Spiritualité Chrétienne

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La Bienheureuse Aleth de Fontaine

La Bienheureuse Aleth de Fontaine

Mère de Saint Bernard de Clairvaux

+ au XIIe siècle

Fête le 4 avril


« Heureux l'homme qui, dès son bas âge, s'épanouit sons le regard d'une mère tendre et vertueuse ». Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Eglise, eut cet inappréciable avantage. Sa mère, la bienheureuse Aleth, fille du comte Bernard de Montbar, avait épouse fort jeune te sire Tescelin, seigneur de Fontaine, près de Dijon. Ce mariage ne s'était pas conclu sans difficulté. Aleth n'avait que quinze ans et, déjà son âme, prévenue de grâces, s'était vouée à Dieu. Elle aspirait à vivre dans la paix du cloître et se préparait à gravir les degrés de la perfection monastique. Mais la Providence lui avait réserve une autre destinée. Elle fut appelée, contre son gré, à devenir épouse et mère, et à propager, dans sa famille nombreuse, les bénédictions dont elle avait été comblée dès son enfance. Tescelin, son mari, appréciait une vertu si pure, et il l'honorait. C'était un noble chevalier, de mœurs douces, et craignant Dieu. Bien que ses charges éminentes le retinssent presque continuellement auprès du duc de Bourgogne, il conservait la dignité de la vie chrétienne à la cour comme dans les camps et, en toutes rencontres, il se signalait par sa valeur, sa droiture et sa loyauté.


La Providence, qui avait assorti cette union, la rendit féconde. Aleth donna le jour à six fils et à une fille Guido était l'aîné de tous ensuite venaient Gérard, Bernard, André, Barthélémy, Nivard et Hombeline. Cette mère chrétienne regardait les devoirs de la maternité comme une délégation d'en haut. Elle considérait ses enfants comme des dépots précieux confiés à sa vigilance et dont elle était responsable devant Dieu. Aussi, quoique d'une complexion délicate, Aleth ne voulut point abandonner à une étrangère le soin de nourrir ses enfants attachée par le fond de son âme à la source de tout amour, elle leur communiquait, avec le lait maternel, la vertu céleste qui la vivifiait.

 

Tecelin menait une existence trop chevaleresque pour pouvoir présider lui-même à l'éducation de ses fils. Il laissait avec confiance ce soin à la sollicitude consciencieuse de sa femme, dont il approuvait les vues, quoiqu'il n'en comprit pas toujours la portée. Elevé dans la profession des armes et joignant, selon l'esprit de ce temps, les habitudes militaires aux pratiques de la dévotion, il ne voyait aucun inconvénient à former tous ses fils pour la carrière qu'il n'avait pas parcourue lui-même sans gloire. Aleth, plus clairvoyante, redoutait les dangers auxquels la vie des camps expose l'intégrité chrétienne; et elle pressentait trop les ineffables délices de la vie religieuse pour pouvoir souhaiter une autre gloire et un autre bonheur à ceux qu'elle avait enfantés et consacrés à Dieu. Elle éleva ses enfants pour le ciel bien plus que pour la terre, et leur apprit, dès leur âge le plus tendre, à discerner le bien et le mal, à choisir la meilleure part; à aimer par-dessus toutes choses Celui qui est l'amour même, le principe et la fin de l'homme. C'est pourquoi elle établit dans l'intérieur de sa maison l'ordre parfait et la discipline que commandent les saintes lois de l'Eglise. « Je ne puis oublier », dit un de ses contemporains, combien cette femme éminente cherchait à servir d'exemple et de modèle à ses enfants. Dans sa maison, dans l'état du mariage et au milieu du monde, elle imitait en quelque sorte la vie monastique et religieuse, par ses abstinences, par la simplicité de ses vêtements, par son éloignement des plaisirs et des vanités du siècle. Elle se retirait, autant que possible, des agitations du monde, persévérant dans les jeunes, dans les veilles, dans la prière, et rachetant par des œuvres de chanté ce qui pouvait manquer à la perfection d'une personne engagée dans le mariage et dans le siècle ».


Six mois s'étaient à peine écoulés depuis le retour de saint Bernard à Fontaine, quand sa mère, comme un fruit mûr pour le ciel, lui fut enlevée. Aleth se voyait environnée, à cette heure suprême, de toute sa famille. Cependant, ni les infirmités, ni le nombre des années n'avaient annoncé l'approche de son dernier jour au contraire, encore pleine de fraîcheur, et forte de la santé de l'âme et du corps, elle se livrait plus que jamais aux exercices de la piété et d'une infatigable charité. On la remarquait souvent, dit un ancien auteur, seule et à pied sur la route de Dijon, entrant dans les cabanes des pauvres, visitant les malades, distribuant des remèdes et des aliments, prodiguant des secours et des consolations aux personnes affligées. Et ce qui rendait sa bienfaisance plus admirable, c'est qu'elle la pratiquait ce telle sorte, que l'éclat de ses couvres ne trahissait point sa modestie elle faisait tout par elle-même, sans l'assistance de ses domestiques; et l'on pouvait dire avec vérité que sa main gauche ignorait les largesses de la droite.


C'est au milieu de ces nobles exercices que la pieuse Aleth fut rappelée presque subitement de ce monde. Sa mort a des circonstances trop touchantes pour que nous n'en rapportions pas ici quelques détails nous laisserons parler celui de ses contemporains qui lai-même fat présent à cette scène de douleur et d'édification: « La très excellente mère de notre vénérable Abbé avait coutume de célébrer magnifiquement tous les ans la fête de Saint Ambroisien, patron de l'église de Fontaine elle donnait chaque fois, en cette occasion, un repas solennel auquel était convié le clergé. Dieu, voulant donc récompenser la dévotion particulière qui attachait cette sainte femme au glorieux Ambroisien lui lit connaître par une révélation qu'elle mourrait au jour même de la fête. Et certes, il ne faut pas s'étonner de voir une si digne chrétienne participer à l'esprit de prophétie. En conséquence, elle annonça tranquillement et avec une grande assurance à son mari, à ses enfants, à sa famille assemblée, que le moment de sa mort était proche. Tous demeurèrent frappés de surprise, et refusèrent de croire à cette prédiction mais bientôt ils éprouvèrent de justes anxiétés dès la vigile de Saint Ambroisien, Aleth fut prise d'une fièvre violente qui la retint couchée. Le lendemain, jour de la fête, elle demanda humblement qu'on lui apportât le corps de Notre Seigneur et, après avoir reçu ce très Saint Viatique avec les onctions saintes, elle se sentit fortifiée, et elle insista pour que les ecclésiastiques invités se rendissent au repas qu'elle avait préparé. Or, pendant qu'ils étaient à table, Aleth fit appeler auprès d'elle Guido, son fils aîné, pour lui commander et lui recommander d'introduire dans sa chambre, aussitôt après le repas, tous les membres du clergé qui s'y trouvaient. Guido fit pieusement ce que sa pieuse mère avait désiré. Nous voilà donc réunis autour de son lit Alors la servante de Dieu annonça d'un air serein que le moment de sa dissolution était venu. Les clercs se mettent en prières; on commence les litanies. Aleth elle-même psalmodiait doucement avec eux, tant qu'elle avait du souffle. Mais, à l'instant où le chœur vint à chanter cette parole des litanies « Per passionem et crucem tuam libera eam, Domine », (par votre croix et votre Passion, délivrez-la, Seigneur), la mourante, se recommandant à Dieu, éleva sa main pour faire le signe de la croix et, demeurant dans cette attitude, elle rendit sa belle âme, que les anges reçurent et portèrent dans le séjour des Bienheureux. C'est là qu'elle attend, dans la paix et le repos, le réveil de son corps au grand jour de la résurrection, quand viendra notre Juge et notre Avocat, Jésus-Christ, pour juger les vivants et les morts, et le siècle par le feu. C'est ainsi que cette âme sainte quitta le saint temple de son corps sa main droite resta élevée en haut, dans la position où elle était lorsqu'elle fit son dernier signe de croix chose qui parut un grand sujet d'admiration aux assistants ». Le vieux Tecelin, vers la fin de sa vie, rejoignit ses fils dans le cloître, et mourut plein de jours dans les bras de saint Bernard.

 

D'après un texte extrait des Petits Bollandistes volume 4

 

Reliques de la Bienheureuse Aleth

 

La Bienheureuse Aleth entra dans la vie le 1er septembre 1107, âgée de 33 ans. La mort de sa mère affligea beaucoup celui qui allait plus tard devenir Saint Bernard, mais qui à l'époque n'avait que 16 ans. Même après sa mort, Aleth gardera une grande influence sur son fils: au moment où il décida d'entrer comme moine à l'abbaye de Citeaux, elle lui apparut, toute de blanc vêtue, pour lui confirmer que « Dieu l'a choisi » pour un grand destin et qu'il devait entraîner ses frères dans la vie monastique. Le corps de la Bienheureuse Aleth fut solennellement transféré par l'abbé Jarenton dans la crypte de l'église Saint Bénigne de Dijon, car on la considérait déjà comme une sainte. Son tombeau y sera entouré d'une grande dévotion pendant plus de 100 ans, et à la fin du XIIe siècle, son tombeau présentait, sculptée, la figure de ses 6 fils, tous devenus moines cisterciens à la suite de leur frère Bernard. Sa fille Hombeline, quand a elle, entra également dans les Ordres en 1132 et devint abbesse du monastère cistercien de Jully-les-Nonnains, puis sera reconnue Sainte à son tour. En 1250 l'abbé de Clairvaux fera transférer les restes de la bienheureuse Aleth dans son monastère à coté du tombeau de son fils Saint Bernard.


Visite virtuelle de la maison natale de Saint Bernard

http://maisondestbernard.free.fr

 

 



22/05/2011
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