Spiritualité Chrétienne

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Faustino Pérez Manglano

Faustino Pérez Manglano

Une étoile filante

1946-1963

Fête le 3 mars


Plus de 40 ans se sont écoulés depuis la mort du jeune Espagnol Faustino Pérez – Manglano . Sa mémoire reste pourtant si vivante et si actuelle que nopus souhaitons le proposer en modèle aux jeunes d'aujourd'hui. Passionné de football, de cinéma, de lecture, il a vécu intensément la grâce de son baptême : « Dire oui à tout ce qui est bien. » Il a disposé d'à peine 17 ans, mais à vécu généreusement, le sourire aux lèvres, avec un cœur d'apôtre : « Que ceux qui me voient, voient en moi le Christ. »

 

« J'ai parlé dix minutes avec le Christ , aussi bien du match nul Saragosse-Valence que des Missions… » Le garçon de 14 ans qui écrit ces lignes tient son journal depuis un mois. Durant deux ans et demi s'y mèleront les résultats sportifs, les piqûres reçues, son amour pour la Vierge Marie, les camps d'adolescents dans la montagne, sa vocation de religieux Marianiste et de Missionnaire ; à travers ces lignes de souffrances, d'enthousiasme et de Foi, nous voyons son âme s'élever à pas de géant : « Je dois devenir un saint. Par ma vie, je dois donner témoignage au Christ. »

 

Une vie d'étoile filante


Cette courte vie commence à Valence le 4 août 1946, dans un contexte de tensions internationales où l'Espagne franquiste, après le double cauchemar de la guerre civile de 1936-1939 et du conflit mondial de 1939-1945, aspire à une paix qui n'arrive pas. Mais pour le jeune couple Faustino, gynécologue , et Encarna, ces soucis font place à la plus grande joie : la naissance de leur premier enfant, un garçon appelé Faustino comme son père. Naîtront ensuite Maria Encarna en 1948, Eugénia en 1950 et Joaquin en 1956.

 

Faustino est un garçon vif , serviable et attachant. En octobre 1952, il entre à six ans au Collège Notre Dame del Pilar tenu par les Père Marianistes. Ses notes sont bonnes sans êtres excellentes , il obtient néanmoins le premier prix d'application. L'été, retrouvant cousins et cousines réunis chez les grands parents, Faustino déborde de joie de vivre et ce ne sont que jeux, excursions, escalades, chasses au trésors : Faustino était l'un des premiers à participer. Faustino grandit dans cet entourage sain, dans cette école qu'il aime. Un professeur note quand il a douze ans : « C'est très bien, mais il ne faut pas en retser là. Il faut mûrir physiquement et spirituellement. »

 

Ce déclic se produira le 22 octobre 1960 : au cours de la retraite annuelle du Collège, son directeur spirituel, le Père José-Maria Salaverri l'interroge : « Que veux-tu faire plus tard ? » Il propose des pistes : ingénieurs, architecte… Prêtre ? Faustino ne sait pas, mais la question l'a frappé. Le soir même , il écrit dans son journal qu'il tient depuis septembre 1960 : Et si Dieu me parlait ! Le lendemain, il note : « Je ne peux plus contenir ma joie. » En l'espace d'une nuir, il a choisi sa voie : il veut être Religieux Marianiste.

 

Deux mois plus tard, il tombe malade, ouffrant de douleurs lombaires, de ganglions et de fièvre. On diagnostique une forme très rare de leucémie : la maladie de Hodgkin, incurable à cette époque. Commence alors un chemin de Croix qui durera deux ans et demi : piqûres, radiothérapie, chimiothérapie, douleurs incessantes lui laisseront peu de répit. Finies les disputes avec ses sœurs , les jours de larmes où le moral est au plus bas ; Faustino accueille tout sans révolte. Le sourire aux lèvres : « Je suis très heureux. Je veux souffrir pour le Christ, qui a tant souffert pour moi. »

 

Le 3 mars 1963, à 16 ans, il s'éteint dans les bras de sa mère. Sa mission peut alors commencer et cela dépend de nous, dans la mesure où nous confierons nos enfants et les jeunes que nous cotoyons à sa lumineuse intercession.

 

Il aspirait le respect


Le chef de la joyeuse bande estivale des cousins était Augusto. Devenu trop grand pour ces jeux enfantins, Faustino lui succède : « Nous l'avions toujours considéré comme un garçon très bien élevé et sérieux. En un mot, magnifique. Grâce à lui, nous avons renforcé notre union. Faustino était un héros, une idole. » Il n'impose jamais rien, mais tous lui obéissent : « Il le respectaient sans même s'en apercevoir », raconte une tante.

 

Au Collège Notre Dame del Pilar, ses camarades l'apprécient : « C'était un gars formidable. Il essayait toujours de rendre service, sans être pour autant la bonne poire, comme on dit. Il avait une générosité hors du commun. » Cela lui semble si naturel qu'il s'étonne : « Maman, pourquoi tout le monde m'aime tellement ? » Il ne se fâche que lorsqu'il entend des médisances : « Il s'énervait et il disait : « Je vous en prie, ne soyez pas tout le temps à critiquer ! » Malgré la maladie, tant qu'il le peut, il continue à travailler : « Quand j'ai appris qu'on devait même l'habiller et qu'il étudiait au lit, j'ai été bouleversé. J'ai réalisé combien il devait avoir mal. Il ne m'a jamais dit : « Aujourd'hui, j'ai mal. » Je ne m'en suis même pas aperçu. »

 

Il participe à son dernier camp l'été 1962. Un accompagnateur témoigne : « Le dernier souvenir que je garde de Faustino, est celui d'un garçon toujours souriant et tranquille, malgré sa faiblesse physique. Avec quelle simplicité il acceptait d'être obligé de redescendre sans même avoir pu apercevoir le sommet qu'il avait tant rêvé d'atteindre. » Le garçon qui partage sa tente ne lui voit aucun défaut : « Il ne se fâchait jamais et il était toujours prêt à se dévouer, du moins bon, pourvu que les autres soient à leurs aise. »

 

« Je voudrais être Marianiste et professeur de chimie… »


« Le Père Salaverri m'a dit que c'est peut être ma persévérance à réciter le Chapelet depuis mo, jeune âge qui a fait que la Vierge me récompense avec la vocation religieuse. » Depuis le 22 octobre 1960, Faustino voit clairement son avenir : « Je veux me consacrer à Dieu. »Plus il prie, plus son désir se précise : « Dieu augmente chaque jour ma vocation religieuse. » En novembre 1960 : « je voudrais être Marianiste et professeur de Chimie. » En octobre 1961 : « Tu sais bien, Mère Chérie, que j'aimerais être ordonné Prêtre, afin de pouvoir prendre dans mes mains, le Corps et le Sang de Ton Fils. » En novembre 1961 : « Peu-être Dieu veut que je parte comme missionnaire. » En juin 12962 : « J'aimerais partir en Amérique du Sud où il manque tant de bras pour sauver les âmes. »

 

Missionnaire, il le sera par son rayonnement : « Il se souciait beaucoup des gens de condition modeste. Il demandait des nouvelles de leur famille et s'intérressait aux faits et gestes de chacun. Alité, il continue à recevoir des visites : « Il accueillait toujours les gens avec un beau sourire sur les lèvres et cachait ses souffrances. Il nous faisait oublier l'inévitable. »

 

Ni drame ni tragédie


Sa sœur Maria Encarna avait 14 ans à la mort de Faustino : « Ce qui me frappe le plus, c'est la paix et la tranquilité sans lesquelles se sont écoulées ces années qui auraient pu être tragiques. La vie familiale s'est déroulée tout à fait normalement. Il n'y a jamais eu , ni nervosité, ni tragédie. Faustino rendait tout facile, commode et simple . Dans les jours qui ont suivi sa mort, il n'y a pas eu de drame. Mes parents nopus témoignèrent même plus d'affections, comme si il quelque chose de merveilleux leur était arrivé. »

 

Eugénia avait 12 ans : « Il était toujours affectueux et aimable, il s'intéressait à mes petits problèmes. Il me semble le revoir, prodiguant à mes parents et spécialament à ma mère amous, consolation et réconfort. Il n'a jamais perdu son sourire. »

 

Le petit Joaquin à 6 ans, ne réalise pas ce qui arrive. Quand il se précipite, dès son retour de l'école, au chevet de son frère, il saute sans précaution sur le lit où Faustino souffre horriblement du dos. En restant toujours calme et souriant, Faustino lui fait remarquier gentiment pour ne pas se plaindre : « Fais attention, Joaquin, ne te lance pas trop fort, les lit est en verre, il peut se casser. »

 

Souffrir pour les besoins du monde

 

Faustino commence son journal le 14 septembre 1960 par ces mots : « Je me suis réveillé avec cette fameuse douleur. » Les lombaires sont déjà atteintes par le mal. Le docteur Vilar va s'occuper de lui à partir de novembre 1960 : « Faustino était un enfant réservé, sérieux, sincère et courageux. Je ne l'ai jamais entendu se plaindre. J'ai été pris d'affection pour lui. » Les douleurs sont intermittentes mais intenses, le traitement l'épuise. Quand on le plaint, il répond : « C'est une question d'habitude. »

 

Son aspect physique est atteint : à l'amaigrissement provoqué par la maladie succèden un gouflement dû au traitement. Il perd ses cheveux. Quand une amélioration lui permet de retourner au Collège Notre Dame del Pilar, sa mère s'inquiète : « Cela ne te gêne pas qu'ont te voie ainsi ? » - « Pourquoi cela me gênerai-t-il ? Il n'y a rien de mauvais. Si l'on perd ses cheveux. Qu'est ce qu'on peut y faire ? Ils repousseront comme ils sont tombés. » Le regard des autres compte souvent à cet âge, mais lui « n'attachait pas d'importance à l'opinion d'autrui. »

 

Le 4 février 1962, le Père José-Maria Salaverri lui annonce sa mort prochaine : « Je suis bien préparé n'est-ce pas ? » C'est la pensée de ses parents qui le font pleurer : « Quel grand chagrin ils vont éprouver ! » Jour après jour, il offre ses souffrances : « Je les accueille si volontiers que j'y trouve mon bonheur. » Son père spirituel lui demande s'il essaie d'être un saint : « Vous me voyez, là dans mon lit. Je pense que c'est un bon moyen, non ? » Il médite la Passion : « Jésus ne pense qu'à nous. Comme ne pas lui rendre un peu de cet amour si grand ? » Comme il l'a fait pour toute choses, il souff're dans les mains de Marie : « Donne-moi la force d'offrir ces petites souffrances pour les besoins du monde. »

 

La mort d'un véritable saint


Sans priver ses trois enfants de son amour, Encarna veille sur son fils : « Maman, est pour moi ;comme ma vie ; je ne sais pas ce que je ferais sans elle. » Avec Marie, elle est la femme forte au pied de la Croix : « Maman, je vais mourir. » - « Du courage Faustino. » - « Oui, maman, mais c'est si dur. » Ellui lui tend sa médaille de la Vierge : « Embrasse-là Faustino. »

 

En janvier 1963, il écrivait : « Je veux être toujours intimement uni à Marie. Elle m'aidera à bien mourir et j'aurai la mort d'un véritable saint. Vienne la mort quand et où Dieu le voudra, dans le temps, le lieu et la forme qui me seront les plus profitables. »

 

Le 3 mars 1963 au soir, sa mère est encore là : « Va te coucher, maman, tu as besoin de te reposer. Il lui demande de l'aider à se redresser. Alors qu'elle le prends dans ses bras, il retombe sans un cri, fauché par une embolie, abandonné comme le Christ descendu de la Croix. Il n'avait pas 17 ans et il croyait en cette parole du Bienheureux Guillaume-Joseph Cahminade, fondateur Bordelais des Marianistes : « La mort du Marianiste est une mort dans les bras de Marie. Elle est la Porte du Ciel. »

 

Texte paru dans le journal « Feu et Lumière » N° 238 d'avril 2005

 

Les ossements de Faustino reposent dans la Chapelle du Collège Notre Dame del Pilar à Valence en Espagne. Sa cause de béatification à été ouverte .

 

Prière pour demander des grâces par l'intercession de Faustino

 

Seigneur Jésus, Tu nous donnes en Faustino un exemple d'accueil généreux de Ton Amour. Si c'est Ta Volonté qu'il soit glorifié dans Ton Eglise, daigne le manifester en nous accordant les grâces que nous sollicitons par son intercession. : (….) . Nous Te le demandons par Marie Ta Mère, que Faustino à tant aimé sur la terre. Amen.

 

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire au Père

 

Images, biographies, relations de grâces obtenue

 

Père Marianistes 

Résidence Chaminade

44, rue de la Santé 75014 Paris

 

Bibliographie :

«Et si Dieu me parlait ! », José-Maria Salaverri, Editions Le Sarment-Fayard

 

 

Nombreuses photos et témoignages sur le site internet

http://www.marianistes.com/faustino

 



01/10/2007
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