Spiritualité Chrétienne

Spiritualité Chrétienne

La servante de Dieu Catherine Hueck-Doherty

 La Servante de Dieu Catherine Hueck-Doherty

Fondatrice de Madonna House

1896-1985


Dieu est un amant qui a soif d'être aimé en retour. Brûlante de cette vision de foi, Catherine de Hueck Doherty exhorte sans cesse les chrétiens de son époque à relever le défi radical de la vie évangélique et à voir le visage de Dieu dans chaque être humain. Elle est l'une des premières personnes parmi les laïcs catholiques à mettre en pratique la doctrine sociale de l'Église et ce, dans un contexte de communisme, d'injustices économiques et raciales, de sécularisme et d'apathie. Elle demande aux personnes engagées dans l'action sociale de s'enraciner dans la prière et de vivre leur foi dans toutes les dimensions de la vie ordinaire. Catherine établit un rapprochement entre les rites de l'Occident et l'Orient de l'Église chrétienne. Baptisée dans l'Église orthodoxe, elle deviendra catholique romaine. Son héritage spirituel s'inspire de ces deux traditions. Née à Nizhny-Novgorod en Russie, le 15 août 1896, de parents riches et profondément chrétiens, elle grandit dans une famille aristocrate pieuse forte de la conviction que le Christ s'incarne dans les pauvres et que la vie ordinaire est source de sainteté. La profession de son père lui permet de séjourner souvent à l'étranger durant sa jeunesse. À l'âge de 15 ans, elle épouse son cousin, Boris de Hueck. Sa vie conjugale est vite chambardée par la Première Guerre mondiale. Elle et son mari s'engagent au front; lui comme ingénieur, elle comme infirmière. La Révolution russe anéantit le monde qu'elle et son mari connaissent. Des membres de leur famille respective y perdent la vie. Ils échappent eux-mêmes de justesse à la mort aux mains de Bolcheviks. La révolution marque à tout jamais la vie de Catherine. Elle voit dans celle-ci la conséquence tragique d'une société dite chrétienne mais incapable de vivre selon sa foi. Toute sa vie durant, elle s'élèvera contre l'hypocrisie de ceux qui prétendent suivre le Christ et manquent à leur devoir de chrétien en le rejetant dans les autres. Devenus réfugiés, Catherine et Boris fuient d'abord vers l'Angleterre. En 1921, ils partent pour le Canada, où le fils George verra le jour. Au cours des années suivantes, Catherine vivra dans la plus grande pauvreté en soutenant tant bien que mal un mari malade et un jeune enfant. Après des années de difficultés conjugales, son mariage à Boris s'effondre. Cette union sera annulée par l'Église.


La talent d'oratrice de Catherine est bientôt découvert par une agence de conférences. Elle parcourra alors l'Amérique du Nord et deviendra conférencière de renom. Or, bien qu'elle ait enfin trouvé l'aisance financière, son cœur n'est pas en paix. Elle entend sans cesse ces paroles du Christ : « Vends tout ce que tu possèdes et suis Moi. ». Le 15 octobre 1930, Catherine décide de renouveler une promesse faite à Dieu durant le tumulte de la révolution et Lui consacre sa vie. Ce jour marquera pour elle l'origine de son apostolat. Bénie par l'archevêque Neil McNeil de Toronto, Catherine vendra tout ce qu'elle possède tout en veillant à subvenir aux besoins de son jeune fils George. Au début des années 30, elle vivra de façon anonyme dans un quartier défavorisé de Toronto. Elle s'y consacrera à consoler son Bien-aimé en devenant apôtre laïc au service des pauvres. À cette époque, la notion d'apostolat laïc est peu connue. Dorothy Day, autre pionnière du laïcat engagé, est l'une des rares personnes à appuyer et à comprendre la vocation de Catherine. Animée par la conviction d'enseigner l'Évangile par sa vie, Catherine cherche sa voie. À mesure qu'elle met en pratique un mode de vie évangélique, de jeunes gens se joignent à elle. Ils forment ensemble Friendship House et vivent conformément à la spiritualité de Saint-François d'Assise. Œuvrant en pleine crise économique, les membres de Friendship House répondent aux besoins les plus pressants. Ils obtiennent en mendiant de la nourriture et des vêtements qu'ils remettent aux gens dans le besoin et accueillent avec amour tous ceux qui viennent à eux. Ils luttent également contre la montée du communisme par des conférences, des cours et la diffusion de The Social Forum, un journal qui s'inspire des grandes encycliques sociales de l'Église. Hélas, l'incompréhension et la calomnie assailleront Catherine. En effet, de fausses mais persistentes rumeurs sur son compte et sur l'œuvre de Friendship House entraîneront la dissolution du groupe. Un sentiment d'échec dans l'âme, Catherine quittera Toronto. Malgré cette grande déception, elle continuera d'entendre la voix du Christ l'inviter à partager Sa souffrance.


Peu de temps après cela, le Jésuite John LaFarge, chef de file du mouvement des droits civiques aux États-Unis, l'invitera à fonder de nouveau Friendship House à Harlem. En février 1938, elle accepte son invitation. Le Friendship House de Harlem est vite grouillant d'activités. Catherine y découvre la dignité du peuple noir et est horrifiée par les injustices dont il est victime. Elle parcourra le pays pour dénoncer le racisme à l'égard des Noirs. Souvent rejetée et persécutée, elle trouve réconfort et appui auprès des Cardinaux de New York Patrick Hayes et Francis Spellman. À Harlem comme à Toronto, une petite communauté se forme autour d'elle; toutefois, aussi à l'instar de Toronto, son œuvre se soldera par un échec. En effet, Friendship House n'est pas étranger aux disputes. En janvier 1947, les membres rejètent par voie majoritaire des principes que Catherine juge essentiels à l'apostolat. Blessée par ce rejet de sa vision pour Friendship House, elle démissionne de ses fonctions de directrice générale.


Le 17 mai 1947, elle part pour Combermere (Ontario) Canada en compagnie de son deuxième mari, le journaliste américain Eddie Doherty, qu'elle a épousé en 1943. Encore ébranlée par son départ brutal de Friendship House, elle croit que cette nouvelle destination sera pour elle un lieu de retraite. Bien au contraire, elle y vivra la plus fructueuse et la plus longue étape de sa vie apostolique. Se remettant peu à peu de son choc, Catherine entreprend de rendre service à des gens dans le besoin dans les environs de Combermere. Elle leur offre d'abord ses soins d'infirmières et peu à peu d'autres services de bon voisinage. Avec l'aide de son mari Eddie, elle fonde le journal Restoration et établit un centre de formation pour laïcs catholiques.En 1950, le révérend père John Callahan participe, à titre de conférencier invité, au programme de cours d'été sur l'action catholique offert à Madonna House. Il deviendra conseiller spirituel de Catherine et d'Eddie et le premier prêtre à se joindre à Madonna House. En février 1951, sous sa direction, Catherine et Eddie consacrent leur vie à Jesus par l'intermédiaire de la Vierge Marie, conformément aux règles de Saint-Louis de Montfort. Marie, Mère de l'Église, éclairera désormais leur vie. Son perpétuel désir de consoler le Christ en servant les autres l'incite à aller de l'avant. Une fois encore, de jeunes gens se joignent à elle. Les grâces abondent. En octobre 1951, Catherine se rend à Rome pour participer au premier congrès sur le laïcat. Le secrétaire papal, Mgr. Montini, et futur Pape Paul VI, encourage Catherine et ses compagnons à envisager un engagement permanent.


Le 7 avril 1954, celles et ceux qui vivent à Madonna House décident de prendre un engagement permanent et de faire promesse de pauvreté, chasteté et obéissance. Ainsi est fondée la communauté de Madonna House. L'année suivante, Catherine et Eddie font aussi vœu de chasteté et vivront désormais dans le célibat. La vie communautaire de Madonna House prend alors son plein essor. Le 8 juin 1960, l'évêque de Pembroke, Mgr. William Smith, accordera à la communauté grandissante l'approbation de l'Église, à l'occasion de la bénédiction de la statue de Notre-Dame de Combermere. À l'époque même où l'Occident se sécularise, Catherine envisage avec foi la restauration de l'Église et de la culture moderne. Elle offre à l'Amérique du Nord les intuitions spirituelles du christianisme oriental. Des hommes, des femmes et des prêtres se joignent à Madonna House pour y vivre la vie chrétienne, la vie de Nazareth. Ils mendient pour vivre et donnent aux plus nécessiteux qu'eux ce dont ils n'ont pas besoin. À l'invitation des évêques, ils fondent d'autres maisons dans les régions rurales et urbaines de l'Amérique du Nord, de l'Amérique latine, de l'Europe, de la Russie, de l'Afrique et des Antilles.


La vision de Catherine englobe aussi bien l'agriculture, la menuiserie, la cuisine et la lessive que la théologie, la philosophie, les sciences, les beaux-arts et l'art dramatique. « Rien n'est étranger à l'apostolat, sauf le péché (…). La règle première de l'apostolat est de s'aimer les uns les autres (…). Si nous respectons la loi de l'Amour et si nous incarnons cet Amour, nous deviendrons lumière pour le monde, déclare-t-elle, car l'essence même de notre apostolat c'est l'Amour. L'amour que nous avons pour Dieu rayonnera sur les autres. » Catherine offre, comme solution aux défis du monde occidental, les notions spirituelles de sa Russie natale. Elle introduit en Amérique du Nord l'idée de poustinia, mot russe qui signifie « désert ». Ce concept, totalement inconnu dans l'Occident des années 60, a depuis été reconnu presque dans le monde entier. Poustinia, du point de vue spirituel, c'est le lieu de rencontre avec Dieu dans la solitude, la prière et le jeûne. La vision de Catherine ainsi que son application de l'Évangile dans la vie quotidienne deviendront des remèdes aux effets déshumanisants de la technologie moderne. Dans le but de contrer la montée de l'individualisme qui caractérise le XXe siècle, elle exhorte Madonna House au Sobornost, un autre concept russe qui veut dire profonde unité du cœur et de l'esprit dans la Sainte Trinité; une unité qui dépasse l'entendement humain.


Le 14 décembre 1985, à l'issue d'une longue maladie, Catherine de Hueck Doherty rend l'âme. Elle laisse en héritage une famille spirituelle de plus de 200 membres ainsi que des fondations partout dans le monde. À l'Église, qu'elle a aimé passionnément, elle lègue un patrimoine spirituel dont l'intensité lumineuse éclairera ce siècle naissant. Ce qui suit est extrait d'une lettre qu'elle adresse à la famille de Madonna House : « Nous devons être pauvres! Menons une vie ordinaire, certes, mais faisons-le avec passion pour Dieu. Devenons un mystère. Tendons une main vers Dieu et l'autre vers le prochain. Soyons cruciformes. (…) La croix du Christ sera notre révolution, et cette révolution sera fondée sur l'amour! »


Prière pour obtenir des faveurs par l'intercession de Catherine Doherty

à usage privé.


Ô Père tout-aimant, par votre Fils bien-aimé, Jésus, nous avons appris à demander ce dont nous avons besoin. Et à travers l'Église, son Épouse, nous avons appris à demander l'intercession de vos serviteurs qui se sont endormis dans la paix du Christ. Ainsi, par l'intercession de Catherine Doherty, je demande[spécifiez.]Je le demande pour votre honneur et votre gloire au nom de Jésus
votre Fils, notre Seigneur. Amen.


Imprimatur: + J. R. Windle,
Évêque de Pembroke, 1er mai, 1993.


Si vous croyez avoir obtenu des faveurs par l'intercession de Catherine, veuillez en faire part au


Postulateur de la cause
l'Apostolat de Madonna House
2888 Dafoe Rd
Combermere (Ontario) K0J 1L0 Canada



Pour approfondir


Site de la Postulation de Catherine Doherty

www.catherinedoherty.org

 

Site de la Communauté Madonna House

www.madonnahouse.org

 

Site de la Poustinia

www.poustinia.info

 

Dernière mise à jour de la page: le 9 février 2009



02/10/2007
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