur des élus avec toi et l'ensemble des Saints qui t'ont suivi dans l'éternelle Béatitude.


Dieu Tout-Puissant et éternel, pour les mérites et l'exemple de St Benoît et sa sœur, la Vierge Scholastique, et de tous les saints moines, renouvelle en moi ton St Esprit, donne-moi la force pour combattre les séductions du malin, la patience pour affronter les tribulations de la vie, la prudence pour lutter contre les dangers. Augmente en moi l'amour de la chasteté, le désir de la pauvreté, l'ardeur pour obéir, l'humble fidélité pour observer la vie chrétienne. Réconforté par toi et soutenu par la charité des frères, que je puisse te servir joyeusement et arriver victorieux à la patrie céleste avec tous les autres Saints. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

Pour approfondir

Dossier très complet sur Saint Benoît

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/benoit/index.htm

 



09/02/2009
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