Spiritualité Chrétienne

Spiritualité Chrétienne

Le Serviteur de Dieu Nicolas d'Onofrio

 Le Serviteur de Dieu Nicolas d'Onofrio

Etudiant camillien

1943-1964


Les premières années


Nicolas D'Onofrio est né à Villamagna, dans le diocèse de Chieti (Abrusses) le 24 mars 1943; il a été baptisé dans l'église paroissiale de Ste Marie Majeure le 27 mars suivant, et y reçut le prénom de Nicolas. Son père s'appelait Giovanni. C'était un homme moralement intègre; travaillant dur dans la campagne, il était plein de cette sagesse populaire et paysanne qui caractérise les vieilles familles des Abruzzes. Religieux aussi et pieux, comme le sont habituellement les hommes de cette région d'Italie. La maman, Virginia Ferrara, était une femme forte et délicate, qu'il avait choisie pour sa piété et son esprit chrétien. Elle sut transmettre à son fils le culte du caractère religieux de la vie, la délicatesse et une remarquable gentillesse et sérénité d'esprit. Il fut confirmé le 17 octobre 1953. Trois ans auparavant, le 8 juin 1950, il avait fait sa première communion à l'occasion de la Fête-Dieu. Il a suivi les cours de l'école élémentaire de Villamagna au hameau de Madonna del Carmine, se faisant remarquer par son application, sa bonté et sa disponibilité aux autres, ainsi que l'attestent sa maîtresse et ses compagnons d'âge. Il ne négligea jamais le service à l'autel, dans l'église paroissiale, où il se rendait même en plein hiver, bien que la maison familiale se trouvât à plusieurs kilomètres, à la limite de la commune voisine de Bucchianico, village natal de saint Camille de Lellis.


Au Séminaire à Rome

Un prêtre de l'Ordre de saint Camille, le père Santino, son concitoyen, lui proposa d'entrer au séminaire camillien de Rome. D'Onofrio accueillit la proposition avec joie et fit immédiatement part de sa décision à ses parents. Ceux-ci s'y opposèrent. La maman, parce qu'elle le voulait au séminare diocésain de Chieti, la ville toute proche. Le papa, parce qu'il envisageait mal de perdre de bons bras prometteurs pour les travaux des champs: Nicolas était l'ainé des deux garçons, (un second garçon, Thomas, était né par la suite au foyer de Giovanni et de Virginia) et rendait déjà de bons services à la maison et aux champs, selon les possibilités de son âge. En outre, deux tantes célibataires, des sœurs du papa, qui vivaient avec la famille, lui promettaient de faire de lui leur unique héritier s'il restait. Toute la vie de Nicolino fut d'une sincérité vraie. L'opposition de la famille dura un an. Un temps que Nicolino vécut dans la prière et dans l'étude; il obtint finalement l'autorisation d'entrer au séminaires des Camilliens à Rome. Il y arriva le 3 octobre 1955, en la fête de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui deviendra ensuite son guide spirituel. Dans ce séminaire bien rempli, comme l'étaient à cette époque ces centres de sélection pour le sacerdoce, le jeune Nicolas ne se déroba point aux obervations de ceux qui devaient repérer les signes d'une vocation sûre. On remarqua immédiatement le sérieux de son désir de travailler sur tout lui-même en se confiant totalement à ses supérieurs dans la direction de son esprit. Deux ans après, il apprit que son père voulait le reprendre et le ramener à la maison. Il écrivit alors une lettre trés forte dans laquelle il l'informait de sa volonté bien arrêtée de continuer vers le sacerdoce dans l'Ordre camillien à n'importe quel prix. Beaucoup de raisons l'avaient poussé à sa décision, entre autres cette déclaration de saint Jean Bosco: "La plus belle bénédiction pour une famille est d'avoir un fils prêtre".

Novice

Le 6 octobre 1960, il reçut l'habit des religieux de saint Camille, commençant ainsi son année de noviciat. A la fin de la retraite préparatoire à cette étape importante de sa vie, il écrivait: "Seigneur Jésus, si je devais un jour rejeter le saint habit comme tant d'autres, fais que je meure avant de le recevoir pour la première fois; je n'ai pas peur de mourir maintenant, je suis dans ta grâce. Quelle belle chose de pouvoir venir te voir avec Marie, ta mère qui est aussi la mienne". Durant toute l'année du noviciat, il nota sur son "Journal" ses résolutions et ses petites conquêtes, ses moments de lutte et ses aridités. Cet écrit révèle sa volonté bien arrêtée de poursuivre sa route sur le chemin de l'appel divin, en se confiant à l'aide du Ciel, le tout se résumant dans cette expression: "Le démon est vaincu si l'on se tient près de Jésus et de Marie par les sacrements et par la prière". Dès cette époque, il vivait déjà intensément le charisme camillien. Il se distingua de manière particulière à l'occasion de l'assistance apportée à un confrère âgé, le père Del Greco, atteint d'une grave tumeur à la face. On peut au moins rappeler ce qu'il disait à ce même père à l'occasion de vendredi-saint: "Père, unissez vos souffrances à celles de Jésus agonisant: aujourd'hui, nous sommes le vendredi-saint, belle journée pour vous qui souffrez avec Jésus".

Les premiers voeux

Au matin du 7 octobre 1961, en la fête de Notre-Dame du Saint Rosaire, il prononça pour trois ans les vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance et de service envers les malades, même contagieux, après une sérieuse année de préparation que les membres du chapitre jugèrent excellente. Ce même jour, débuta son temps de formation comme religieux profès camillien. Serein et heureux, disponible à tous, fidèle à l'observation de la vie commune, assidu dans la prière et appliqué aux études, humble dans la simplicité, sans afficher des attitudes extérieures singulières ou théâtrales. Ses supérieurs immédiats (le père Andrea C. provincial, et le père Renato D, maître des clercs) sont ses guides et les témoins de ses progrès, lents mais constants, vers le sommet de la Sainte Montagne de Dieu. Il nourrissait un ardent amour pour Jésus Eucharistie, qu'il recevait quotidiennement et visitait souvent au cours de la journée dans l'église du séminaire ou de l'Université Grégorienne. Il s'était inscrit dans la "Garde d'Honneur au Sacré-Cœur de Jésus", choisissant de faire son heure de réparation entre 8 et 9 h. Une dévotion tendre et filiale envers la Vierge Marie, sans jamais tomber dans un sentimentalisme banal et superficiel. Une grande dévotion envers sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, dont il adopta pour lui-même la spiritualité de la petite voie.

Dans le charisme de Saint Camille

Il nourrissait un amour profond envers son père et fondateur saint Camille, dont il étudiait à fond l'esprit: il rêvait à des journées intenses de travail au service des malades, lorsqu'il serait devenu prêtre. Il n'avait pas peur de témoigner devant tous de son ardeur pour la vocation camillienne. Ardent à l'étude, il s'appliquait sérieusement à ses études, plein de considération et d'affection pour ses maîtres. Il était docile et attentif, impatient d'acquérir les connaissances qui lui étaient proposées, estimant qu'elles étaient nécessaires pour remplir dignement son ministère sacerdotal au service des frères souffrants. Pendant le court espace de temps qu'il a vécu comme étudiant camillien, il a fait preuve d'un grand amour et d'un grand attachement à sa famille religieuse: il se disait heureux de rester dans la maison religieuse et ne s'accordait pas facilement des sorties: il consacrait son cœur, ses moyens et son temps aux diverses urgences et nécessités de la communauté religieuse.

La maladie

Vers la fin de 1962, il commença à ressentir les premiers symptômes de la maladie qui allait l'emporter à l'âge de 21 ans. Dès les premiers instants, il se soumit avec obéissance aux décisions des supérieurs et des médecins. Le 30 juillet 1963, il fut opéré dans le service d'urologie de l'hôpital Saint Camille de Rome. L'examen histologique de la partie prélevée donna la réponse non équivoque: issue fatale à brève échéance: tumeur maligne. La convalescence dans la maison des aumôniers de ce même hôpital l'a fait apparaître comme un malade patient et toujours souriant, attentif à ne pas déranger les confrères, toujours attentifs à sa personne. Par la suite, il fut hospitalisé le 19 août à la Polyclinique Umberto I de la capitale pour la cobalto-thérapie dans la région subthoracique, avec le secret espoir du médecin traitant, le docteur Mario, d'enrayer le mal. A partir du 24 du même mois, il continua à suivre cette thérapie en externe, dans ce même hôpital. Son comportement à cette période est d'un grand exemple pour tous en raison de la patience qu'il manifeste à supporter les douleurs et de la disponibilité qu'il témoigne à faire la volonté de Dieu. Quelqu'elle soit. Il savait ou pour le moins il suspectait dès cet été qu'il était atteint d'un mal d'une certaine gravité: nous pouvons le déduire d'une note que nous avons trouvée dans ses papiers, où il écrivait: "Fin juin: en 2-3 jours, cela prend des proportions démesurées. Traitement à la pénicilline et à la streptomycine, avec vitamines B et C", et plus loin, après d'autres hospitalisations et interventions chirugicales dans deux hôpitaux romains, il écrit: "12/8. Début des séances de rayons gamma et autres (200 par jour)… 20/8 séance de rayons, 2 clichés des poumons, analyse de sang… 23/8 rayons. 22 clichés de l'appareil digestif. A la reprise de l'année scolastique, à l'automne, les supérieurs l'inscrivirent pour une année de philosophie à l'Université pontificale grégorienne, bien qu'il fût déjà profondément touché par le cancer. Là aussi on nota (chez les professeurs et chez les étudiants) son applicationn, sa sérénité et sa bonté d'âme. Aux premiers jours de 1964, on fit une nouvelle radiographie du thorax. Le poumon droit parut atteint en grande partie par le mal. Nicolas se rendit définitivement compte de son véritable état de santé, bien que personne ne lui eût encore jamais parlé de la gravité de son état; tous cherchaient plutôt à cacher la situation désormais sans espoir. On le suppose en raison d'une conversation qu'il eut avec le frère Tommaso, dans laquelle il évoquait la certitude de son prochain départ de ce monde, disant seulement son inquiétude en raison de la peine que cela ferait à sa maman. A la fin du mois de mars, il demanda un entretien à son supérieur provincial pour que celui-ci lui dise franchement quel était son véritable état de santé. Mis au pied du mur, celui-ci ne put cacher la vérité, même s'il l'accompagna de motifs de grande espérance et surtout d'une invitation à la confiance en la bonté et la puissance de Dieu qui peut tout faire, même un grand miracle comme celui dont il avait besoin. Connaissant donc la réalité, il ne sombra pas dans le désespoir, mais après un moment d'intense réflexion qu'il passa entièrement devant Jésus Eucharistie dans l'église du séminaire, il reprit son sourire habituel et pria davantage en consacrant de longs moments à la méditation. A l'occasion de conversations avec ses amis sur la réalité d'une mort imminente, il n'évitait pas la question, ne la dramatisait pas, mais il l'abordait avec sérénité et détachement. Ceux qui ont été proches de lui se rappellent qu'ils avaient eu le sentiment de rencontrer une créature qui vivait déjà dans les réalités d'un au-delà présent dans son existence qui allait trop précocement vers son déclin. Ils se rappellent aussi fort bien que ses entretiens sur l'autre vie étaient calmes et sereins, sans excès ni fanatisme et qu'un grand esprit de foi éclairait son existence qu'il continuait à mener normalement, participant à la vie commune du séminaire camillien. Dans le secret espoir d'obtenir un grand miracle, les supérieurs l'envoyèrent en pélerinage à Lourdes et à Lisieux. D'Onofrio y alla par obéissance, surtout dans l'intention de demander l'aide de la Vierge Immaculée et de sa grande petite sainte Thérèse, pour pouvoir faire la volonté de Dieu jusqu'en ses extrêmes conséquences, uni sereinement à la Croix du Christ. C'était le 1er mai: 33 jours avant sa rencontre avec Dieu pour l'éternité.

Tout à Dieu

Par dispense "super triennium", le pape Paul VI, de vénérée mémoire, lui accorda la faveur de faire ses vœux perpétuels. Au jour de la Fête Dieu, le 28 mai, il se consacra à Dieu pour toujours dans l'église du séminaire camillien à Rome: dernier acte d'amour d'une vie brève mais vécue intensément "dans la prière et dans l'amour". Au matin du 5 juin, fête du Sacré-Coeur de Jésus, il accepta en pleine conscience de recevoir l'onction des malades que lui proposait le supérieur provincial. Moment d'intense émotion pour de nombreux confrères, à la fin de la messe célébrée dans la chambre qui l'hébergeait depuis quelques mois au rez-de-chaussée, pour faciliter ses déplacements que désormais il ne pouvait plus faire qu'en fauteuil roulant, et pour permettre la visite de la maman et des nombreux amis. Les derniers jours de sa vie terrestre sont désormais une terrible et dramatique souffrance continue. Le cancer progresse et envahit totalement les poumons; à d'atroces douleurs s'ajoutent des moments d'étouffement. Nicolino vit ces souffrances avec héroïsme, en union avec la Croix du Christ; il invoque l'aide de Marie, de saint Camille, de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, toujours serein, sans jamais sombrer dans le désespoir, veillant à ne pas causer d'ennui à ceux qui l'assistent et s'efforçant de cacher le plus possible les inévitables réactions causées par la souffrance, afin d'éviter de la peine à sa maman qui est auprès de lui. Même pour ceux qui le connaissent depuis son enfance, cette extraordinaire confiance en la Volonté de Dieu provoque admiration et respect.

Une fleur dans le Cœur de Dieu

Le 12 juin fut le dernier jour terrestre pour Nicolino. Une longue agonie qui commença à 16 h. pour s'achever à 21 h. 15, après une journée passée dans la prière et dans l'affirmation d'une foi profonde et d'un ardent amour pour Jésus et Marie, avec l'aide de ses deux saints préférés, et le réconfort de la prière émue des confrères et amis. Son supérieur évoque aujourd'hui encore ses derniers instants de la manière suivante: "Il commençait les prières auxquelles tous les jeunes confrères, réunis autour de lui dans sa chambre, répondaient avec une grande ferveur. Il nous y invitait de temps en temps en disant: encore, encore… plus fort!", et, de temps en temps, il y ajoutait aussi ses invocations particulières qui révélaient sa foi vive en la présence de quelque chose d'ultra-sensible dont il se sentait proche". Cette rencontre avec le surnaturel fut remarqué aussi par les autres qui assistèrent au décès. Les portes du Ciel s'ouvrirent alors que, lucide jusqu'à la fin, il répétait continuellement l'acte d'offrande de sa vie et de ses souffrances, refusant les analgésiques; il invitait les personnes présentes à prier avec lui et pour lui. Une fin de vie cohérente avec ce qu'il s'était proposé de vivre: On avait l'impression que s'achevait une Passion: cela ressort des paroles simples d'une femme du peuple, amie de toujours de la famille: "Le docteur qui a constaté son décès a ouvert la porte et appelé la maman: Madame: voici votre fils! comme si c'était Marie à laquelle on remettait son fils crucifié". Un confrère, lié à Nicolino par une profonde amitié, écrivait quelques jours après la mort. "Maintenant il ne reste parmi nous ici-bas qu'une tige coupée, sa tige. La fleur est là-haut, plongée dans le cœur de Dieu. C'est pourquoi, lorsque je pense à Nicolino ou que je parle de lui, je me surprends à regarder vers en-haut, rêveur, incliné. Mon héros! J'avais entrevu, rêvé l'idéal de la sainteté, je ne l'avais jamais atteint, parce que pour toucher quelque chose il faut en être proche, et pour que l'admiration soit sans voile, il faut pouvoir imiter le héros qui l'inspire. J'ai touché mon héros et puis… il a paru me fuir. Maiscomme la petite Thérèse avec Céline, je crois qu'il cheminera toujours auprès de celui qui a su le découvrir. Je l'ai aimé, il est mort dans mes bras, il m'a adressé son dernier regard et m'a fait au revoir de la main. Je l'ai aimé, désormais c'est mon grand petit saint avec notre petite Thérèse (la sienne et la mienne)".

Dans l'attente de la résurrection

Une grande foule de confrères, d'amis et de connaissances se retrouva pour les funérailles. La demande suppliante et déchirante de la maman amena les supérieurs à permettre l'inhumation des restes mortels de Nicola D'Onofrio à Villamagna, sa terre natale, dans la tombe familiale. Le dernier voyage de retour au pays se fit le 15 juin, en compagnie des supérieurs et des confrères. Après une célébration eucharistique solennelle à laquelle prit part toute la population, il fut enterré dans la chapelle Ferrara, la famille de la maman. Depuis le 8 octobre 1979, Nicola D'Onofrio repose dans l' annexe de la crypte du sanctuaire Saint Camille de Bucchianico, en vue de sa maison natale: il a rejoint sa famille religieuse, dans l'attente de la résurrection au dernier jour, lorsque reviendra le Christ, vainqueur de la mort.

Et il vient de loin!

L'engagement de ceux qui l'ont connu intimement ou qui eurent seulement l'occasion de le rencontrer dans la phase connue par tous de sa fin rapide, vécue sereinement et avec le sourire sur les lèvres, est le signe qu'il eut un comportement exceptionnel. Mais cela ne fut ni improvisé, ni superficiel. Sa montée vers la montagne du Seigneur vient de beaucoup plus loin. Les pages de ses écrits originaux nous montrent qu'il a entamé ce chemin dès les premiers moments de sa vie au séminaire camillien. La fin de sa vie et sa mort sont seulement la phase révélatrice de sa dimension spirituelle.

L'héritage spirituel

Devant cet extraordinaire flot d'émotion affective et religieuse qui a accompagné sa fin, rendue encore plus dramatique par les terribles souffrances provoquées par le mal, il faut préciser "que, dans la souffrance on devient un homme complètement nouveau… Alors que ce corps est profondément malade, totalement inapte et que l'homme est pour ainsi dire incapable de vivre et d'agir, la maturité intérieure et la grandeur spirituelle deviennent d'autant plus manifestes et sont une leçon émouvante pour les hommes en bonne santé et normaux. A part quelques cas isolés d'incompréhension, tous remarquèrent que Dieu avait suscité dans cette âme des réponses extraordinaires, et que la montée vers la Sainte Montagne avait été rapide. Une religieuse de son âge, amie d'enfance a écrit qu'à l'annonce du décès, elle avait entendu résonner dans son cœur ces paroles du livre de la Sagesse: "Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière. Son âme était agréable à Dieu; aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité" (4, 13.14). Une telle fin de vie ne s'improvise pas. Elle vient de loin et le moment de la mort n'est que l'occasion où se révèle le travail intérieur réalisé. Nicola l'a préparée en la fondant sur la croix et la passion du Seigneur Jésus, avec un regard toujours tourné vers la gloire de la résurrection. Ses écrits et ceux qui l'ont fréquenté en sont les témoins.

Dans ses écrits

La clé de lecture de son cheminement se découvre presqu'immédiatement au début de sa nouvelle vie au petit séminaire; Ayant écouté une méditation sur l'amour de Dieu Père pour l'homme, au cours de la retraite annuelle, il écrit: "Nous pourrions dire qu'il ne s'est nullement préoccupé de son Fils unique, mais de nous sauver. Jésus est mort pour nous et son sang, jusqu'à la dernière goutte, a lavé nos âmes. Combien Jésus a voulu notre bien!". Quelques mois plus tard, à la fin d'une récollection mensuelle, il soulignait ainsi la méditation proposée: "Jésus est venu sur terre pour donner gloire au Père qui l'avait envoyé, et pour venir ici-bas, "exinanivit se", il s'est anéanti. L'Incarnation, la Crucifixion, l'Eucharistie sont des actes d'anéantissement par amour pour nous et pour la gloire du Père. Par sa venue sur terre, Jésus nous a donné l'exemple de l'anéantissement; il nous appartient maintenant de le suivre pour donner à son très saint Cœur ce qui lui est dû pour répondre à son amour".

Son modèle: le Christ crucifié

Le Christ crucifié entre dans sa vie et devient son "livre de chevet". La vie religieuse, commencée avec le noviciat au cours des vêpres du 6 octobre, est un bon terrain d'entraînement pour l'esprit qui l'amène à la conviction que le contrôle des facultés humaines et donc la volonté, est essentiel à l'ascèse. Pendant toute une année, les messages que lui sles guides spirituels le trouvent bien disposé à la veille de la consécration à Dieu par les premiers vœux religieux. C'est ainsi qu'il écrit au premier jour de la retraite: "La volonté doit être tenace, totale, héroïque dans l'ascèse. Une volonté qui ne change pas de direction selon les caprices du vent mais qui reste fidèle aux principes du Christ crucifié. Qui ne se perd pas dans toutes les vanités de la terre mais montre toujours de la vivacité et de la force pour soutenir et faire avancer notre marche vers Dieu. Notre ascèse demande aussi une volonté héroïque parce que le but est difficile à atteindre. Visons à imiter le Christ crucifié qui ne nous présente que la Croix à embrasser tous les jours. Heroïque aussi, parce que notre ascèse n'est pas périodique, mais elle est permanente et absorbante, une ascèse qui devrait nous consumer entièrement, Mais pour pouvoir y arriver, la confession et la direction spirituelle sont indispensables. Et voici la réflexion qui suit immédiatement ce texte: "Les fêtes de Pâques sont terminées. Que d'impresions! Pour moi, j'ai eu la joie inestimable d'avoir pu suivre et aussi de participer de plus près aux offices de la semaine sainte. Mais je garde un souvenir particulier des événements que j'ai vécu en ces jours-là. J'ai été heureux de pouvoir assister le très cher père Del Greco dans la nuit du mercredi au jeudi saint; Cette nuit-là, on a fait l'adoration de onze heures à minuit, dans notre maison. Moi, je l'ai faite près de Jésus souffrant dans la personne du père. (Je l'a faite précisément dans cette intention). Il semble qu'il aille mieux, maintenant, espérons!". Ce prêtre camillien qu'il assistait avait été opéré d'un cancer de la gorge; Il compléta plus tard ce que D'Onofrio n'avait pas signalé dans ses "Appunti spirituali": "J'était presque mourant et le clerc D'Onofrio m'assistait et me réconfortait en me disant: 'Père, unissez vos souffrances à celles de Jésus agonisant. C'est aujourd'hui vendredi saint, belle journés pour vous qui souffrez avec Jésus!' Je n'ai jamais oublié ces paroles que notre clerc m'a suggérées avec tant d'amabilité et de foi".

Et par sa Mère Marie Immaculée

A côté de Jésus en croix, Nicolino a nourri un rapport filial affectueux et très particulier envers sa Mère, Marie Immaculée. Dans ses écrits et sur son lit de mort, il a des expressions tendres et douces qu'il faut lire dans la dimension d'un rapport intime et secret de l'âme qui demande du respect et beaucoup de considération. Comme cela se fait en étudiant les rapports semblables chez les saints que l'Eglise nous a proposés comme modèles. Nous en reproduisons un passage: "Je suis fatigué, je dirais même presque découragé… La vie du noviciat me pèse… Pourquoi? C'est l'ennemi mortel des âmes qui me tourmente, c'est le Seigneur qui me purifie. Quand s'achèvera le séjour sur cette terre d'exil?… 'Ah! Dure terre'… Je veux mourir rapidement, s'il plaît à Dieu, pour me jeter dans les bras de ma maman. Je veux aller me reposer au paradis. Oui… Ma douce maman… Voici que la paix revient peu à peu dans mon âme et je puis voir plus loin… Voici la volonté de Dieu. 'Tota vita Christi crux fuit et martyrium…' et moi, qu'est-ce que je veux? Jouer au seigneur. Non, non, non. Mais tout à vous Jésus, Marie!".


Sur la "petite voie" de sainte Thérèse

Un des modèles intermédiaires qui ont guidé son cheminement vers le Seigneur fut saint Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, Sa "petite voie" devint le code de conduite de sa vie. Dans une lettre à sa maman, préoccupée sans doute de je ne sais quelles pénitences qu'imposerait la vie religieuse, Nicolino lui écrivait pour la tranquilliser au sujet de la normalité et simplicité des actes journaliers: "Tout se fait pour le Seigneur, par amour pour lui. Il n'y a rien d'extraodrinaire à faire, comme des pénitences exceptionnelles, dormir par terre… Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, une religieuse carmélite française, n'a rien fait de spécial durant sa vie, elle n'a rien fait de particulier, elle a seulement fait ce qu'elle devait faire; elle est morte de la tuberculose à 24 ans et est devenue une sainte…". Nous avons une "prière", écrite de sa main, qui doit provenir d'une âme mystique. Nous ne sommes pas certains qu'elle soit de la sainte de Lisieux. Nous en reproduisons un court passage parce qu'elle éclaire largement notre thèse"…"Donnez-moi le supplice, donnez-moi le martyre d'amour mais toujours celui qui vous plaît le plus à vous, pour que je vous possède toujours à la folie… Je reste remplie de l'amour du Christ crucifié. Que s'éloigne de moi toute autre joie, tout goût qui ne soit pas celui de mon Epoux crucifié que j'aime. Je veux posséder éperdument pour moi ton Cœur transpercé, y être comme incarnée dans une seule réalité. Renoncer totalement à moi-même pour que je sois totalement à toi, mon amour. Toujours renoncer à moi, même de la manière la plus pénible; non plus moi, mais toi, mon amour crucifé". Au bas de la prière, Nicolino a ajouté: "Prière que je dirai au moins trois fois par jour, en principe la matin, à midi et le soir avant de me coucher". Il s'était procuré tout ce qui avait été édité sur sainte Thérèse, demandant directement au monastère de Lisieux les dernières publications. Il avait une bonne connaissance de la langue française et il s'appliqua à traduire ses poésies. En complément de ce qu'il nous a été donné de raconter brièvement, nous citons deux strophes de "Vivere per amore" qui nous révèlent son désir de se conformer à l'image de son Christ crucifié bien aimé: "Vivre d'amour, ici- bas, cela ne signifie pas / planter des tentes sur le sommet du Mont Thabor. / Cela signifie monter avec Jésus au Calvaire. / Cela signifie considérer la croix comme un trésor! / Au ciel je vivrai dans la joie. / L'épreuve aura alors disparu pour toujours, / mais ici-bas, je veux,dans la souffrance, / vivre d'amour| -- …Mourir d'amour, c'est un martyre trop doux, / et c'est celui que je voudrais endurer. / Chérubins! Préparez vos lyres, / parce que, je le sens, mon exil va s'achever…/ flèche ardente, enflamme-moi sans répit, / déchire mon cœur en ce triste séjour. / Divin Jésus, réalise mon rêve: mourir d'amour!…". Voilà le secret de la grande émotion, de l'estime et de l'enthousiame qu'a suscité la dernère année dramatique de sa vie et de son entrrée au Ciel. On remarquait amplement la dimension spirituelle dans laquelle il était plongé et que le passage suivant de la dernière lettre écrite à ses parents résume fidèlement: "Je suis très content de pouvoir souffrir un peu maintenant que je suis jeune, parce que ce sont les plus belles années au cours desquelles on puisse offrir (quelque chose) au Seigneur. La petite sainte Thérèse est la sainte qui me plaît le plus parce qu'elle me ressemble beaucoup. Elle aussi est tombée malade alors qu'elle avait un peu plus de vingt ans; elle a beaucoup souffert et est morte à vingt-quatre ans… Très chers parents, vous aussi, priez pour que le Seigneur me redonne des forces; je pourrai ainsi devenir prêtre et travailler encore beaucoup pour les âmes. Mais si le Bon Dieu voulait autre chose de moi et de vous, que le Seigneur soit béni parce que lui sait ce qu'il fait et ce qui est le meilleur pour moi. C'est inutile, nous ne pouvons pas savoir ces choses et Dieu seul les connaît…".

Parmi les souvenirs de quelques témoins

Celui qui a su lire les signes donnés par son comportement devant l'épreuve suprême de la vie en a recueilli le message. Les manifestations d'estime apportées au moment de sa mort, qui se sont concrétisées dans un extraordinaire courant d'émotion affective et religieuse, dépassèrent le cadre de la communauté camillienne et le temps. Nous présentons la confirmation de ce que Nicolino nous a laissé par écrit non pas avec nos mots à nous, mais dans une courte sélection de ce que les témoins ont écrit à l'intention de la postulation générale de l'Ordre camillien.

Soldat de l'Immaculée

Voici comment la revue de la Milice de l'Immaculée l'a présenté à ses lecteurs. "Il avait atteint le troisième échelon de la M.I.: celui de l'offrande sans limite; se donner entièrement à Marie, accueillir avec foi et générosité toutes les souffrances pour se conformer au mystère de la passion et de la mort du Christ jusqu'au martyre. Consumé par la souffrance, Nicolino s'est offert comme victime pour tant de frères qui avaient besoin d'espérance et de salut. Même si les circonstances et la manière sont différentes, son offrande peut être comparée à celle du père Kolbe qui a trouvé dans Marie Immaculée la force et l'amour pour se donner tout entier non seulement pour un père de famille, mais pour toute l'humanité. La mort de ce clerc camillien et le martyre du père Kolbe trouvent leur explication et leur message dans la parole éternelle de l'évangile… Nicolino, si jeune, mais si sage, avait très bien compris ce qu'exprimait le père Kolbe dans un de ses écrits: "On ne vit qu'une fois, et pas deux. Il faut devenir saint, non pas à moitié, mais entièrement, pour la plus grande gloire de l'Immaculée, et à travers l'Immaculée, pour la plus grande gloire de Dieu…".

Souffrance rédemptrice

"Il voyait en tout le plan de Dieu, il orientait vers lui toutes ses actions et il acceptait avec joie les peines et les souffrances. Il me disait. 'La souffrance est la meilleure monnaie avec la quelle nous puissions acheter le Ciel'. Sa mort fut paisible, j'ai eu la grâce d'être présent". "Au fil des mois, son mal se manifesta avec toujours plus de cruauté et Nicolino souffrait manifestement, mais avec beaucoup de dignité. Il priait beaucoup pour les pécheurs et il considérait la passion de Jésus et les souffrances de sainte Thérèse comme des modèles à imiter comme à la lettre… Dans sa maladie, il sut, comme Jésus, affronter les étapes d'un long calvaire, en allant joyeusement vers le Père dans le Royaume promis aux bons et fidèles serviteurs" "Cette nuit-là, j'assistais D'Onofrio, et au matin, ses cris haletant me réveillèrent. Je me précipitai dans sa chambre; appuyé sur les coudes pour autant que ses forces le lui permettaient, il demandait à haute voix au Seigneur de guérir: "je serai prêtre… je sauverai beaucoup d'âmes… Seigneur, je t'en prie, guéris-moi… Que Marie intercède pour moi… Saint Camille, mon père, aide-moi… prions ensemble car je dois obtenir ce miracle… Je dois guérir!"…" Je l'ai relevé et aidé, jusqu'à ce que finalement il s'apaise, épuisé. Puis, sur un ton plus calme, et plein de résignation et d'abandon, il dit : "Bon… mais si ce n'est pas possible… qu'il en soit comme tu veux, mon Dieu!". C'est le sens de ses paroles, même si je ne me rappelle plus de leur forme littérale. Je fus impressionné par cette remise entre les mains de Dieu, par cette dernière acceptation et je n'ai pas pu m'empêcher de la comparer à l'attitude du Christ sur la croix, lorsqu'il implore le Père et finit par une merveilleuse soumission à la volonté du Père." "Presque immédiatement les autorités médicales compétentes décidèrent une intervention chirurgicale. Tranquille et obéissant, comme toujours, il accepta dans un esprit d'union étroite avec le Christ souffrant, à l'exemple de sainte Thérèse atteinte par le mal qui devait l'emporter; il accepta de subir cette opération délicate… Mais il accepta tout sans réagir, en se laissant attacher avec docilité et clouer progressivement sur la croix… Il passa la période des fêtes de Pâques dans un recueillement intense, méditant la passion du Seigneur, et s'efforçant le plus possible de s'y unir. Il n'avait plus de doute sur son mal, il le sentait tous les jours se répandre plus intensément dans ses membres. Il ressentait déjà beaucoup plus la fatigue même dans les petites choses, parce qu'il respirait avec toujours plus de difficulté. Il maigrissait de jour en jour, parce qu'on ne trouvait plus de moyens ni de solutions pour le soutenir et stimuler un peu son appétit". "Mais il plut à Jésus, Prêtre Eternel, d'abréger le temps de l'attente, en l'emmenant rapidement sur le sommet du Calvaire où notre Nicolino, se faisant victime pour tous, s'offrit héroïquement en victime d'amour, à l'exemple de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui voulut l'accueillir à Lisieux, en France, avant qu'il ne passe de la terre au royaume des élus en franchissant la porte étroite indiquée par l'évangile pour le petit nombre d'élus". "Je l'ai revu sur son lit de mort. Son visage m'a impressionné: visage décharné, grave, privé de toute trace de lumière. Son passage avait été vraiment un martyre. Son heure d'immersion dans les ténèbres. Nicolino avait goûté l'amertume du calice de Jésus. Il portait sur son visage l'empreinte des crispations devant cette amertume. J'ai alors pensé à l'apparence du serviteur souffrant d'Isaïe: "Sans beauté ni éclat pour attirer nos regards et sans apparence qui nous eût séduits (Is 53, 2); comme Jésus, Nicolino "a été retranché de la terre des vivants" (Is 53, 8) Et nous terminons avec ce que rapportait une amie de la maman, résidant à Rome depuis un certain nombre d'années, elle avait suivi et assisté le jeune étudiant camillien dans tout son parcours de souffrance. Ame simple, voici comment elle revivait ces moments à plusieurs années de distance: "Il me semblait voir Jésus Christ sur la croix, serein et confiant, la prière dans la bouche, appelant la Madone "maman". Puis Nicolino a incliné la tête sur la gauche, la langue a légèrement bougé, et sans faire d'autres mouvements, il est mort dans la sérénité. Le médecin a fait le constat de décès puis il a ouvert la porte et a appelé la maman: "Madame, voilà votre fils", comme si c'était Marie à qui on remettait son fils crucifié. La maman s'est jeté sur son fils puis s'est mise à genoux en pleurant abondamment…"

son message

Le titre de la courte et belle présentation de notre héros, qui a été rédigée quelques mois après sa mort, quando l'amore pregaétait la première de l'une de ces réflexions que Nicola D'Onofrio avait notées par écrit pour pouvoir continuer ensuite à en vivre. On ne trouve plus ce document. Mais son maître du grand séminaire, qui l'a eu entre les mains, atteste que "le concept exprimé en quatre vers très brefs rejoignait la parole de saint Augustin: 'Aime et fais ce que tu veux'. Il affirmait concrètement que lorsque l'amour se rencontre avec l'amour de Dieu, par la prière et la mise en sa présence, on peut avancer sans crainte vers son propre objectif". Lorsque l'amour de Dieu l'invita à faire sienne la déclaration de saint Paul: "Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ"(Col 1,24), Nicola D'Onofrio ne s'est pas dérobé. Etroitement uni à la Mère de Dieu, il a vécu avec cohérence cette pensée. "Toute la vie du Christ fut une croix et un martyre", notée au cours d'une paisible nuit au cours de son noviciat: il y a fortement adhéré par son "Tout pour vous Jésus, Marie". La "maternité nouvelle" (que Marie reçut de son Fils mourant sur le croix) "spirituelle et universelle, à l'égard de tous les hommes afin que chacun, dans le cheminement de la foi, lui reste, avec elle, étroitement uni jusqu'à la Croix et que toute souffrance, régénérée par la force de cette Croix, de faiblesse de l'homue qu'elle était, devienne puissance de Dieu", cette maternité nouvelle s'est réalisée pleinement pour Nicola D'Onofrio et en reste un splendide exemple. Passant dans la joie et dans la sérénité à travers le mystère de la souffrance humaine élevée par le Christ au niveau de valeur rédemptrice, le jeune étudiant camillien a été et reste un témoin crédible qui démontre que le choix fait de vivre les conseils évangéliques montre que "les biens célestes sont déjà présents dans ce monde, il est le témoin de la vie nouvelle et éternelle acquise par la rédemption du Christ, il annonce la résurrection future et la gloire du Royaume des Cieux". Les jeunes qui découvent sa brève expérience spirituelle en demeurent fascinés. Parmi eux, nous pensons à Marie-Louise qui, voulant répondre à l'appel lancé par Jean Paul II à Compostelle. "N'ayez pas peur de devenir des saints!", nous a écrit qu'elle avait décidé de prendre "Nicolas d'Onofrio comme modèle de vie… Je cherchais un modèle de vie contemporain et j'ai trouvé dans la vie de ce jeune le programme que j'ai décidé d'adopter il y a peu de temps". Désormais, depuis des années, Marie-Louise s'est totalement engagée dans une des nouvelles institutions de vie consacrée dans le monde, au service de Dieu dans le service des frères et sœurs malades et pauvres.

P. Felice Ruffini, Camillien

 

Site officiel de la postulation

www.nicoladonofrio.cl

 



27/09/2008
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