Spiritualité Chrétienne

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Bienheureuse Sara Salkahazi

Bienheureuse Sara Salkahazi

1899-1944

Fête le 27 décembre

 

Sara Schalkhaz naît en 1899 à Kassa en Hongrie. (actuellement Kosice en Slovaquie). Ses parents dirigent un vaste hôtel. Dans cette famille de trois enfants, l'un de ses frères décrit sa chère sœur comme "un garçon manqué", aimant les jeux de garçon. Elle est, –disent les témoins–, douée d'une volonté forte et tenace, enjouée et même drôle, mais très loyale et d'une grande sensibilité sociale.

 

Sa piété grandit avec l'âge ; on la surprend souvent le soir agenouillée, la tête dans ses mains. Elle commence déjà à écrire des pièces de théâtre car elle est très douée intellectuellement, si bien que sa mère la pousse à étudier ; après quoi elle devient enseignante, mais dans le primaire, le degré le plus haut auquel pouvait prétendre une fille à l'époque (!)

 

Justement, par le biais de ses élèves, elle prend conscience de la pauvreté de certaines familles, spécialement de femmes souvent écrasées par le travail, ou d'ouvrières vivant seules et exposées. Elle veut connaître concrètement cette situation et, quittant l'enseignement, elle fait un apprentissage de relieuse. Elle continue aussi à écrire ; elle fait du journalisme et donne des conférences sur les femmes pauvres et la promotion de la condition féminine. Ainsi est-elle amenée à faire connaissance des "Sœurs de l'Assistance" (ou "du Service social"). Elles ont été récemment fondées en 1923 par la dynamique Margrit Slachta dans l'esprit de l'encyclique sociale de Léon XIII, 'Rerum novarum' (1891).

 

Sara hésite longtemps à y entrer car, quoique déjà très charitable et sociale, elle aime sa liberté ; de plus, elle est fiancée. Elle écrira plus tard : « Ce que j'aimais, je l'ai laissé : mon indépendance, mes cigarettes, les petits cafés, le vagabondage dans le grand monde, les mains dans les poches, la musique tsigane... Et maintenant, Seigneur, tu vois que je suis heureuse. Non pas parce que je veux l'être, mais parce que tu m'as donné ce grand cadeau : chercher et accomplir ta volonté me rend pleinement heureuse !».

 

Après avoir pris sa décision, elle rend sa bague de fiançailles et, en 1929, à trente ans, elle rejoint les Sœurs à Budapest. Vœux simples à la Pentecôte de 1930, et premières tâches à Kosice. Mais par la suite, sous la surcharge d'activités diverses qu'on lui impose, elle vacille. Du coup, les supérieures la jugent 'indigne' de renouveler ses vœux et lui interdisent même de porter l'habit pour un an, la tenant éloignée de la maison-mère de Budapest. Elle continue quand même à se considérer dans le cœur, et à agir, comme une religieuse. Elle écrit dans son journal intime : « Aimer, même lorsque c'est difficile, même lorsque mon cœur a des plaintes, quand je me sens rejetée ! Oui, c'est ce que Dieu veut ! J'essayerai ; Je veux commencer - même si je dois échouer - jusqu'à ce que je sois capable d'aimer. Le Seigneur Dieu me donne la grâce, et je dois travailler avec cette grâce. »

 

Heureuse patience ! Il lui faudra tout de même attendre dix ans avant de pouvoir faire ses vœux perpétuels, à la Pentecôte de 1940. Elle prend pour devise : « Alleluia ! Ecce ego. Mitte me » - « Me voici. Envoie-moi ! » (Isaïe). Elle s'occupe de soupes populaires, de maisons d'hébergement pour ouvrières isolées, d'une maison de personnes âgées ; elle visite des familles, organise des cours pour ouvriers, donne des conférences et crée une revue catholique pour les femmes. En 1941 les évêques hongrois la nomment directrice nationale du mouvement catholique hongrois des 'Femmes actives' (ou ouvrières), lequel a eu environ 10.000 membres à travers le pays. Sœur Sara édite aussi le magazine du Mouvement.

 

Son nom de Schalkhaz est changé, à l'état civil, en Salkahazi à partir du 10 mars 1943 (forme plus typiquement hongroise). Le gouvernement hongrois, belliqueux, s'est rangé du côté des Allemands. Mais, dès le début, Sœur Sara a critiqué leur idéologie nazie par ses écrits et, quand ils s'installent plus fortement au pays et déportent massivement les Juifs vers les camps d'extermination, elle en recueille dans sa maison de la rue Bokréta à Budapest, dont elle est, à ce moment-là, supérieure. Elle en a sauvé en tout une centaine. D'ailleurs, toute sa Congrégation agit de même, mais c'est hautement dangereux. Alors, avec la permission de sa supérieure hiérarchique, en sa présence et celle d'une autre religieuse, Sœur Sara prononce l'acte d'offrande de sa vie.

 

Elle y demande notamment que les sœurs de sa congrégation soient épargnées en échange de sa propre vie. Son vœu ne tardera pas à être exaucé. Cela se réalisera un mois seulement avant la libération de la ville, alors que les russes encerclent déjà la cité. Le matin du 27 décembre 1944, elle donne au sœurs de sa maison une conférence … sur le martyre ; et le même jour elle est dénoncée (par une ouvrière recueillie dans la maison!), puis arrêtée. Des miliciens pro-nazis (des 'Croix-Fléchées'), l'emmènent jusqu'au Danube avec sa consœur et amie d'enfance, la catéchiste Vilma Bernovits, et quatre suspects (des juifs).

 

Tous sont alignés au bord du fleuve, contraints à se dévêtir complètement, puis par une même fusillade, sont projetés dans les eaux glacées du fleuve, au pied du pont de la Liberté. Juste avant l'exécution, elle s'est tournée vers ses bourreaux, faisant un signe de croix et levant les yeux au ciel.

Comme le souhaitait sœur Sara, la communauté n'a pas connu d'autres victimes, ni de la part des nazis, ni du régime communiste qui a suivi. Sœur SALKAHAZI est reconnue en Israël par Yad Vashem comme "Juste des Nations", elle a son mémorial à Jérusalem depuis 1969. Quant à sœur BERNOVITS, elle est vénérée aussi parmi les 'Justes' depuis 2003. Conformément aux normes prévues par le Pape Benoit XVI Elle a été béatifiée le 17 septembre 2006, en Hongrie, à Budapest, au cours d'une cérémonie présidée par le Cardinal Peter Edro, Archevêque d'Esztergom-Budapest et Primat de Hongrie.

 

                      Texte extrait du site www.abbaye-saint-benoit.ch

 



11/10/2007
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