Spiritualité Chrétienne

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Saint Amand de Bordeaux

Saint Amand

Évêque de Bordeaux

vers 431

Fête le 18 juin


Les lettres de saint Jérôme et de saint Paulin de Nole sont tout un long panégyrique de Saint Amand de Bordeaux. On ne connaît aucun détail ni sur sa naissance ni sur sa famille; on croit ordinairement qu'il est né après le milieu du IVe siècle, dans la ville même de Bordeaux ou dans le diocèse. Dès son enfance, il fut élevé dans l'étude des Lettres sacrées, où il puisa une doctrine toute sainte. Jamais il ne fut souillé par le commerce du monde ni par les péchés de la chair. Cette pureté de vie le rendit si agréable à Dieu, que saint Paulin de Nole le charge de dire au Seigneur, en sa faveur, comme autrefois Moïse pour le peuple d'Israël: « Ou pardonnez-lui, ou effacez-moi de votre livre ».

 

Il fut un des principaux instruments dont Dieu se servit pour opérer la conversion du même saint Paulin, et la manière dont celui-ci en parle fait juger que ce fut saint Amand qui le catéchisa et le présenta sur les fonts sacrés du Baptême. Après que saint Paulin eut renoncé au monde et quitté les Gaules, saint Amand et lui lièrent ensemble un commerce réglé de lettres, se servant pour cet office de charité d'un nommé Cardumas, que saint Amand avait porté à s'adonner à la piété. Saint Delphin étant mort, le prêtre Amand, qu'il avait chargé, de son vivant, du ministère de la parole, fut élu, à sa place, évêque de Bordeaux.


Une parole de saint Paulin montrera combien ce siècle était fertile en grands et saints évêques, et en particulier quel était le mérite d'Amand. « Si vous voulez voir, dit-il, des évêques dignes de Dieu, des défenseurs zélés de la foi et de la religion, regardez Exupère de Toulouse, Simplice, de Vienne, Amand de Bordeaux, Diogénien d'Alby, Dyname d'Angoulême, Vénérand de Clermont, Alythius de Cahors, Pacat de Périgueux ». Lorsque l'âge et les fatigues l'eurent mis dans l'impuissance de prendre pour son troupeau les mêmes soins qu'auparavant, il fut si chagrin de voir que les mœurs et la religion de ses diocésains en souffraient, qu'il se mit à prier Dieu d'envoyer un évêque dont la vigueur et l'application pussent remédier au mal qu'il ne pouvait guérir pour sa part. Dieu envoya saint Séverin. Amand, instruit de son arrivée, s'avança à sa rencontre, l'introduisit dans ta ville et t'intronisa à sa place sur le Siège épiscopal. Amand, heureux de voir ses vœux exaucés et les mœurs s'améliorer, resta avec saint Séverin, auquel il survécut de quelques années.


Le martyrologe romain marque au 18 juin la fête de saint Amand, dont les reliques furent déposées dans la Basilique de Saint Seurin de Bordeaux. On ignore l'année de sa mort; mais, comme il était à peu près du même âge que saint Paulin de Note, on peut aussi placer sa mort à peu près vers le même temps que celle de cet illustre évêque, c'est-à-dire vers 431. Il ne parait aujourd'hui nulle part aucun des écrits de saint Amand, sinon le précis d'une de ses lettres que saint Jérôme nous a conservée. Il serait cependant à souhaiter, remarquent les continuateurs de Bollandus, que si ses autres lettres se trouvaient cachées dans quelque bibliothèque, on en enrichit le public. On juge, par l'éloge que saint Paulin fait des lettres de saint Amand dans les siennes, qu'elles seraient tout à fait propres à éclairer les âmes qui font profession de la piété chrétienne. Saint Paulin les regardait comme telles, lorsqu'il disait qu'elles faisaient la joie de son cœur, qu'elles lui étaient plus douces que le miel, et qu'elles formaient la consolation et la nourriture la plus délicieuse de l'âme.


C'est a saint Amand, suivant une opinion assez accréditée, mais qui rencontre pourtant des contradicteurs, entre autres Dom Rivet, qu'on est redevable de la conservation des écrits de saint Paulin. Celui-ci faisait aussi peu de cas de ses écrits que de ses richesses et de lui-même; il les laissait se perdre, malgré l'estime qu'en faisaient saint Augustin et saint Jérôme; et cette grande perte se serait consommée si saint Amand n'y avait mis obstacle. « C'est par le titre que vous avez mis à ces lettres, dit-il à saint Amand, que j'ai appris qu'elles étaient les miennes. C'est pourquoi j'ai reçu une preuve rare de votre amitié pour moi, puisque j'ai acquis la certitude que vous me connaissiez mieux que je ne me connais moi-même. Je me réjouis d'avoir reçu les hymnes que je désirais, etc ». « Cette lettre d'où ce passage est tiré, dit Baronius, existe manuscrite dans les archives du Nord; je regarde comme un grand présent la copie que m'en a envoyée Athonius Agelluis, clerc régulier, homme très-savant ».


 

Texte extrait des Bollandistes, volume 7



21/11/2010
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