Spiritualité Chrétienne

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Notre Dame de Kerio

 Notre Dame de Kerio

Noyal-Muzillac, Morbihan (France)



Histoire des Apparitions



Après les Apparitions de Pontmain (1871) et de La Fraudais à Marie Julie Jahenny (1873), et avant celle de Pellevoisin (1876)

En septembre 1874, au bas d’un vallon, près d’un bosquet, en la paroisse de Noyal-Muzillac, la Vierge est apparue à un jeune homme. Qui est ce jeune homme ? C’est Jean-Pierre Le BOTERFF, fils de Jean-Marie Le Boterff, garçon meunier et d’Anne-Noyale Le Borgne, déjà mère de trois enfants, d’un premier mariage. Il est né le 15 octobre 1857 au village du Boisgestin. Très jeune, il a une dévotion particulière à la Sainte Vierge. Il est fort probable, que les soirs d’hiver on récite le chapelet en famille, comme c’était l’usage en nos régions depuis les missions du Père de Montfort et de ses successeurs. Il est certain que, très jeune, il a son chapelet et qu’il aime égrener les Ave à sa Mère du Ciel. Ne dit-on pas en le voyant prier à l’église : “Il prie comme un ange”. On aime sa gentillesse et sa franchise, il est toujours prêt à rendre service. Il fréquente l’école communale dirigée par un Frère de Ploërmel. Il semble ne pas être très doué pour les études. A douze ans, après sa première communion, il est placé comme garçon de ferme chez Pierre-Marie Boulard qui exploite la ferme de Kério. Il donne toute satisfaction à son maître, courageux au travail, ne se plaignant jamais, toujours content, aimant jouer avec les enfants. Le jeudi 10 septembre 1874, la femme Boulard, sa tante, veuve Dréno et le jeune valet coupent du mil dans un champ en pente, en dessous du village. Contrairement à son habitude, Jean-Pierre interrompt fréquemment son travail pour regarder dans la direction du vallon, vers un bosquet. Quelque chose l’intrigue, mais il n’ose en parler. Vers les dix heures, cependant, il se décide.

- Oh  ! la bourgeoise  ! Regardez donc ! Vous ne voyez rien, par-dessus le chêne, là-bas ... Une belle Dame tout en or.

- Tu rêves, Jean-Pierre !

Et les deux femmes, ayant levé la tête et ne voyant rien, se mettent à rire. Mais le jeune homme vient à la charge de temps en temps.

- Mais, regardez donc, la voilà.

- Je pense  !... Bah  !... Tu nous embêtes.

Travaille ... Tout le monde va se moquer de toi si tu te mets à raconter de pareilles histoires.

- Venez, nous allons la voir.

On ne lui répond pas. Vers onze heures, les deux femmes s’en vont préparer le repas. Une fois seul, Jean-Pierre se sent poussé par une force invisible. Il met son chapeau sous son bras et court vers le vallon. La Dame porte une robe bleue semée d’étoiles, une couronne d’argent au bout de la manche droite, un manteau d’or, mais il ne voit ni ses pieds, ni ses mains, ni son visage. La Dame lui parle.

- Viens, mon enfant, n’aie pas peur. Je suis la Mère de Dieu. Prie beaucoup car je ne puis plus soutenir le bras de mon Fils. Dimanche prochain, prends avec toi ton père ou ta mère. Vous irez à Sainte-Anne d’Auray prier pour la Bretagne. Tu réciteras autant de chapelets qu’il y a de grains à ton chapelet. Et ce pèlerinage tu le feras, pieds nus, excepté dans les localités.

- Mais je ne suis pas capable, j’aurai mal aux pieds !

- Non ! je mettrai quelque chose sous tes pieds et tu n’auras pas mal ... Je te demande aussi de venir prier ici jusqu’à ce que je te dise le contraire, si tes maîtres ne s’y opposent pas.

Ses maîtres l’attendent. Jean-Marie Boulard demande à sa femme : “Où donc est resté le valet ?”

- Oh ! il est à “foller” dans le vallon. Il dit voir une belle Dame, près du gros chêne.

Jean-Pierre arrive peu après, tout triste et pâle, il dit  : “Tout l’après-midi, je marcherai pieds nus, en récitant le chapelet.”

- Pourquoi donc, Jean-Pierre ?

- C’est la Mère de Dieu qui me le demande. Mais qu’est-ce que la Bretagne ?

Comme beaucoup de ses compatriotes, il ignore même le nom de son pays.

Le soir il raconte à sa mère, et à elle seule, ce qui lui est arrivé dans la journée. Il lui demande de l’accompagner à Sainte-Anne d’Auray. “Je n’en parlerai pas à papa, il se moquerait de moi.” Tous les soirs Jean-Pierre se rend au vallon. Il prie pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire pour répondre aux désirs de la Mère de Dieu. Les grains du chapelet défilent entre ses doigts. C’est à regret, quand il fait nuit, qu’il rentre à la maison. Le dimanche soir, après une visite au vallon, au moment où l’Angélus sonne, il prend, en compagnie de sa mère, le chemin de Sainte-Anne d’Auray. Il se déchausse au moulin de Kerdréan. Arrivé au village de Keruel il dit à sa mère :

- Est-ce qu’il n’y a pas une fontaine par ici ?

- La voilà à notre droite, regarde et bois si tu as soif.

Penché sur la fontaine, il voit, et sa mère avec lui une belle clarté qui les éclaire aussi bien qu’une pleine lune. Cette lumière les précède jusqu’à Sainte-Anne. Les pèlerins se remettent en route. Les chapelets défilent les uns après les autres. Ils prient pour la Bretagne et les âmes du Purgatoire. Ils arrivent à Sainte-Anne d’Auray, le lundi matin vers quatre heures. Ils assistent à la messe et prient longuement pour toutes les intentions que la Vierge leur a recommandées. Leurs dévotions terminées, vers sept heures, ils reprennent le chemin du retour. Les gens qui les voient passer manifestent tout haut leur admiration pour ce jeune homme marchant pieds nus, le chapelet à la main. Ils sont de retour à Noyal pour l’Angélus du soir. La mère marche sur ses bas, la semelle de ses chaussures étant complètement usée. Mais, ni l’un ni l’autre n’éprouvent la moindre fatigue, bien qu’ayant parcouru quatre-vingts kilomètres en vingt-quatre heures. Jean-Pierre termine la journée par une visite au vallon. Il prie aux intentions que la Vierge lui a demandées. Elle ne vient pas remercier son fidèle serviteur. Cependant celui-ci se trouve très heureux. Il a rempli sa mission.



Les jours suivants, dès qu’il a un moment libre, il descend au vallon pour prier et peut-être aussi dans l’espoir de revoir la Vierge Marie. Le mercredi midi il s’y rend, portant dans ses bras le jeune Pierre Boulard, enfant de la ferme qui ne marche pas encore. La Mère de Dieu l’attend. Elle est là, ravissante de beauté pleine de clarté. Cette fois il voit sa figure et ses mains. L’Apparition est de courte durée. Marie ne lui parle pas. Il semble que l’enfant continue à la voir par les gestes qu’il fait. Il tient son regard fixé sur un point vers lequel, de sa petite main, il veut diriger le regard de Jean-Pierre. De retour à la maison, il fait ses premiers pas. A maintes reprises, il répète : “Maman là !”, en indiquant la direction du vallon, comme pour demander à y retourner. Le soir, à sept heures, près du gros chêne, Jean-Pierre prie. La Mère de Dieu se montre à lui

Elle se tient à hauteur d’homme, dit-il, quand elle enlève son voile, mes yeux s’éblouissent devant une telle beauté”. Elle lui parle.

- Je te remercie de ta fidélité à remplir toutes mes recommandations. Tu ne me verras plus ici. Continue à prier et à faire pénitence pour les pécheurs.

- Mais, il faudrait un signe, autrement personne ne voudra me croire. On se moquera de moi.

- Des miracles en seront le signe. De plus, tes détracteurs et les miens seront punis par des pertes et des maladies. Ils ne sauront d’où viendront leurs malheurs.

Malgré son émotion, il pose de nombreuses questions. Marie répond à toutes. Puis elle ajoute :

Beaucoup de personnes viendront me prier ici. Elles ne me verront pas, mais je serai là, invisible, les écoutant, je ne promets pas de les exaucer toutes, aucune cependant ne s’en ira sans se sentir soulagée.”

Elle lui confie pour son confesseur plusieurs secrets que celui-ci devra transmettre à Monseigneur Bécel, évêque de Vannes. Elle l’exhorte à entrer chez les Frères à Ploërmel, c’est le désir de son Fils. Elle s’incline devant lui pour un au revoir, puis elle disparaît. Le lendemain matin Jean-Pierre se rend au presbytère pour communiquer à son confesseur, l’abbé Balet, vicaire, le message qu’il devra transmettre à l’Evêque. Dès qu’il commence à parler, le vicaire l’arrête et lui dit : “Tu parles en latin”  ?

- Je ne sais pas, je vous dis ce que la Sainte Vierge m’a dit de vous dire pour Monseigneur.

Il continue son récit, puis quand il a terminé l’abbé Balet ajoute  : “Répète souvent ce que tu viens de me dire, pour ne pas l’oublier”.

Sa mission achevée, le jeune homme s’en retourne pour se remettre au travail. Le recteur, l’abbé Corne, sans doute un peu fâché de n’avoir pas été choisi comme messager, semble ignorer ce qui vient de se passer dans sa paroisse. Que penser de ces Apparitions ? Elles ne reposent que sur les déclarations de Jean-Pierre Le Boterff. À la première il signale aux deux femmes qui sont avec lui la présence d’une belle Dame dans le vallon. Elles regardent et ne voient rien. Le mercredi midi son compagnon est trop jeune pour en garder le souvenir. Le mercredi soir, il est seul. Cependant, il semble bien que personne ne met en doute les déclarations du voyant, ni ses parents, ni ses maîtres, ni ceux qui connaissent sa grande dévotion à la Vierge et son horreur du mensonge. Il est regrettable que le chef de la paroisse n’ait pas demandé une enquête officielle. II faut reconnaître qu’il n’a pas empêché les gens d’aller prier dans le vallon. Il faudra attendre l’arrivée de son successeur, l’abbé Michelot pour trouver dans le cahier paroissial l’histoire des Apparitions et des guérisons obtenues au lieu où la Vierge a daigné se montrer à Jean-Pierre le Boterff.

À ceux qui le plaisantent, le jeune homme répond : “J’ai vu ici la Mère de Dieu. Elle m’a parlé, je ne mens pas. Je n’ai rien de plus à vous dire. Je sais qu’on se moquera de moi, ça ne me fait pas peur.”

Après les apparitions, Jean-Pierre, qui a oublié tout ce qu’il a appris à l’école, réapprend, seul, à lire et à écrire (certainement aidé par sa bonne Mère du Ciel), au grand étonnement de son entourage. Chaque soir, Jean-Pierre se rend au vallon pour prier. Il n’est pas seul, des personnes du bourg et des environs l’attendent pour réciter le chapelet et chanter des cantiques. Un soir, la femme Le Bot apporte une statuette de la Vierge, espérant obtenir la guérison de sa fille sourde et muette ; d’autres fois, ce sont des images ou des bougies qu’on apporte. Jean-Pierre construit un petit abri pour mettre la statuette et les images. On lui donne le nom de GROTTE, nom qui restera dans la suite pour l’oratoire et la chapelle. Ces rassemblements ne plaisent pas aux esprits forts du pays. Un soir, trois d’entre eux s’en viennent au vallon. Le plus audacieux prend la statuette dans ses mains et se met à lui parler d’un ton gouailleur : “ C’est à moi qu’il fallait apparaître, un homme intelligent et savant et non à un innocent, un fou qui ne sait quoi répondre”. La nuit suivante, il tombe paralysé des deux jambes. Il ne sera guéri que lorsqu’il reviendra demander pardon, quelques semaines plus tard. Le second, par bravade et moquerie, bourre sa pipe et l’allume à un cierge. Peu de temps après un cancer lui ronge la bouche. Le troisième, outré de l’audace de ses compagnons, les prie de se taire, mais en vain.

Jean-Pierre, trouvant trop petit le premier abri, décide d’en faire un autre plus grand. Avec des branches d’arbres et des genêts pliés, il dresse une hutte. On peut y entrer par une petite ouverture. Il y a place pour trois personnes. Il met à l’intérieur la statuette, les images et les cierges. Les pèlerins restent dehors pour la prière.

* Un soir de la Toussaint, Marie Orjebin, domestique chez Mathurin Bily, qui depuis dix-sept ans souffre du bras droit et ne peut s’en servir, vient à la grotte. Elle y pénètre, récite le chapelet, demande à la Vierge sa guérison. Elle en sort, un quart d’heure plus tard, guérie.

* Une nuit, il y a grande tempête et pluie torrentielle. Le matin, la femme Boulard dit à son valet :

Va voir ta grotte, elle est par terre”. Il descend au vallon et revient, triomphant, disant :

- Il n’y a rien de cassé. Elle n’est même pas mouillée. Toutes les images sont sèches.

Plusieurs personnes descendent pour constater les faits par elles-mêmes. L’une s’écrie : C’est un vrai miracle !”

La hutte va durer jusqu’en 1876, date à laquelle Jean-Pierre entre chez les Frères à Ploërmel. Il ne prendra donc part, ni à la construction de l’oratoire, ni à celle de la chapelle. Sa mission est terminée, à d’autres de la continuer. Ils ne manqueront pas. 1876 voit la construction de l’oratoire en planches de sapin au même endroit. Il va durer quatre ans. Le nombre des pèlerins ne cesse d’augmenter. Le 21juillet 1881, une personne de Malestroit est incommodée par la chaleur des cierges. On la transporte dehors, oubliant de fermer la porte. Un violent coup de vent renverse les cierges qui mettent le feu aux planches. En quelques instants, l’oratoire est réduit en cendres. Les amis de Notre Dame de Kério décident de bâtir une chapelle sur l’emplacement de l’oratoire. Par suite d’un malentendu avec Monsieur Carré, propriétaire, celui-ci refuse de céder son terrain. Monsieur Mathurin Bily décide d’acheter une parcelle avoisinante pour la construction de la chapelle. On y pose la première pierre le 25 mars 1882, fête de l’Annonciation. Tout se fait en dehors du clergé qui ne met aucune opposition. Les travaux de maçonnerie sont exécutés par l’entreprise Jégo. Les pierres de taille sont fournies par la famille Cléro. Jean Le Roux monte la charpente dont le bois est fourni par Jacques Guichon. Les ardoises sont achetées à Rochefort. Les travaux sont terminés à la fin de l’année 1882. Ils se sont élevés entre cinq et six mille francs. Les dons et les offrandes des pèlerins ont permis de payer la construction de la chapelle. Elle est d’une très grande simplicité. Elle possède un bel autel en granit surmonté d’une grande statue de la Vierge. Sur son socle, on peut lire : “Voeu 1890”, puis, entre parenthèses les initiales de la famille de Klausmadeuc donatrice. Par la suite Mr Morissot, ancien maire de Noyal, devenu propriétaire du terrain des Apparitions, fait élever une Croix de granit à l’endroit où se trouvait la Vierge Marie. Sur le socle, une plaque de marbre porte cette inscription : "Des miracles seront la preuve que je suis descendue en ces lieux en 1874."

* Un Noyalais, voyant que des pèlerins demandent à boire, fait cette prière : “Bonne Mère, vous voyez bien que vos dévots ont soif, faites jaillir de l’eau pour qu’ils puissent se désaltérer.” Confiant, il creuse un trou en bordure du chemin. L’eau se met à jaillir.

L’abbé Michelot, succédant à l’abbé Corric comme responsable de la paroisse, se renseigne sur les Apparitions, il en fait un récit sur le cahier de la paroisse. Par la suite, il note les guérisons dont il a connaissance. En voici quelques-unes : * En 1887, Jeanne Noblet, épouse Drouet, de Malestroit, est atteinte de violentes crises nerveuses. Elle souffre beaucoup. Elle vient prier la Vierge à Kério. Elle s’en retourne guérie. Son mari se brise la cuisse gauche. Il promet de faire un pèlerinage Kério s’il peut reprendre son travail de couvreur. Quelques jours après, la guérison est complète. Il ne lui reste plus qu’à aller remercier sa bienfaitrice. * Vers 1889, Monsieur François Jagoury de Saint-Martin-sur-Oust vient trouver l’abbé Michelot et lui déclare qu’il était atteint de fréquents saignements de nez, que ni le docteur Clouet, de Rochefort, ni le docteur Boucher, de Carentoir, n’ont pu les faire cesser. Après un pèlerinage à Kério, il est complètement guéri. * Le 11 juillet 1901, Marie-Joseph Talbourdet, veuve Racouët, de Caden, vient en pèlerinage à Kério. Le docteur de Rochefort qui la soigne a déclaré à ses proches qu’elle est condamnée. Elle souffre du coeur, a de fréquents vomissements de sang et des difficultés pour parler. Elle est conduite à Noyal par Mr Guillouche, maire de Caden, avec quelques amies. Les pèlerins s’arrêtent au bourg. L’abbé Michelot constate le triste état de la malade. Rendus à a chapelle, ils commencent la récitation du chapelet ; la cinquième dizaine, la femme Racouët répond comme les autres, à leur grande surprise. Elle est complètement guérie.

Mr Guillouche repasse par le presbytère, le recteur constate la parfaite guérison. Comme les autres, elle boit la bolée de cidre offert par M Michelot. Le 17 juillet, le docteur Florency qui l’a vue le 10 du même mois, déclare qu’elle est complètement guérie. * Madame Vaillant de Malestroit, atteinte d’une aphonie complète depuis plusieurs années, vient en pèlerinage à Kério avec plusieurs de ses enfants. Après quelques prières récitées avec ferveur, elle recouvre complètement la voix. Elle récite le chapelet à haute voix. Elle reviendra dans la suite plusieurs fois pour dire merci. Anne Plantard, de Caro, a depuis longtemps un bras paralysé. Elle se rend à Kério. Elle est soudainement et complètement guérie. Le recteur de paroisse ajoute : “C’est ce fait qui m’a fait connaître le pèlerinage de Noyal.”* Voici le récit que m’a fait Mme R. le F., née en 1903, habitant Péaule, toujours vivante : “Mon mari est mort en 1939, peu de temps avant la guerre. Je continue l’exploitation de la ferme de vingt-huit hectares. Le 18 avril 1957, je tombe dans ma maison, je me casse le tibia. On immobilise ma jambe dans mon lit par un sac de sable. La guérison se fait attendre. J’entends des plaintes des voisins, mes bêtes vont sur leurs terrains, causent des dégâts. Le 30 mai, jour de l’Ascension, je me décide à aller à Kério demander à la Sainte Vierge de me guérir. Le matin je me rends à l’église, je me confesse, j’assiste à la Messe, je communie. Je dis à la soeur infirmière que je vais à Kério cet après-midi. Me voyant marcher appuyée sur mes deux bâtons, elle me dit que c’est impossible. Je lui réponds : “et pourtant j’irai !” L’après-midi, accompagnée d’une voisine, je prends le chemin de Kério, appuyée sur mes deux bâtons. Dans la chapelle je prie longtemps la bonne Vierge. Je suis sûre qu’elle m’entend. Je rentre chez moi. Le lendemain matin je me lève, je soigne mes bêtes, je fais la traite. Depuis je n’ai jamais souffert de ma jambe.” * Voici un fait qui m’a été raconté le Vendredi Saint 1989, dans la chapelle, par Mme Le Th. de Muzillac : “Vers 1920, une petite fille de plus de deux ans refusait de faire ses premiers pas ; dès qu’on la pose à terre, elle se laisse choir. Quelqu’un conseille de la porter à Kério. Aussitôt le père la prend dans ses bras et part pour la chapelle. Arrivé, il prie avec ferveur, demandant à la Vierge de lui venir en aide. Il essaie de faire marcher l'enfant. Hélas, comme à la maison, elle se laisse choir. Après plusieurs essais, désespéré, il prend le chemin du retour. Il s’arrête dans une ferme, s’assoit, tenant sa fille sur ses genoux : soudain elle lui glisse le long des jambes et se met à marcher. Vous devinez la joie du père. Il se lève et dit : “Il ne me reste plus qu’une chose à faire, c’est de retourner dire merci.” C’est ce qu’il fait immédiatement. * Mr K. dirige, à la Roche-Bernard, une petite entreprise de pierres de taille et de monuments funéraires. Il meurt en 1945. Ses deux fils qui travaillent avec lui déclarent à leur mère qu’ils renoncent à continuer l’entreprise. Toute bouleversée, celle-ci va faire part de sa peine à sa meilleure amie, “ma soeur”, qui a passé deux ans à Noyal. Elle lui propose un pèlerinage à Kério. A leur retour, l’un des garçons est là qui dit  : “Maman, je continue le travail de papa”. Vous pensez la joie de la mère. Vous direz peut-être simple coïncidence. Mais pas pour Mme K.

Beaucoup plus importantes que les guérisons des corps sont les nombreuses conversions obtenues après des pèlerinages à N.D. de Kério. Jean-Pierre le Boterff, suivant le conseil de Marie, se présente au postulat des Frères à Ploërmel le 2 juin 1876. Au Frère Amand-Joseph, son directeur, il fait le récit complet des Apparitions de ce que la Vierge lui a demandé et ce qu’il a fait pour exécuter ses désirs. Le Supérieur ne met pas en doute ce qu’il vient d’entendre. Il le transcrit et le garde dans ses archives. Il en fait la lecture chaque année, à son nouveau groupe. Jean-Pierre, entrant au noviciat, prend le nom de Frère Florien-Marie. Après avoir fait son voeu d’obéissance, il est placé comme aide-infirmier. Il se met tout entier au service de ses Frères malades, toujours à leur disposition, aimant leur rendre tous les services possibles, même leurs caprices de malades. Il récite le chapelet avec eux. Il leur recommande d’avoir une grande confiance envers la Reine du ciel. Dans tous ses mouvements, il a toujours le chapelet à la main. Quand on lui annonce qu’un de ses malades est à ses derniers instants, il ne le quitte pas. Il le prépare à recevoir les derniers sacrements. Il lui assure la grande Miséricorde de Dieu. Il le confie à celle qui s’est montrée à lui dans le vallon de Kério. En 1888, Jean-Pierre tombe gravement malade. Il est tout heureux de l’apprendre. Enfin, il pourra revoir sa bonne Mère du Ciel, et cette fois ce sera pour toujours. Il meurt le premier juin 1888. Il est enterré au cimetière de la Communauté. Une statuette de la Vierge et un chapelet placés au-dessus de sa Croix, provoquent souvent cette question : “Pourquoi ce chapelet et cette statuette ? “On répond : C’est la tombe d’un petit Frère à qui la Sainte Vierge est apparue.”

En 1903, une loi interdit aux Frères d’enseigner en France et, de plus, confisque leurs biens. Le cimetière reste de nombreuses années à l’abandon. Il ne reste aucun souvenir de l’endroit où il été enterré. De même, lors du déménagement de la maison, le récit transcrit par le Frère Amand-Joseph a été égaré. On ne saura jamais, avec sûreté, tout ce qui concerne les Apparitions. On peut voir une photo de Jean-Pierre, entouré de sa mère et de sa tante, dans le choeur de la chapelle. Le jeune Pierre Boulard, que Jean-Pierre portait dans ses bras le mercredi 16 septembre 1874, entra chez les Frères le 9 février 1888. Après de sérieuses études, il s’embarque pour Haïti le 17 mai 1892. Durant seize ans, l’institution Saint-Louis de Gonzague de Port-au-Prince bénéficie de ses talents. Il meurt de la fièvre jaune le 29 octobre 1908. Et maintenant, en 1992, que devient ce centre de pèlerinage ? La chapelle fait sa toilette. En 1988 une toiture neuve remplace l’ancienne plus que centenaire. 1990 voit la réfection du crépi extérieur, en laissant apparentes les pierres des angles et de l’encadrement des fenêtres et des portes. 1992 voit la réfection de la voûte.



Merci à tous ceux qui m’ont fourni des documents et m’ont permis de composer cet opuscule en l’honneur de Notre Dame de Kério. Qu'Elle les bénisse tous !


le 8 septembre 1992, Frère Théodore Volant.

 

Venez ici, là où Notre Dame vous attend !



Notre Dame de Kerio, priez pour nous, pour l'Eglise, la Bretagne et la France.

 



06/06/2008
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